| K I O S Q U E net Glanés sur le Web, des textes d’hier et d’aujourd’hui, toujours d’une grande actualité. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » - Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme - « Tant que le gouvernement violera les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». - Article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen - Car les puissants ne travaillent qu’à marcher sur nos vies. » - William Shakespeare - |
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CRISE SYSTÉMIQUE GLOBALE COMMUNIQUÉ PUBLIC GEAB N°65 (15 MAI 2012) via Europe2020 En
attendant que l’Euroland se dote, d’ici la fin 2012, d’un projet
politique, économique et social commun de moyen et long termes, suite
notamment à l’élection du nouveau président français François Hollande,
anticipée depuis de nombreux mois par LEAP/E2020, les opérateurs
resteront prisonniers des réflexes de court terme liés aux soubresauts
politiques grecs, aux incertitudes sur la gouvernance de l’Euroland et
aux risques sur les dettes publiques.
Parallèlement, aux Etats-Unis, la dissipation de l’illusion d’une reprise [1] cumulée au renouveau d’inquiétudes sur l’état de santé du secteur financier américain (dont JPMorgan vient d’illustrer la fragilité) et au grand retour du problème de l’endettement du pays conduisent les acteurs économiques et financiers à envisager un avenir de plus en plus inquiétant [2]. Au Royaume-Uni, le retour en récession du pays se conjugue à l’échec de maîtrise des déficits et à la montée d’une colère populaire face à une austérité qui n’en est pourtant qu’à ses débuts [3]. Au Japon, l’atonie économique et l’affaiblissement des exportations dans un contexte de récession mondiale [4] font ressortir le spectre de l’endettement excessif du pays. Dans ce contexte, selon LEAP/E2020, le second semestre 2012 va être le moment privilégié de la convergence de quatre facteurs explosifs pour les économies occidentales : banques, bourses, retraites et dettes. * * * LA CONFUSION ENTOURE LES LIENS ÉCONOMIQUES FRANCO-ALLEMANDS AVEC LE PRÉSIDENT-ÉLU par John Nyaradi, Wall Street Cheat Sheet via Questions critiques Une
litanie de jacasseries a entouré l'évincement du Président français
Nicolas Sarkozy lors des élections de dimanche dernier, où il a été
remplacé par François Hollande. La question la plus importante qui
entoure ce changement est de savoir si la France, sous Hollande, va
continuer à coopérer avec l'Allemagne comme elle l'a fait sous Sarkozy.
Pour le formuler simplement, la France ne coopérera pas. Hollande ne coopérera pas. L'approche austère de l'Allemagne pour résoudre la crise de la dette en Europe va à l'encontre des principales idéologies politiques en France et parmi les autres nations européennes. L'austérité, bien qu'elle soit efficace pour réduire les coûts gouvernementaux, est largement vue comme une impédance à la prospérité. Qui plus est, ce plan vient d'Allemagne (et cela a son importance). * * * EMMANUEL TODD « GENÈVE EST UNE VRAIE CHANCE POUR LA FRANCE » entretien via La Tribune de Genève Dans
« Après la démocratie », vous avez analysé l’élection de Nicolas
Sarkozy comme un symptôme des maux de la société française. Que dire de
celle de François Hollande, investi hier? Cette élection est très
importante. On a dit que c’était un référendum pro ou anti Sarkozy.
C’était de fait un référendum sur l’identité nationale avec cette
question: Qu’est-ce que la France ? La France est-elle encore celle de
l’idéal de 1789 ou se définit-elle aujourd’hui, dans un espace
mondialisé, sur des critères ethniques ? A mes yeux, Nicolas Sarkozy
qui a fait une campagne à l’extrême droite, dans ce que j’appelle une
pédagogie du mal. Il a été le candidat d’une pathologie, d’une
déviation de ce qu’est la tradition nationale porteuse d’universalité
et d’égalité. François Hollande a fait sourire en se déclarant un
président normal. Il était en fait celui de la normalité nationale. Et
il a d’ailleurs fait campagne sur ces thèmes. Il y a une illusion dans
la démocratie. Les gens pensent qu’ils ont choisi un homme, mais en
réalité les Français ont dit ce qu’ils étaient. Un peuple qui vote, dit
comment il se juge lui-même. Le résultat a été tangent. Mais les
grandes décisions historiques ne se prennent pas à une large majorité.
* * * POURQUOI JP MORGAN PERD PLUS DE 2 MILLIARDS DE DOLLARS par Christian Chavagneux via Alternatives économiques On
commence à mieux cerner la façon dont la banque américaine JP Morgan
Chase a perdu au moins 2 milliards de dollars de dollars en quelques
semaines. On y retrouve les ingrédients de nombreux déboires bancaires
de ces dernières années.
JP Morgan, la grande banque américaine qui ressortait de la crise des subprimes plus forte qu’elle n’y était entrée. Jamie Dimon, son patron, qui peaufinait sa réputation de stratège avisé et de prudence, au contraire des prises de risque insensées de ses confrères. Tout cela est tombé à l’eau le 10 mai dernier lorsque Dimon a du avouer que sa banque avait perdu 2 milliards de dollars en quelques semaines entre avril et début mai. Et la facture sera sûrement plus lourde car la banque déboucle ses positions spéculatives dans des marchés orientés à la baisse qui vont lui faire perdre un peu plus. * * * OLIVIER DELAMARCHE 15 mai 2012 * * * L’AUSTÉRITÉ N’EST PAS LA SOLUTION À LA CRISE EUROPÉENNE par Joseph E. Stiglitz, Project Syndicate via Les Echos Les
responsables financiers, des ministres des Finances aux dirigeants des
établissements financiers privés, répètent le mantra à la mode : "Les
pays en crise doivent mettre de l'ordre chez eux, réduire leur déficit,
diminuer leur dette publique, entreprendre des réformes structurelles,
stimuler la croissance et restaurer ainsi la confiance".
Il est cocasse d'entendre pontifier ainsi ceux qui ont conduit le système financier mondial au bord du gouffre, qu'il s'agisse de gouverneurs des banques centrales, de ministres des Finances ou de responsables des banques privées. Pire encore, ils n'expliquent pas comment résoudre la quadrature du cercle. Comment restaurer la confiance alors la crise se transforme en récession dans nombre de pays ? Comment restaurer la croissance alors que l'austérité va très probablement se traduire par une baisse supplémentaire de la demande agrégée, ce qui entraînera une diminution de la production et une hausse du chômage ? * * * LE TRAVAIL CACHÉ EST UN SECRET BIEN GARDÉ par Jean-Pierre Anselme via Blogs Mediapart Le
travail salarié est en train de changer. Pas seulement parce qu'il est
de plus en plus précaire et de moins en moins rémunéré, mais aussi
parce qu'il devient le produit d’une coopération de plus en plus
collective... au seul profit du capital. Sauf à s'intéresser au dessous
des cartes... Entretien.
Patrick Rozenblatt est sociologue du travail, directeur de l’Institut d’études du travail de Lyon et fondateur de la Chaire Egalité, Inégalités et Discriminations (université de Lyon 2), militant des mouvements sociaux depuis quarante ans, il a été notamment, dans les années quatre vingt-dix, un des fondateurs du mouvement Agir ensemble contre le chômage (AC !). - Tu attires notre attention sur le fait que nous vivons sur une représentation du travail salarié qui est largement dépassée. Peux-tu nous en dire plus ? La représentation qui domine encore est que le travail salarié et l’emploi ne font qu’un. En France, le travail est reconnu et respecté parce qu’il ouvre sur un emploi avec la signature d’un contrat spécifique qui reconnaît l’asymétrie des parties en présence : le salarié étant subordonné à un patron qui détient le pouvoir conféré par le capital. Un rapport qui a été institutionnalisé et étendu par la loi de mensualisation de 1974. C’est à partir de ce moment, d’ailleurs, que le capital et ses représentants vont organiser la résistance et vont enclencher en France ce que l’on appelle communément aujourd’hui l’externalisation du travail . Elle s'est concrétisée par l’invention de toutes les formes de contrats sur mesure, de l’intérim au CDD en passant par le temps partiel, le travail en régie, en sous-traitance, jusqu’au statut de l’auto entrepreneur... * * * LA SOBRIÉTÉ HEUREUSE : UN « OXYMORE » ? par Jean Gadrey via Alternatives économiques Oxymore
= mot savant pour dire une chose simple : associer deux termes aux
significations opposées. Exemple : cette « obscure clarté » (Corneille,
Le Cid). J’ai participé aujourd’hui, à partir de 13 heures, à une
émission de radio en direct et l’une des questions portait sur l’usage
de tels effets de style par les objecteurs de croissance lorsqu’ils
évoquent la sobriété heureuse, l’abondance frugale, la décroissance
sereine, etc. Je comprends que cela surprenne un peu, c’est même
l’objectif, et je comprends aussi que d’autres se moquent de ces
formules qu’ils assimilent à des tentatives visant à rendre désirable
ce qui, selon eux, n’est que sacrifice douloureux.
* * * DE L’INTOXICATION DES ESPRITS EN 6 EXEMPLES par Michael Canovas via son Blog L’intoxication
des esprits est une réalité sociologique. Elle nous touche tout-e-s
dans notre habitus, nos paradigmes, nos référentiels et nos jugements.
Les idées reçues s’imposent puis se démodent dans une valse des mœurs
au fil de l’histoire. Par exemple, j’avais déjà évoqué dans un
précédent article que l’Écologisme s’était imposé comme idéologie
dominante depuis la fin des années 1990, au détriment du tiers-mondisme
parmi les élites occidentales, les artistes et les discussions du
réveillon. Les idées dominantes ne sont pas forcément politiques. Elles
concernent le social… ou le “sociétal”. Elles sont d’autant plus
dangereuses lorsqu’elles deviennent politiques et classent des parts
désignées de la population sur des critères ethniques, religieux,
physiques, sociaux ou genrés. Les idées reçues facilitent la positon
politique. Elles évitent la réflexion et l’objectivation. Additionnées,
les idées reçues structurent des idéologies. Par exemple, si l’on
postule que les pauvres sont responsables de leur situation et qu’ils
auraient forcément pu s’en sortir, pourquoi légiférer pour améliorer
leurs conditions de vies ? Les idées dominantes sont les plus simples à
diffuser et reposent sur les pires côtés de la nature humaine : la peur
de l’autre, de l’étranger, de celui qui est différent, etc…
* * * DES PALESTINIENS FACE À LA BARBARIE D’ÉTAT par Yasmin Alibhai-Brown, The Independent via Courrier international Thaer
Halaleh, 34 ans, a écrit une lettre à sa femme Shireen depuis une
prison israélienne en février : "Ma détention a été renouvelée sept
fois et je n'ai toujours pas été mis en accusation. Je n'en peux plus."
Puis il a commencé une grève de la faim, comme Bilal Diab. C'était il y
a 77 jours. Tous deux sont Palestiniens et pères de famille. Leurs
filles sont fouillées au corps et terrifiées quand elles viennent leur
rendre visite. David Rose, un journaliste d'investigation exceptionnel
qui est lui-même juif, a récemment rendu leur histoire publique. Huit
autres détenus ont adopté ce mode de protestation silencieux et
dévastateur pour eux. Les yeux de Halaleh saignaient, du sang au lieu
de larmes. Comme Diab et les autres, il sera peut-être mort au moment
où vous lirez ces lignes. Le 11 mai, les juges de la Cour suprême de
cette démocratie à l'orgueil démesuré ont rejeté une requête introduite
par des associations de défense des droits de l'Homme demandant leur
transfert dans des hôpitaux civils. Peut-être ne voulaient-ils pas que
leurs propres citoyens soient témoins de ce genre de chose. Quel effet
cela aurait-il sur l'image de ce courageux petit pays entouré de
menaces réelles et imaginaires ?
* * * FIER D’ÊTRE MINORITAIRE… ET PLEIN D’ESPOIR POUR LA SUITE ! par Alain Godard via Alternatives économiques Voilà
donc passée cette échéance qui nous a tant occupé l’esprit depuis des
mois, et nous avons un nouveau Président de la République dont nous
attendons qu’il allie efficacité, justice et respect de tous, y compris
ceux qui ne pensant pas comme lui, ont voté pour le président sortant.
Bien que mon candidat ait gagné, je suis clairement minoritaire par rapport aux votants retraités de mon âge et de mon niveau de revenus (66 ans et des revenus dans les 0,05% les plus privilégiés) : - Ce sont en effet les actifs (à 56%) et les moins de 60 ans (à 54%)qui ont élu François Hollande. - Et si Nicolas Sarkozy avait été réélu, il l’aurait été d’abord par les classes privilégiées et aisées (à 63%) et la classe moyenne supérieure (à 57%), deux classes sociales qui ne représentent que 7% à 8% des Français. * * * À PRÉSENT, NOUS SOMMES TOUS DES GRECS par Rob Urie, CounterPunch via Questions critiques L'une
des joies d'être américain est que chaque nouveau jour on repart de
zéro - pas d'histoire, pas de souvenirs, pas d'expériences, un blanc
total. Ceci pourrait expliquer pourquoi nos conversations nationales
servent leurs objectifs prévus tout en étant complètement creuses.
Flash d'information pour les économistes libéraux autoproclamés :
l'austérité marche ! Si votre objectif est de piller les nations tout
en plongeant leurs populations dans la servitude de la dette, y'a pas
mieux que l'austérité ! Pendant des dizaines d'année, le FMI (Fonds
Monétaire International) a mis en place des programmes d' « ajustement
structurel », c'est-à-dire d'austérité. Cela a généralement « marché »
pour sa clientèle bancaire en ce sens que l'extraction de richesse
depuis les nations victimes vers les banques internationales s'est bien
produite. Et vu que les nations victimes ont tendu à avoir à la fois
des dirigeants coupables et le statut de nation « en développement »,
les résultats économiques faisaient rarement la une de l'actualité à
New York ou à Washington. Il est inutile de dire que les résultats
étaient meilleurs pour les banquiers que pour leurs victimes
structurellement ajustées.
* * * LA NOUVELLE TYRANNIE : L’OCCIDENT A T’IL UN AVENIR ? par Paul Craig Roberts via Mondialisation.ca Vivre
aux Etats-Unis devient très difficile pour quelqu’un qui a une
conscience morale, un sens de la justice, ou juste un brin
d’intelligence. Considérez ceci :
Nous avons une seconde histoire de faux complot d’attentat à la bombe par slip piégé, encore plus incroyable que la première escroquerie. Le second terroriste au slip explosif était un agent de la CIA ou informateur qui a été soi-disant recruté par Al Qaïda, une organisation que les autorités américaines ont annoncé il y a peu, qu’elle avait été battue, qu’elle était en pleine déconfiture et plus vraiment importante. Cette organisation vaincue et insignifiante, qui n’a pas de laboratoires scientifiques et technologiques, a inventé une “bombe invisible” qui ne peut pas être détectée par les scanners pornographiques des aéroports. Une source “vétéran des forces de police” a dit au New York Times que “ce qui est le plus terrifiant” est que “s’ils en ont construit une, ils peuvent en construire d’autres”. * * * SOMBRES PRÉSAGES par SuperNo via son blog Nous
sommes dans une période étrange. La présidentielle est à peine finie,
le nouveau président pas encore en place, le gouvernement toujours
inconnu, et la campagne des législatives qui commence déjà.
Certains sont encore dans la liesse frelatée de la Bastille dimanche dernier. Mais je trouve que l’atmosphère qui se dégage est extrêmement désagréable et chaque jour apporte des nouvelles qui sont autant de mauvais présages. * * * POURQUOI L’EUROPE A BESOIN DE LA GRÈCE par Costas Lapavitsas, The Guardian via Okeanews Le
grand gagnant des élections grecques est Syriza, une coalition de
mouvements de gauche active depuis plusieurs années. Le parti fasciste
Aube Dorée a aussi gagné en puissance, mais cette percée, toute
frappante qu’elle soit, n’est pas l’essentiel dans cette élection, pas
plus qu’elle ne constitue déjà de menace pour la société grecque. C’est
Syriza qui a l’initiative politique. S’il arrive à éviter les faux pas,
ce parti pourrait aider à résoudre la crise de la dette et renforcer le
mouvement anti-austérité dans toute l’Europe.
* * * L’AUTO-DÉFENSE DES TRAVAILLEURS CONTRE LA TYRANNIE DES MARCHÉS interview de Michael Perelman par Carlo Fanellivia Le Grand Soir « L’économie est une idéologie déguisée en une science. » Michael Perelman -
Carlo Fanelli (CF) : Dans vos premiers travaux, vous étudiez de prés
les économistes politiques classiques (Ricardo, Smith, J.B. Say, J.S.
Mill, Marx, etc.), et dans vos travaux suivants vous étudiez les écrits
des étoiles de l’économie tels que Alfred Marshal et John Maynard
Keynes. Pouvez-vous brièvement décrire comment ces recherches ont
influencé votre pensée sur l’économie ? Et comment cela vous a-t-il
amené à vos sujets d’études actuels ?
- Michael Perelman (MP) : Ce qui me fascine, c’est la déconnexion qui existe entre ce qui se prétend être une analyse objective et les relations de pouvoir sous-jacentes. A l’instar du bourgeois gentilhomme de Molière qui n’était pas conscient de s’exprimer en prose, les économistes ont développé une culture au sein de laquelle ils communiquent sans jamais reconnaître qu’ils ont adopté une vision déformée du système capitaliste. Ce qui plus surprenant, c’est comment les économistes ont été capables de propager leur vision globale distordue à travers toute la société en général. La vision économique globale des économistes fait abstraction d’éléments essentiels. Lorsque leur modèle économique simpliste part en vrille, leur premier réflexe est de détourner l’attention de leur incompétence au lieu de reprendre contact avec la réalité. En ce sens, je pense qu’une étude critique des économistes et de leurs théories devient un outil d’auto-défense contre la tyrannie des marchés. * * * A BRUXELLES ET À PARME, LES DIRIGEANTS PUBLICS ET PRIVÉS SE SUCRENT par Gilles Raveaud via Alternatives économiques Chez
Dexia, tout va bien : certes, des prêts menteurs ont été distribués à
des collectivités locales aujourd’hui sur-endettées qui doivent
pressurer leurs habitants, y compris les plus pauvres. Mais un vote des
actionnaires vient d’exonérer les dirigeants, qui pourront partir avec
leurs bonus et échapper à toute poursuite judiciaire. Du côté de
l’Agence européenne de sécurité des aliments, c’est également la fête :
sa directrice vient de passer au privé, pour travailler pour le lobby
agro-alimentaire, celui qui nous vend des produits trop gras, trop
sucrés, trop salés, et qui adore les organismes génétiquement modifiés.
* * * LA DÉMOCRATIE À L’ÉPREUVE : RUPTURE OU CONTINUITÉ ? par Olivier Berruyer via Les-Crises.fr « La crise est finie, Ah crions le bien fort, Nous nageons dans l’bonheur » chantait
déjà Albert Préjean en 1934 – la suite ne lui ayant malheureusement pas
donné raison… Nous vivons actuellement une pause bienvenue dans les
étapes de la crise – ou plutôt des crises – que nous traversons depuis
cinq années, mais il est plus que probable que cela ne soit que l’œil
du cyclone, et que les évènements reprennent prochainement leur marche
funeste. Car le processus de désintégration financière n’a pas trouvé
son aboutissement, et car aucune correction sérieuse n’a été apportée
au système économique pour l’empêcher de dérailler de nouveau.
* * * IRAK : LES ENFANTS DE FALLUJAH - L’HÔPITAL DES HORREURS Robert Fisk, The Independent via Le Grand Soir Reportage
spécial : Deuxième jour : Mort-nés, invalidités, difformités trop
bouleversantes pour être décrites - ce qui se cache derrière la
souffrance à l’Hôpital Général de Fallujah.
Les images s’affichent sur l’écran du premier étage de l’Hôpital Général de Fallujah. Et aussitôt le bureau de l’administrateur Nadhem Shokr al-Hadidi devient l’antichambre des horreurs. Un bébé avec une énorme bouche difforme. Un enfant dont une partie de la colonne vertébrale jaillit hors du corps. Un bébé qui a un énorme et horrible oeil de Cyclope. Un autre bébé qui n’a qu’une demi-tête, mort-né comme les autres, le 12 juin 2009. Encore une autre image apparaît sur l’écran.: date de naissance 6 juin 2009, c’est un tout petit bébé qui n’a que la moitié d’un bras, pas de jambe gauche et pas de parties génitales. * * * « NOUS SOMMES EN TRAIN DE METTRE EN PLACE UNE MACHINE À CRÉER DE L’HYPERINFLATION » Sébastien Dubas, Le Temps entretien avec Paul Jorion Le
Temps : La fin programmée du « Merkozisme », autrement dit de
l’austérité comme seule issue à la crise de la dette, est-elle une
bonne nouvelle pour la zone euro ?
Paul Jorion : Depuis qu’on a commencé à parler des problèmes de la Grèce, en décembre 2009, les décisions politiques ont toujours été prises avec au moins six mois de retard. Si bien que le budget qui aurait pu permettre à la Grèce de sortir de la crise est passé de 13 milliards, une somme évoquée en janvier 2010, à 105 milliards d’euros lorsque des mesures ont enfin été prises en mars de cette année. C’est presque dix fois plus que prévu. Ces atermoiements ont à chaque fois été motivés par des calendriers électoraux. Il a fallu attendre les élections dans les Länder en Allemagne, les législatives en Espagne, les présidentielles en France ou les prochaines réunions du G8 et du G20. Et ce sera probablement encore le cas avec les législatives françaises. La maladie de l’Europe a été de ne jamais prendre des mesures à la hauteur de la gravité de la situation. Tout ça parce que les hommes et les femmes politiques manquent d’audace et de détermination. * * * NOAM CHOMSKY : SUR LE SUICIDE ÉCONOMIQUE DE L’AMÉRIQUE entretien avec Noam Chomsky par Laura Flanders via La Revue des Ressources - LF : Nous allons commencer par un panorama. Comment décririez-vous la situation où nous nous trouvons, historiquement ?
- NC : il y a soit une crise soit un retour à la norme d’une stagnation. Un point de vue veut que la norme soit la stagnation et que parfois on en sorte. L’autre veut que la norme soit la croissance et que parfois on puisse entrer en stagnation. On peut débattre cette question, mais la période veut que l’on soit près de la stagnation mondiale. En l’état des principales économies des capitalistes, les États-Unis et l’Europe, c’est la croissance basse et la stagnation, avec une différenciation du revenu très forte dans un changement — un changement stupéfiant — de la production à la « financiérisiation ». * * * « PERMANENT MONITORING » par Panagiotis Grigoriou via Greek crisis Dans
la rue, on peut désormais sourire au temps. Les mots planent partout,
la moindre phrase devient significative, et surtout, elle sonne juste :
« On les aura... », « Ils ont peur maintenant... », «.Nous ne savions plus comment faire, mais nous trouverons le chemin….».
Comme ces femmes, travaillant à l'accueil au sein d'une entreprise
athénienne : « Il est temps de montrer nos dents à l'Europe ; il y a en
a assez, mais nous n'irons tout de même pas sortir de l'euro, l'euro ce
n'est pas mauvais en somme, non ? » La réponse, par une de ses
collègues n'a pas tardé : « Qu'ils aillent se faire... et leur euro
avec, ce n'est pas le nôtre. Je travaille à temps plein pour 700 euros
par mois déjà, et toi Dora, tu touches déjà moitié moins ». Et Dora le
confirme : « Je viens d'être embauchée à temps complet pour 350 par
mois, je le vois venir, tout le monde sera au même tarif... ». « Si
c'est celui-là notre avenir, alors nous revoterons SYRIZA ».
* * * COMBIEN PARMI CEUX QUI PRÉTENDENT SUIVRE À LA LETTRE LA PAROLE DES ÉVANGILES ONT SEULEMENT LU LA BIBLE ? par Valerie Tarico via Des bassines et du zèle Les
vierges captives, la polygamie, les esclaves sexuelles : voilà à quoi
ressemblerait le mariage si nous suivions ce qui est écrit dans la
bible.
Traditionnellement, les républicains font en général campagne sur les thèmes de Dieu, les armes à feu et les homosexuels. Cette fois-ci, c’est Dieu, les femmes et les homosexuels – un ensemble de priorités incontournables directement inspirées par les évêques conservateurs et les évangélistes qui considèrent que la Bible est la Parole de Dieu et qui se présentent sous le nom de « Bible believers ». * * * AU SECOURS, LA GAUCHE VA AVOIR « TOUS LES POUVOIRS » ! par Romain Pigenel via Variae Le
dernier résistant à l’hydre rose – Nicolas Sarkozy – étant tombé, une
terrible menace pèse sur la France : l’accaparement par les socialistes
de tous les pouvoirs. A peine la défaite du président sortant
entérinée, les ténors de l’UMP se sont succédés dans les médias pour
dénoncer ce danger : « Aujourd’hui
tous les pouvoirs peuvent être aux mains des socialistes, la présidence
de la République, une majorité des régions, des départements, des
grandes villes », constate ainsi NKM rappelant que la France est un « pays d’équilibre », tandis que Xavier Bertrand appelle pour sa part à un « vote d’équilibre » et que Jean-François Copé demande d’« empêcher que la gauche ait tous les pouvoirs ».
* * * LA GRÈCE, L’ARGUMENT LE PLUS FOIREUX DE LA CAMPAGNE par kitetoa via Reflets La
droite l’a répété ad nauseam : avec François Hollande aux commandes, la
France sera dans le même état que la Grèce d’ici peu. Prenons date avec
cet article… Il faut être, soit stupide, soit de très mauvaise foi pour
avancer un tel argument (sans oublier le peu de respect pour nos amis
Grecs lorsque l’on lance « François Hollande au volant, Grèce au
tournant »).
* * * AIR LIBRE Greek crisis «
Respirez librement, respirez enfin librement, c'est la prise de la
Bastille du bipartisme, l'effondrement du système collaborationniste du
PASOK et de la Nouvelle Démocratie. Ce n'est qu'un début, les forces du
Mémorandum, les forces de l'occupation ont été délégitimées par le vote
du peuple. Nous avons résisté à la guerre économique et psychologique,
nous n'avons plus peur du chantage, car le peuple grec sait désormais
que les sommes prétendument prêtées à la Grèce dans le cadre des
accords illégaux passés avec la Troïka, iront dans les poches de ces
rapaces des marchés et aux banques. Nous pouvons désormais les menacer,
et c'est aussi un message adressé à la chancellerie de Berlin. Le
cobaye a bougé, il a crié, il a dit « Non ». Si finalement ils décident
notre dynamitage, nous dynamiterons aussitôt toute la zone euro. Nos
agents au Ministère de l'économie, vomissent chaque jour davantage la
présence des contrôleurs Allemands au sein de leurs services. Les
Allemands sont encore là, mais ils partiront par un vol direct
Lufthansa, au départ de l'aéroport d'Athènes. Par la même occasion,
tous les médias contrôlés par les armateurs ou par les promoteurs BTP,
viennent de recevoir aussi une raclée historique, les peuple a préféré
les ignorer. Il ont été délégitimés, ainsi que toute la politique du
Mémorandum avec, bon débarras, la lutte continue. »
* * * ÉLECTIONS EN EUROPE : SI LA GAUCHE NE PREND PAS LA TÊTE DE LA RÉVOLTE, D’AUTRES LE FERONT par Seumas Milne, The Guardian Via Questions critiques La
révolte contre l'austérité est en train de balayer l'Europe. L'élection
de François Hollande a non seulement ouvert la possibilité d'un
changement de direction en France, mais également dans les citadelles
de l'orthodoxie budgétaire à Bruxelles, Francfort et Berlin. En Grèce,
le tremblement de terre électoral de dimanche a réduit en miettes tout
l'establishment politique qui a dominé le pays pendant 40 ans. Des
Pays-Bas à la Roumanie, les gouvernements croulent sous le poids des
coupes budgétaires et des hausses d'impôts exigées par le nouveau
traité de déflation permanente de la zone euro. En Irlande, la marée
anti-austérité monte et fait grossir les rangs du « non » au référendum
sur le traité qui s'y tiendra ce mois-ci.
* * * BATTRE LES SALAUDS PENDANT QU’ILS SONT CHAUDS par Billy Boxon via Le Grand Soir Français,
aimez-vous que l’on vous crache à la figure ? Moi pas, et que vous
soyez de droite ou de gauche, vous non plus je suppose. Et pourtant.
En mai 2005, à la question « approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ? », 54,68 % d’entre vous ont répondu « non ». Trois ans plus tard, le 8 février 2008, les députés et sénateurs français se sont réunis en congrès pour adopter et ratifier le Traité de Lisbonne, à savoir une version légèrement édulcorée du texte que le peuple souverain avait rejeté. Pour un crachat, ce fut un beau crachat. * * * APRÈS SON REFUS DE PAYER SA DETTE, L’ISLANDE FERA LE TRIPLE DE LA CROISSANCE DE L’UE EN 2012 par la garnie via Blogs Mediapart Je
ne cesserai jamais de répéter que l’Islande est LE pays à prendre en
exemple,même s’il est complètement ignoré des médias, s’il est loin ou
quelle qu’en soit la raison pour ne pas en parler, c’est le pays à
suivre! Payer pour les banques? Même pas en rêve, là bas ils ont été
emprisonnés! Sauver les banques? Elles ont été nationalisées. Quand à
la croissance actuelle, elle se porte au mieux.
* * * HOLLANDE À L’ÉPREUVE DE LA CRISE GRECQUE Gideon Rachman, Financial Times via Presseurop Dimanche
soir, dans la France rurale, le nouveau président de la république
française est monté à la tribune pour déclarer qu’il mènerait la
bataille contre l’austérité en Europe. A l’autre bout du continent, les
électeurs grecs le prenaient déjà au mot. En votant majoritairement
pour des partis qui veulent soit rejeter l’accord sur la dette de leur
pays, soit le renégocier, ils confrontent François Hollande à un
dilemme douloureux. Se tiendra-t-il aux côtés du peuple grec contre
l’austérité ? Ou soutiendra-t-il le gouvernement allemand et le Fonds
monétaire international, en insistant sur le fait que le renflouement
de la Grèce ne peut pas être renégocié ?
L’actualité étant par définition éphémère, arrivée ici, celle-ci s’évapore… |
- 271 Textes & Articles de 175 auteurs - Dernier texte.: «.A 75 % les riches partiront ?.» par Frédéric Lordon
• Des images et des mots
• Vidéos • Les clairvoyants • Les grotesques • Les infâmes • Les canailles • Les plaisants • Les facétieux DES IMAGES ET DES MOTS DANS LA RUBRIQUE « LES CONS ÇA OSE TOUT… » « C’est la gauche que l’on connaît, celle qui tue sans pitié dans des goulags. » Arno Klarsfeld
* * * L’ISLANDE, LABORATOIRE SUBVERSIF POUR L’EUROPE EN CRISE Le Yeti, Blog Rue 89 Dessin de Simon Giraudot, Le Geektionnerd Qui
sait ce qui se passe vraiment en Islande ? Sinon que la population y a
vaguement envoyé bouler ses créanciers par référendum. Et qu’un de ses
volcans est venu faire tousser nos aéroplanes. A part ça, rien ou pas
grand-chose. Chape de plomb des médias microcosmiques sur ce genre de
cousin honteux dont les familles rangées préfèrent en général taire
l’existence.
* * *D’infos parcellaires en révélations inédites, on peut pourtant commencer à se faire une idée de ce qui se passe dans ce petit pays nordique célèbre pour ses sources chaudes et son audace sociale : trouvez donc un autre pays où la Première ministre est officiellement mariée à une autre femme. - Un petit qui n’a pas eu peur des grands -
Revenons à ce qui nous intéresse : la fameuse crise financière de 2008 qui faillit couler l’île et de la façon dont celle-ci échappa brillamment au naufrage en plusieurs étapes qui méritent de rester dans les annales des hauts faits démocratiques : - gouvernement contraint à le démission par pression populaire ; - nationalisation des banques du pays ; - gel de la dette après référendum renvoyant les créanciers assoiffés à leurs chères cassettes ; - assemblée constituante de 25 citoyens lambda élus par leurs pairs pour réécrire une nouvelle constitution ; - l’ex-Premier ministre jugé pour sa gestion de crise et mise en détention de plusieurs banquiers jugés responsables de la banqueroute (du moins ceux qui n’ont pas réussi à s’enfuir du pays) ; - et au bout du compte, une situation économique et financière rétablie en cinq ans ! - Une contamination démocratique -
Hé hé, oui, je sais que beaucoup, en apprenant ce genre de nouvelles, se sentiront des velléités d’Islandais. Je sais aussi que ceux qui s’efforçaient d’enterrer ces informations, vont sortir leur ultime argument-massue : « On ne gouverne pas un petit pays riquiqui de 320 000 habitants comme on gouverne une grande puissance de 65 millions de citoyens. » Tiens donc ! Moi qui m’imaginais que la puissance était justement un moyen de mieux faire entendre son autorité. Mais il se pourrait bien que le modèle islandais contamine certains pays de l’Union européenne en difficultés et qu’on ait des expériences à d’autres dimensions. La Grèce, par exemple, 11 millions d’habitants, qui pourrait bien donner un nouveau sévère coup de semonce électoral à ses notables politiques ; l’Espagne, 46 millions, où les indignés sont en train de redescendre dans la rue ; l’Italie, 59,5 millions, où gouvernée par des technocrates qu’elle n’a pas élus, une population excédée multiplie les attaques contre les symboles de l’austérité. Oui, oui, il se pourrait bien très tôt que l’expérience islandaise fasse de beaucoup plus grands petits. Et qui n’entend pas les grommellements rageurs des importants marris : « Purée, fait chier, leur démocratie ! » * * * JP MORGAN : ET ON MANQUERAIT D’EXEMPLES POUR LA JEUNESSE ! Blog de Paul Jorion Voilà
donc que Mme Ina Drew était Investisseur en chef à la banque JPMorgan
et que c’est elle qui avait la responsabilité de faire quelque chose
d’utile avec les 356 milliards de dollars qui se trouvent sur les
comptes courants des clients de la banque et qui n’ont pas été prêtés à
l’un ou à l’autre. Et voilà donc qu’elle les a investis dans des choses
aussi socialement utiles que des paris du genre Credit-default Swaps et
autres instruments synthétiques tels que des indices sur la dette des
entreprises, comme le CDX.North America.Investment Grade.9 au cœur du
scandale.
Et voilà donc qu’elle en a perdu une somme qui ne fera sans doute pas moins de 2,3 milliards de dollars mais qui n’en fera pas beaucoup plus que 3 à tout casser – si tout se passe bien. Je vous le demande : 3 sur 356, ça ne fait même pas 1% ! Et voilà pourtant que Mme Drew dont la rémunération ne dépassait même pas 1,3 million de dollars par mois, s’est pourtant vue contrainte à la démission il y a quelques heures. Allez comprendre ! Et voilà que M. Jamie Dimon, P-DG de JPMorgan se trouve lui-même sur la sellette pour être à la tête de la croisade contre la règle Volcker qui voudrait interdire que les banques commerciales jouent précisément l’argent de leurs déposants à la roulette. Et que JPMorgan est l’une de ces banques « Too Big to Fail » bien grasses dont le contribuable américain est toujours le garant de dernier ressort. L’agence Bloomberg rapporte que lors d’une réunion à la Fed, le 2 février, Mme Drew, à la tête d’une délégation de sa banque, recommanda que la règle Volcker ne s’applique pas aux départements comme le sien. Comme si ce qui vient d’arriver prouvait quelque chose ! Ah ! L’injustice de ce bas-monde ! Apprendront-ils jamais ? Non ! Continuera-t-on à les considérer cependant comme les seuls capables du déterminer l’avenir du monde de la finance ? Oui ! Résolument oui ! Continuera-t-on à leur attribuer des bonus se chiffrant en millions en tant qu’experts dans leur domaine ou à les nommer premier ministre dans les pays en difficulté ? Oui, oui, trois fois oui ! Ah ! Nous ne sommes pas à court d’hommes et de femmes à montrer en exemple à la jeunesse ! (Demain, dans la même série : les responsables du groupe de presse Murdoch et les ministres britanniques qui couchent dans leur lit). P.S. Un journaliste du Wall Street Journal a demandé au ministère de la justice américain combien de banquiers ont été condamnés en relation avec la crise des subprimes. Réponse : le ministère ne tient pas de relevés par niveau d’emploi. * * * TRAVERSER LA MÉDITERRANÉE… DANS L’AUTRE SENS L’Orient-Le-Jour Des
immigrés clandestins espagnols ont été interceptés à la mi-avril sur la
côte algérienne. Le quotidien libanais L'Orient-Le Jour imagine la
discussion des gardes-côtes algériens qui ont procédé à leur
arrestation.
Hassan et Omar, gardes-côtes algériens, en patrouille en mer sur la façade maritime Ouest. HASSAN : Dis-moi Omar, comment se porte ton frère à Saint-Denis ? OMAR : Ça va. Il est content que Sarkozy fasse ses valises. Il commençait à en avoir marre d'être l'extrémiste, le terroriste, le mangeur de halal et le prieur de rue de service. - Ouais... Je ne sais pas si Hollande va changer grand-chose. Et puis il y a la grande blonde, la fille de son père, celle qui a un nom bleu... - Marine ? Pas bon Marine effectivement. - Omar, passe-moi les jumelles. Omar passe les jumelles à Hassan. HASSAN : Encore des harragas [migrants clandestins originaires de l'Afrique du Nord, ou littéralement ceux qui "brûlent" (sous-entendu leurs papiers)]. OMAR : Combien sur la barque ? - Quatre. - C'est peu ça pour des harragas. C'est du voyage intime. - Attends, mais elle ne va pas dans le bon sens la barque... - Comment ça, elle ne va pas dans le bon sens ? - Bah oui, ils reviennent au pays au lieu d'aller vers l'Europe. Ils ont oublié d'embrasser leur mère avant de partir ou quoi ? - Passe-moi les jumelles ! Hassan lui donne les jumelles. OMAR : Mais tu as raison, ils viennent vers nous. Et qu'est-ce qu'on fait dans ce cas-là ? Moi je sais gérer les départs, pas les arrivées. HASSAN : Appelle Bachir ! Omar appelle Bachir, le chef des gardes-côtes algériens. OMAR : M. Bachir, c'est Omar, garde-côte sur la façade Ouest. Salamaleik. BACHIR : Salam Omar. - Comment ça va ? - Ça va. - La famille, ça va ? - Ça va. - Et la santé, ça va ? - La santé, ça va aussi. - Bachir, on a un petit problème ici avec des harragas. - Depuis quand les harragas sont un problème ? Tu fermes les yeux et ça passe. - Oui, mais là, ils viennent chez nous. BACHIR : Comment ça : "Ils viennent chez nous".? La définition du harraga, c'est le Maghrébin qui part. Le Maghrébin qui revient, c'est soit un fils de responsable au bord de la retraite, soit un vieux, soit un fou, mais pas un harraga. OMAR : Oui, mais là on a quatre types sur un bateau, ils ont pas l'air frais, et ils viennent vers nous. - Omar, ne te fous pas de moi. - Wallahi [par Dieu], on a quatre types dans une barque qui viennent vers nous ! Hassan hoche la tête, alors que la vedette des gardes-côtes rejoint la barque. HASSAN : Et ils n'ont pas l'air maghrébin. OMAR : Comment ça ? BACHIR : Comment ça : "Ils n'ont pas l'air maghrébin" ? HASSAN : Pas l'air maghrébin dans le sens qu'ils ont l'air européen. OMAR : Un harraga européen ?! BACHIR : J'appelle le ministre. Bachir appelle le ministre de l'Intérieur. BACHIR : Monsieur le Ministre, c'est Bachir, chef des gardes-côtes. Salamaleik M. le Ministre. LE MINISTRE : Salam Bachir. - Comment ça va ? - Ça va. - La famille, ça va ? - Ça va. - Et la santé, ça va ? - La santé, ça va aussi. - Monsieur le ministre, on a un problème. On a des harragas européens qui viennent vers nos côtes. - Bachir, harraga et européen, c'est pas compatible. - Je suis d'accord M. le Ministre, mais là on en a quatre. - Bachir, ne te fous pas de moi. - Wallahi, Monsieur le Ministre. Ah, et Hassan vient de me dire, sur l'autre ligne, qu'ils les ont fait monter sur leur vedette. Un instant... M. le Ministre, ils disent qu'ils n'ont pas de papiers, mais ils le disent en espagnol. Ils disent aussi qu'ils veulent travailler à Oran, qu'il n'y a plus de travail chez eux, sans dire où c'est chez eux, ils disent que c'est à cause de l'euro, de la Grèce, de l'austérité... - Bachir, tu es en train de me dire que des clandestins espagnols ont été arrêtés sur nos côtes par Hassan et Omar ? - Euh, oui. Et le problème, c'est que là on ne connaît pas la procédure à suivre. - La procédure ? - Bah oui, on en fait quoi des types ? On les envoie en centre de détention ? - Bachir, tu me les envoies immédiatement au bureau. On ne les touche pas. On va les renvoyer vite fait chez eux, mais avant, je veux prendre une photo. Sinon, ma femme ne va jamais me croire. Des clandestins européens... Il faut que j'appelle le président. Le ministre appelle le président. LE MINISTRE : Monsieur le Président, c'est le ministre de l'Intérieur. Salamaleik. LE PRÉSIDENT : Salam. - Comment ça va, M. le Président ? - Ça va. - La famille ça va ? - Ça va. - Et la santé, ça va ? - La santé, ça va aussi. - Monsieur le Président, on a un problème. On a des harragas européens qui sont arrivés sur nos côtes. - Monsieur le Ministre, ne vous foutez pas de moi. - Wallahi, Monsieur le Président ! Et après interrogatoire, il semble que beaucoup d'autres Européens s'apprêtent à débarquer chez nous. Rapport à l'euro, la Grèce, l'austérité... - Quand il y en a un ou quatre, ça va. Mais s'il y en a beaucoup, ça va faire des problèmes. - Monsieur le Président, si je peux me permettre, il faut réagir avant de se faire bouffer. Ils vont venir avec leur bière et comment appelle-t-on ça, le jamon iberico, et leurs femmes dénudées. Si on n'y prend pas garde, à force d'immigration, on aura le sentiment de ne plus être chez nous, de voir des pratiques qui s'imposent à nous et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. - Le drame de l'Europe, c'est que l'homme européen s'est fait cannibaliser par la finance. Le trader européen ne connaissait que l'éternel recommencement de la spéculation, rythmé par les cours de la Bourse. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès. - Bien dit Monsieur le Président. - Il va falloir rassurer nos compatriotes sur ces migrations de populations. Après tout, remettons-les dans les bateaux ! - D'accord Monsieur le Président. Mais tout de même, Monsieur le Président, où va le monde ? * * * JEAN-PIERRE JOUYET : HOLLANDE-SARKO-HOLLANDE ? Théophraste R., Le Grand Soir Cinq
ans après avoir trahi son camp en pleine campagne des présidentielles
de 2007 pour devenir ministre de Nicolas Sarkozy, Éric Besson annonce
(contraint) qu’il sort du jeu politique national.
Bon, ça purifie l’air de la pièce. Jean-Pierre Jouyet, proche de François Hollande depuis l’ENA, ancien du cabinet de Delors puis de Jospin, pourrait devenir secrétaire général de l’Elysée ou conseiller spécial du président après avoir rallié naguère le gouvernement Fillon. Vous ne sentez pas comme une odeur, de nouveau.? * * * STOP AUX BANQUIERS ! Michel Visart, Rtbf.be Après
Nick Leeson, après Jérôme Kerviel, voilà donc la nouvelle star de la
spéculation : le trader français Bruno Michel Iksil, surnommé la
"baleine londonienne". Coût de la spéculation : 2 milliards de dollars
pour la banque d’affaires JP Morgan.
A tous les employés de banque qui tentent tant bien que mal de faire leur métier, je présente dores et déjà mes excuses. Cette diatribe contre les banquiers ne vise en rien les soutiers que vous êtes dans des conditions de plus en plus dures. Combien de vos collègues n’ont pas quitté la banque, contraints et forcés, souvent écœurés par des pratiques internes qu’il faudra bien finir par étaler au grand jour ? Espérons que des courageux oseront briser l’omerta ! Vous me direz que l’on ne trouve pas de Kerviel ou d’Iksil dans les banques de chez nous. Exact car nous parlons là de la crème de la crème des traders. Ceux qui font gagner des milliards à leurs institutions jusqu’au moment où ils dérapent, où leurs patrons renient du jour au lendemain ceux qu’ils ont adorés. Nous n’avons pas de tels personnages chez nous, mais croyez-vous vraiment que les principes soient différents ? Voilà texto ce que Jamie Dimon, le big boss de JP Morgan a déclaré à propos de la spéculation d’Iksil : "La stratégie était mauvaise, complexe, mal supervisée, mal exécutée et mal gérée". Ensuite, il ajoute qu’il admet la faute, qu’il va la réparer et aller de l'avant. Tout est dans cette expression "aller de l’avant" ! Mais que font les banques depuis le krach de 2008 ? Elles vont de l’avant et que font les Etats depuis lors ? Ils puisent dans leurs bas de laine pour payer les pots cassés et protéger les sous des clients de ces mêmes banques. Et elle va s’arrêter quand cette machine infernale ? C’est facile quand on détient l’épargne des citoyens de continuer comme avant, de refaire les mêmes conneries, de distribuer les mêmes rémunérations folles et autres parachutes dorés ! C’est facile de jouer avec l’argent qui n’est pas le sien ! Combien faudra-t-il de crises, de krachs, de drames humains pour crier STOP ? * * * LA REINE D’ANGLETERRE CONFIRME L’ESPIONNAGE NUMÉRIQUE DE SES SUJETS Julien L., Numerama Dans
un discours au parlement, la reine d'Angleterre a officialisé une
mesure défendue par le gouvernement britannique qui consiste à étendre
la surveillance des communications à l'ensemble des Britanniques. Cette
surveillance alimentera une immense base de données qui doit permettre
de savoir avec exactitude qui communique avec qui, et quand.
C'est donc acté. Dans un discours prononcé mercredi, la reine d'Angleterre a officialisé la mesure présentée quelques semaines plus tôt par le ministère de l'intérieur. Au nom de la lutte contre le terrorisme, prétexte classique qui justifie toutes les atteintes à la vie privée, le gouvernement britannique va travailler sur un projet de loi qui va purement et simplement aboutir à l'espionnage numérique des citoyens. "Mon gouvernement a l'intention de proposer des mesures pour maintenir la capacité des agences de renseignement et des autorités à accéder à des données essentielles de communication sous de strictes conditions afin de protéger le public" a déclaré la reine Élisabeth II. Une protection qui va prendre la forme d'un accès en temps réel à toutes les communications électroniques du pays, pour l'ensemble des individus. Le texte de loi, qui s'imposera aux fournisseurs d'accès à Internet, doit permettre aux services secrets de concevoir une base de données qui leur permettra de savoir qui communique avec qui. Jusqu'à présent, seules les personnes faisant l'objet d'une enquête formelle pouvaient faire l'objet d'une surveillance de leurs communications, sur autorisation judiciaire. Pour justifier la mesure, un porte-parole de ministère de l'intérieur a expliqué en avril qu'il "est vital que la police et les services de sécurité soient capables d'obtenir des données de communication dans certaines circonstances, pour mener des enquêtes contre les crimes graves et le terrorisme. Les données de communication [...] n'incluent pas le contenu d'une conversation téléphonique ou d'un e-mail". Ce Patriot Act à la britannique apparaît être une réponse aux émeutes de l'été 2011. Face aux difficultés de contenir une population déchaînée, le gouvernement avait évoqué la possibilité de couper les réseaux sociaux et les communications mobiles pour désorganiser et fractionner les manifestants. Il avait aussi demandé aux services secrets de déchiffrer les communications utilisant le système BBM de RIM. Revenir au sommaire
VIDÉOS - Obscénité
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