K I O S Q U E N E T
« Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change,
mais je suis certain qu’il faut que ça change pour que ça aille mieux. »
Lichtenberg
Les Clairvoyants
Le Karnet de Rakl
Les Plaisants


« Nous sommes dirigés par des meurtriers ; le monde changera quand les gens
auront compris qu’ils ne tireront jamais rien de ces meurtriers. » Marceline Loridan Ivens


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« Nous devons admettre que le capitalisme a été très habile pour camoufler le fait que notre travail ménager, c’est du travail : en n’accordant pas de salaire pour ce travail et en transformant ce travail en un acte d’amour, le capitalisme a fait d’une pierre deux coups. Tout d’abord, il empoche une quantité incroyable de travail gratuit (reproduction de la force de travail), tout en s’assurant que les femmes, loin de lutter contre ce travail, s’imaginent que c’est la meilleure chose qui puisse leur arriver. Ensuite, il a embrigadé également le travailleur mâle en lui donnait quelqu’un à asservir, après qu’il ait dû lui-même tant servir a l’usine et au bureau.
Silvia Federici, Le foyer de l’insurrection


Emma Goldman

Le Suffrage des femmes


- L’Anarchie, juin 1913 -

Nous nous vantons, nous nous glorifions de l’état d'avancement des sciences et du progrès. N’est-ce pas étrange alors que nous soyons encore dans l’adoration des fétiches ? Nos fétiches ont une substance et une forme différentes, il est vrai ; leur pouvoir sur l’esprit humain est tout aussi désastreux que celui des dieux d'antan.

Notre fétiche moderne est le suffrage universel. Ceux qui ne le possèdent pas encore combattent et font des révolutions sanglantes pour l’obtenir. Ceux qui jouissent de son règne font de lourds sacrifices à l’autel de sa divinité omnipotente. Malheur aux hérétiques qui osent douter de cette divinité !

La femme, plus encore que l’homme, est adoratrice des fétiches, et quoique ses idoles puissent changer, elle est toujours à genoux, toujours élevant ses mains, toujours aveugle au fait que son Dieu a des pieds d’argile. Ainsi elle est le plus grand soutien de toutes les déités depuis un temps immémorial. Aussi elle a eu à payer le prix que seuls les dieux peuvent exiger : sa liberté, le sang de son cœur, sa vie même.

La maxime générale de Nietzsche : « Quand vous allez à la femme, prenez le fouet », est considérée comme très brutale. Cependant, Nietzsche exprime dans cette phrase l’attitude de la femme envers ses dieux. C’est elle qui recherche le fouet.

La religion, spécialement la religion chrétienne, a condamné la femme à la vie inférieure de l’esclave, elle a contrecarré sa nature et enchaîné son âme. Malgré cela, cette religion n’a pas de plus grand soutien, pas de plus dévoué partisan que la femme. En vérité, on peut dire avec certitude que la religion aurait depuis longtemps cessé d’être un facteur dans la vie des peuples sans l’appui qu’elle reçoit de la femme. Les plus ardents ouvriers de l’Église, les plus infatigables missionnaires dans le monde entier sont femmes, toujours sacrifiant sur l’autel des dieux qui ont enchaîné leur esprit et asservi leur corps.

Ce monstre insatiable, la guerre, dépouille la femme de tout ce qui lui est cher et précieux. Il lui prend ses frères, ses amants et ses fils, et en retour lui donne une vie de désespoir et de solitude ; pourtant, le plus grand défenseur et adorateur de la guerre est la femme. C’est elle qui inculque l’amour de la conquête et du pouvoir à ses enfants ; c’est elle qui murmure les gloires de la guerre aux oreilles de ses petits ; et qui calme son bébé au son des trompettes et au bruit des fusils. C’est elle aussi qui couronne le vainqueur au retour du champ de bataille.

Puis il y a le foyer conjugal. Quel terrible fétiche ! Combien cette prison moderne avec des barreaux dorés sape l’énergie vitale de la femme ! Ses aspects brillants l’empêchent de voir le prix qu’elle a à payer comme épouse, mère et ménagère. Pourtant, elle se cramponne avec ténacité au foyer, au pouvoir marital qui la tient en asservissement.

On peut dire que la femme désire le suffrage pour se libérer, parce qu’elle reconnaît le terrible péage qu’elle doit verser à l’Église, à l’État et au foyer. Ce peut être vrai pour quelques unités, mais la majorité des suffragistes répudie entièrement un tel blasphème. Au contraire, elles affirment toujours que c’est le suffrage des femmes qui fera d’elles de meilleures chrétiennes et femmes d’intérieur, de dévouées citoyennes de l’État. Ainsi, le suffrage est seulement un moyen de fortifier l’omnipotence des dieux mêmes que la femme a servis depuis un temps immémorial.

Il ne faut pas s’étonner alors qu'elle soit aussi dévote, aussi zélée, aussi prosternée devant la nouvelle idole : le suffrage des femmes. Comme au bon vieux temps, elle endure persécutions, emprisonnements, tortures et toutes sortes de condamnations avec le sourire aux lèvres.

Comme autrefois, même les plus éclairées espèrent en un miracle de la divinité du XXe siècle : le suffrage. Vie, bonheur, joie, liberté, indépendance, tout cela et davantage doit naître du suffrage. Dans sa dévotion aveugle, la femme ne voit pas ce que les gens éclairés aperçurent il y a cinquante ans. Elle ne se rend pas compte que le suffrage est un mal, qu’il a seulement aidé à asservir les gens, qu’il leur a fermé les yeux, afin qu’ils ne voient pas le subterfuge grâce auquel on obtient leur soumission.

Le désir de la femme pour le suffrage est basé sur le principe qu’elle doit avoir des droits égaux à ceux de l’homme dans toutes les affaires de la société. Personne ne pourrait réfuter cela si le suffrage était un droit. Hélas ! c’est à cause de l’ignorance de l’esprit humain que l’on peut voir un droit dans une imposture. Une partie de la population fait des lois, et l’autre partie est contrainte par la force à obéir. N’est-ce pas là la plus brutale tromperie
.? Cependant, la femme pousse des clameurs vers cette « possibilité dorée » qui a créé tant de misères dans le monde et dépouillé l’homme de son intégrité, de sa confiance en lui-même et en a fait une proie dans les mains de politiciens sans scrupules.

Libre, le stupide citoyen de la libre Amérique ? Libre de mourir de faim, de rôder sur les grandes routes de ce grand pays. Il possède le suffrage universel. Grâce à ce droit, il a tout juste réussi à forger des chaînes autour de ses membres. La récompense qu’il reçoit consiste en lois appelées sociales qui prohibent le droit de boycottage, de picketing [chasse aux jaunes, aux renards], tous les droits, en un mot, excepté le droit d’être volé des fruits de son labeur. Cependant tous ces résultats désastreux n’ont rien appris à la femme. Même alors, on nous assure que la femme purifiera la politique.

Il est inutile de dire que je ne m’oppose pas au suffrage des femmes pour la raison qu’elles n’en sont pas dignes. Je ne vois pas de raisons physiques, psychiques ou morales interdisant à la femme de voter. Mais cela ne peut pas me convaincre que la femme réussira là où l’homme a échoué. Si elle ne faisait pas les choses plus mal, elle ne pourrait certainement pas les faire mieux. Donc, c’est la doter de pouvoirs surnaturels que d’affirmer qu’elle réussirait à purifier ce qui n’est pas susceptible de purification. Puisque le plus grand malheur de la femme est d’être considérée comme un ange ou comme un diable, son véritable salut repose sur le fait d’être considérée comme un être humain, c’est-à-dire sujet à toutes les folies et erreurs des hommes. Devons-nous alors croire que deux erreurs feront quelque chose de juste ? Pouvons-nous penser que le poison inhérent à la politique sera diminué, si les femmes entrent dans l’arène ? Les plus ardentes suffragistes soutiendraient difficilement telle folie.





« Ma revendication en tant que femme, c’est que ma différence
soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter
au modèle masculin.
» Simone Weil
Silvia Federici
Grève du travail reproductif et construction
de communs reproductifs
Ce texte de Silvia Federici est issu de l’ouvrage Travail gratuit et grèves féministes, paru aux éditions Entremonde en novembre 2020, qui revient sur les enjeux stratégiques communs entre luttes autour du travail reproductif et/ou gratuit et grèves féministes. Le recueil réunit les interventions de Silvia Federici, Maud Simonet, Morgane Merteuil et Morgane Kuehni, lors d’une journée organisée à Lausanne le 25 mai 2019 en pleine préparation de la grève féministe et des femmes* du 14 juin 2019 en Suisse[1]. La conférence de Silvia Federici, intitulée “Striking against reproductive work : feminist practices and strategies”, a été suivie d’une table ronde sur le thème « travail gratuit et grève féministe », donnant à voir le continuum entre les différentes formes de travail gratuit ou non-reconnu.
Dans ce texte issu de sa conférence, Silvia Federici aborde les enjeux stratégiques de la grève féministe du travail reproductif. En partant de la conception féministe-marxiste plus large du travail reproductif, elle met en avant les continuités entre le travail domestique gratuit d’une part, et les formes de travail reproductif privatisées comme le secteur du care et les nouvelles formes de travail gratuit et/ou invisibilisé d’autre part. Elle y développe les intérêts stratégiques de l’organisation d’une grève féministe du travail reproductif, qui n’est pas une fin en soi mais un moyen pour forger des alliances et penser les conditions d’un projet commun, au-delà des divisions idéologiques. Silvia Federici conclut sur la nécessité de mettre en place des formes communautaires de coopération, les «.communs reproductifs.», permettant d’éviter l’isolement des travailleur-e-s mais aussi de développer un projet autonome. La suite…



« Il y a beaucoup plus de sûreté et plus d'honneur
en la résistance qu’en la fuite.
» Descartes
Adrian Hennigan
Les jeunes femmes juives qui ont combattu les nazis
et pourquoi vous n'avez jamais entendu parler d'elles
Un nouveau livre puissant, « The Light of Days » (La lumière des jours), révèle les histoires tragiques et audacieuses de femmes polonaises intrépides dans les mouvements de résistance juifs. L'autrice Judy Batalion explique comment une découverte fortuite a contribué à changer sa perception de l'Holocauste.
Il faut quelque chose de spécial pour être encore plus stupéfiant qu'un alibi de Matt Gaetz [membre républicain de Floride du Congrès accusé de viol d’une mineure et dont l’alibi s’est effondré, NdT], mais le nouveau livre de Judy Batalion, "The Light of Days", atteint cet objectif et bien plus encore.
Même le sous-titre du livre – « The Untold Story of Women Resistance Fighters in Hitler's Ghettos » (L'histoire inédite des femmes résistantes dans les ghettos d'Hitler) - ne rend pas justice aux histoires étonnantes racontées dans ce travail d'amour de la New-Yorkaise d'origine canadienne.
Les 20 jeunes femmes juives qu'elle met en lumière ont vécu des vies remarquables pendant la Seconde Guerre mondiale, et il est facile de comprendre pourquoi Amblin Entertainment de Steven Spielberg s'est emparé des droits d’adaptation du livre alors qu’il était encore à l’état de manuscrit en 2018.
Batalion, 44 ans ce mois-ci, est en train de coécrire le scénario et, bien qu'aucun réalisateur n'ait été désigné pour l'instant, de nombreuses histoires vraies qu’elle raconte semblent sortir de l'esprit de Quentin Tarantino (pensez à « Inglorious Basterds ») plutôt que d'un drame plus traditionnel sur l'Holocauste comme « La liste de Schindler ». La suite…





« il n’est pas témoignage de culture qui ne soit pas en même temps
un témoignage de barbarie. »
Walter Benjamin
Dietrich Hoss
Walter Benjamin révolutionnaire et nous
La lecture des derniers grands livres sur la vie et l’œuvre de Benjamin, la biographie de deux universitaires américains, Howard Eiland et Michail W.Jennings, traduite et éditée dernièrement en allemand et la monumentale synthèse de Jean-Michel Palmier, publiée de façon posthume sous le titre : Walter Benjamin-Le chiffonnier, l’Ange et le Petit Bossu, n’ouvrent pas de perspectives pour faire de la pensée de Benjamin un outil d’analyse du présent et de réflexions sur de futurs possibles. Ils suggèrent plutôt une insertion définitive de Benjamin dans le cercle des grands penseurs morts, un grand puits de profondes pensées non épuisable.
Eiland et Jennings terminent leur présentation biographique avec le renoncement explicite à une compréhension cohérente de sa pensée. A chacun son Benjamin ! « Des générations futures de lecteurs vont sans doute trouver leur propre Benjamin dans la rencontre avec ce « tout contradictoire et mouvant » que constitue l’œuvre de sa vie. » Palmier qui se plonge beaucoup plus en détail dans le cheminement de la pensée de Benjamin, ne conclut pas très différemment au sortir de son exploration : « La lecture historique et critique tentée ici ne vise à aucune synthèse mais plutôt à une déconstruction systématique de ses écrits, à une mise à jour des tensions qui en constituent l’actualité. Il n’en demeure pas moins que la rencontre avec Benjamin est un évènement unique, qui s’adresse à un lecteur solitaire. » La suite…




« Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l’avenir et qui,
par la suite, est également capable d’expliquer pourquoi les choses ne
se sont pas passées comme il l’avait prédit. »
Winston Churchill

Jean-Pierre Page et Bruno Drveski
La “nouvelle” politique étrangère US
peut-elle casser des briques ?
L’épidémie mondiale que nous traversons constitue un formidable révélateur des tares du capitalisme mondialisé. Pour la ploutocratie qui gouverne il importe de concevoir la parade ! C’est ce qu’elle fait par le mensonge, la diversion, la division, la violence. C’est le cas avec ce que l’on nomme « la nouvelle guerre froide » contre la Chine. Mais qu’en est-il en réalité ?
En fait, on assiste à une diabolisation.(2) qui va de l’ignorance, à l’irrationnel et même parfois au fanatisme. « La guerre n’est-elle pas la poursuite de l’activité politique par d’autres moyens.!.».(3). Cette campagne internationale dont l’origine est nord américaine bénéficie d’une mobilisation politicienne sans précédents qui va de l’extrême gauche à l’extrême droite et de moyens médiatiques considérables.(4). De nombreux centres de recherches, des fondations, des institutions, de prétendus experts aux ressources étendues, des organisations non gouvernementales(ONG) se préoccupent et travaillent pour élaborer des stratégies afin de contrer les progrès incontestables de la Chine. Après Donald Trump, l’élection de Joe Biden permet ainsi de rééquiper politiquement et idéologiquement la « nouvelle » politique étrangère américaine en quête de légitimité. Il importe donc de saisir la portée et la signification de cette activité fébrile contre la Chine ! C’est l’objectif de cette contribution au débat. La suite…


« Aux mains de l’État, la force s’appelle “droit”, aux mains
de l’individu, elle se nomme “crime” »
Max Stirner
La Nakba de Sheikh Jarrah :
comment Israël utilise la “Loi” pour procéder
au nettoyage ethnique de Jérusalem-Est
Un Palestinien, Atef  Yousef Hanaysha, a été tué par les forces d’occupation israéliennes le 19 mars lors d’une manifestation hebdomadaire contre l’expansion des colonies israéliennes illégales à Beit Dajan, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.
Bien que tragique, ce genre de nouvelle apparaît comme routinière en Palestine occupée, où tirer sur des manifestants non armés et les tuer fait partie de la réalité quotidienne.
Pourtant, il n’en est rien. Depuis que le Premier ministre israélien de droite, Benjamin Netanyahu, a annoncé, en septembre 2019, son intention d’annexer officiellement et illégalement près d’un tiers de la Cisjordanie palestinienne occupée, les tensions sont fortes.
Le meurtre d’Hanaysha n’est que la partie émergée de l’iceberg. À Jérusalem-Est occupée et en Cisjordanie occupée, une grande bataille est déjà en cours.
D’un côté, les soldats israéliens, les bulldozers de l’armée et les colons juifs illégaux et armés sont tous les jours sur le terrain pour expulser des familles palestiniennes, déplacer des agriculteurs, incendier des vergers, démolir des maisons et confisquer des terres.
De l’autre côté, les civils palestiniens, souvent désorganisés, sans protection et sans chef, se défendent comme ils peuvent.
Les limites territoriales de cette bataille sont en grande partie situées à Jérusalem-Est occupée et dans la « zone C » de la Cisjordanie – près de 60 % de la superficie totale de la Cisjordanie occupée – qui est sous le total contrôle militaire direct d’Israël. La suite…



« Les journalistes disent une chose qu’ils savent ne pas être vraie,
dans l’espoir que, s’ils continuent à l’affirmer assez longtemps,
elle deviendra vraie.
» Arnold Bennett
Pierre Rimbert
À cent contre un
J’ai eu la joie d’être attaqué, souvent assez violemment, par tous les grands journalistes français, expliquait Pierre Bourdieu en 1998 à la réalisatrice Barbro Schultz Lundestam. Parce que ces gens qui se croient des sujets n’ont pas supporté de découvrir qu’ils étaient des marionnettes (1). » Dix ans après la disparition du sociologue français le plus cité dans le monde, le temps et le repositionnement idéologique des éditorialistes ont gommé le souvenir des batailles et l’identité des protagonistes. La « mondialisation heureuse » ne se chante plus qu’à mi-voix, la déploration des inégalités mobilise jusqu’à certains banquiers, et l’on relit avec curiosité les assauts portés contre l’auteur de La Misère du monde.
Ses torts furent d’engager les acquis de sa discipline dans les luttes qui marquèrent le renouveau de la critique sociale dans la seconde moitié des années 1990 ; d’opposer une « gauche de gauche » aux gouvernements sociaux-libéraux majoritaires en Europe à la fin du siècle dernier ; de lancer avec succès — et avant les autres — une collection de petits ouvrages bon marché proposant au grand public des outils intellectuels de «.résistance à l’invasion néolibérale.» (les éditions Raisons d’agir). Enfin, il commit l’hérésie suprême de «.rappeler à la prudence les essayistes bavards et incompétents qui occupent à longueur de temps les journaux, les radios et les télévisions (2).». Ces derniers dressèrent donc un bûcher. La suite…


« Sur cent milliardaires, il y a quatre-vingt-dix-neuf fripouilles.
Quant au centième,  si on remonte son passé,
il est pas blanc.
» Roland Topor
Les milliardaires français
sont les plus riches d’Europe
En pleine polémique sur les dîners clandestins des riches, un fait vient remettre les pendules à l’heure concernant le (non) partage des richesses en France. Alors que 10 millions de Français vivent désormais sous le seuil de pauvreté, et que 3 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire pour se nourrir, les milliardaires français ont vu leur fortune augmenter durant la crise et sont mêmes les plus riches d’Europe. Preuve supplémentaire que si « ruissellement » il y a, ce serait plutôt du « bas » vers les hautes sphères déconnectées du reste de la société. Face à ces inégalités criantes, des ONG et économistes réclament la taxation des plus riches pour payer la « dette covid.».
Ce travail de comparaison a été mené par Lucas Chancel, économiste au Laboratoire sur les inégalités mondiales à l’Ecole d’économie de Paris. Pour répondre à la question «.Quel est le pays européen où les milliardaires sont les plus riches ? », il a disséqué le classement des 500 plus grandes fortunes mondiales de Bloomberg.
Le résultat est sans appel : la France est l’Etat européen où les milliardaires sont les plus riches, « ce pays où les impôts sont beaucoup trop élevés et les freins à l’entreprise beaucoup trop forts, selon les médias détenus par ces mêmes milliardaires », a-t-il ironisé sur Twitter, comme l’ont relevé nos confrères d’AlternativesEconomiques.
Au total, les 42 milliardaires français possèdent donc 354 milliards d’euros cumulés, loin devant l’Allemagne (281 milliards d’euros) et le Royaume-Uni (147 milliards d’euros). La suite…




« Rejette l'opinion et tu seras sauvé. » Marc-Aurèle
Caitlin Johnstone
Le contrôle de l’opinion, une simple affaire de mots
L’autre jour, Noah Smith, de Bloomberg, a eu une interaction révélatrice sur Twitter.
Elle a commencé par le partage d’une capture d’écran d’un article du journaliste Yasha Levine, qui condamnait l’escalade impérialiste des États-Unis contre la Chine et la liait au pic actuel d’attaques racistes contre des Asiatiques. Smith a partagé sa capture d’écran avec la légende suivante : « Je maintiens ma prédiction selon laquelle la gauche américaine va se diviser en A) sociaux-démocrates et B) pseudo-rouges-bruns obsédés par la politique étrangère. »
« Comment empêcher le groupe B de dominer le narratif ? », a demandé à Smith l’un des adeptes.
« Eh bien, d’abord nous apprenons à tout le monde le mot ‘Tankie’! » [grosso modo ‘Rouge-brun’ ou ‘Staliniste’, NdT] a répondu Smith, en joignant un de ses articles de Substack où il explique que tout gauchiste opposé aux agendas impérialistes occidentaux contre la Chine doit être marqué de cette étiquette et ignoré. La suite…



« Le métier de surveiller rend stupide et ignorant ;
cela est sans exception.
» Alain
La reconnaissance faciale est utilisée
quotidiennement par la police
Nous l’expliquions dans notre précédent article : le gouvernement met les moyens pour faire de la propagande pro-police dans les médias. Parmi les sujets de prédilection abordés par les journalistes complices du pouvoir, on trouve «.la police n’a pas assez de moyens » et « la justice est trop laxiste ». En d’autres termes, il serait trop difficile pour la police de trouver les preuves de la culpabilité des personnes interpellées. Et, même quand la police est absolument certaine de son coup, la justice, trop gentille, relaxerait en permanence les délinquants. En se baladant un peu sur certains sites comme Bastamag, StreetPress, Nantes Révoltée, Cerveaux Non Disponibles, Désarmons-les… on se rend vite compte que cet argument de policiers chouineurs ne tient pas une seule seconde. La suite…


Après le voile, le burkini, la longueur des jupes, les boucheries halal, les mosquées, le séparatisme
et l’islamo-gauchisme, qu’est-ce qu’ils vont bien encore pouvoir trouver pour crier haro sur les musulmans ?

ÉGALITÉ DES DROITS POUR TOUS – STOP À L’ISLAMOPHOBIE D’ÉTAT ! Pour s’opposer à la loi contre le prétendu séparatisme, pour élever nos voix contre la surenchère islamophobe qui nous prive de nos droits fondamentaux, pour notre dignité et celle de nos enfants : pétition contre la loi « séparatisme » à signer en cliquant sur le lien à la fin du texte.
Le sénat vient de voter l’interdiction du port du hijab pour les mères accompagnatrices, l’interdiction du burkini dans les piscines et espaces de baignade publics ainsi que l’interdiction de port de signes religieux pour les mineures dans l’espace public. L’heure est extrêmement grave. Le point de non-retour est atteint. La suite sur l’UJFP


MÉDIACRATIE, PROPAGANDA & INFAUX
Deux ans après l’arrestation d’Assange
Julian Assange : Un verdict dangereux

MACRONISTAN
Comment Macron est devenu le meilleur candidat de l’extrême droite

Quand la solution devient le problème

« Si les bulldozers arrivent, je m’enchaîne à mon cerisier » :
dans les jardins ouvriers, on résiste au béton

Contre la race, biologique ou « sociale »

Pierre-Alain Mannoni : « Pour me défendre contre l’acharnement judicaire »

Dossier : Covid-19, année 0 ?

Tropicalia, une piste de ski en plein désert

Le Salvator Mundi, Léonard de Vinci et les ambitions ruineuses
de Mohammed ben Salmane

Calais, Grande-Synthe : chiffrer les violences d’État faites aux exilés
INTERNATIONAL
Retour sur la bataille du bois de la Cambre

Comment les fanfaronnades d’Israël ont contraint l’Iran à viser ses navires
et à mettre en péril la navigation mondiale

Le mensonge est leur business : la Steve Bannon Connection

Aux USA, la faim sévit. Avant, ils étaient médecins ou électriciens
– aujourd’hui, ils font la queue pour recevoir un repas gratuit

Italie : 100 000 morts contre 35 morts. Peut-on dire qu’ici tout est à refaire ?

Au Yémen, des pêcheurs font fortune en trouvant du « vomi de baleine »

Ukraine, le retour : la guerre, la russophobie et le Pipelinistan

Mossoul : la vie après Daech [portfolio]

« L’Amérique est de retour » se heurte à la réalité multipolaire

LE LIBÉRALISME EST UN FASCISME
Benito Mussolini, qui n’est pas la personne la plus mal placée pour nous donner une définition du fascisme, définit celui-ci en ces termes.: « Le Fascisme devrait plutôt s’appeler Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’État et des pouvoirs du Marché. » Une définition qui s’applique parfaitement à ce que sont nos prétendues “Démocraties”.

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