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K I O S Q U E N E T
« Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde » Bardamu



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Les Facétieux



L’ART DE PASSER (LÉGALEMENT)
À TRAVERS LES GOUTTES

« il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce
à l’ombre des lois
et avec les couleurs de la justice. » Montesquieu

La bonne affaire immobilière (Canard enchaîné, 24 mai 2017) du ministre de Macron, Richard Ferrand, était légale. L’emploi par des députés de leur conjoint ou enfant comme assistants parlementaires est légal. L’usage sans justification par un député de son enveloppe, dite réserve parlementaire (130 000 euros) est légal. Le recours à un esclave (imperméabilisé de naissance) pour tenir le parapluie d’un ministre est légal. Le ralliement de Bayrou à Macron qu’il disait naguère lié aux « puissances de l’argent » est légal. La préparation claironnée et à marche forcée par Bayrou d’une loi de moralisation de la vie politique, avant les élections législatives, c’est tout autant légal. Théophraste R. (Avocat légaliste), LGS


PERFORMANCES - PAR ERIC HAZAN. [Cette tribune a été commandée par Le Monde pour ses pages Débats (« Votre opinion sur les 90% de Macron à Paris ») mais le journal a finalement refusé de la publier.] L’année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée à Paris ; en 2016, l’exposition Jeff Koons a attiré le plus grand nombre de visiteurs depuis la fondation du Centre Pompidou ; en 2017, les votes parisiens pour Emmanuel Macron ont atteint le score de 90%. Ces deux derniers records ne sont pas sans points communs : leurs détenteurs sont par leur parcours des professionnels de la persuasion. Lundimatin

« LE TRANSHUMANISME COMME RÉGRESSION ». Au début du XVIIe siècle, Cervantès a mis en scène dans le premier roman moderne, Don Quichotte, un personnage si imbu de romans de chevalerie que c’est à travers eux qu’il appréhendait la réalité, ce qui lui valut bien des déboires. Au XIXe siècle, Flaubert a raconté une histoire similaire : à la place de Don Quichotte parcourant l’Espagne, madame Bovary dans la campagne normande, à la place des romans de chevalerie qui ont détraqué l’esprit du Quichotte, les romans d’amour de style troubadour qui ont égaré Emma. Là encore, la confrontation à la réalité est douloureuse. Peut-être qu’au XXIe siècle, il faudra écrire l’histoire d’un être gavé de propagande transhumaniste, et déconfit de ne pas trouver dans les implants, prothèses, augmentations et autres interfaces corps-machine l’accomplissement et l’enchantement qu’on lui prédisait et qu’il se promettait. Olivier Rey, Les amis de Bartleby

LES HORREURS DE LA COLONISATION : À QUAND UN TPI POUR JUGER LES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ ? Il est connu, malgré la doxa ambiante, que l’Occident donneur de leçons a toujours eu un langage ambivalent. Il se veut seul détenteur de sens et dicte cependant la norme de ce qui est licite et de ce qui est illicite. Je veux, dans cette contribution, encore une fois déconstruire ce double langage à la fois des Lumières et dans le même temps de la traite esclavagiste, le Code noir, le Code de l’indigénat, la colonisation dans toute son horreur. Chems Eddine Chitour, Le Grand Soir

CAMRAIL : POUR LES AVOCATS DES VICTIMES, « LE VERROU QUI BLOQUAIT L’ACTION JUDICIAIRE CONTRE BOLLORÉ A SAUTÉ ». L’attente a été longue. Plus de six mois après le déraillement, près de la gare d’Eseka, du train 152 de la Cameroon Railways (Camrail) qui a officiellement fait 79 morts et plus de 600 blessés, la commission d’enquête créée par Paul Biya, président de la République, et chapeautée par le premier ministre a finalement livré son rapport. « Au terme de ses investigations, la commission d’enquête a établi la responsabilité, à titre principal, du transporteur, la société Camrail, dans le déraillement du train Intercity n° 152 », précise le communiqué signé de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, lu sur les antennes de la radio nationale, mardi 23 mai. CL2P

AU NORD DE L’ÉCONOMIE
Se rendre ingouvernable à la société «  collaborative  »

« Se prétendre de gauche sans souhaiter la destruction du capitalisme est une fumisterie. »
Nous vous écrivons du nord de la France. Symbole de la désindustrialisation, celui-ci ressemble à d’autres nords, des États-Unis ou d’Angleterre, qui résument et révèlent le point de rupture où se trouve l’économie mondiale. Cette terre de désespoir, de chômage, d’alcoolisme et de votes Front national provoque deux réflexes de survie : la réindustrialisassion et/ou la «  troisième révolution industrielle  ». Qu’importe le chemin, tant qu’on entrevoit un espoir. Passant des corons au coworking, nous nous sommes donné pour objet d’attaquer dans un même élan le vieux monde industriel et le nouveau monde technologique. Les amis de Bartleby

ATTAQUE DES BUS DU FN À NANTES. LA VIDÉO, ENFIN... Aujourd’hui, dimanche 26 février, pour perturber la tenue du meeting de Marine Le Pen à Nantes et en réponse à l’appel à blocage lancé par l’assemblée nantaise « A l’abordage », nous avons réservé une petite surprise aux militants frontistes entassés dans les bus en provenance de Rennes. Lundimatin

LES PATRONS ONT-ILS LU MARX ? Consciente de ses intérêts, la haute bourgeoisie se distingue par la sophistication de ses modes d’organisation... Ce groupe social pratique l’entre-soi et les échanges de bons procédés. Mais ce collectivisme pratique se dissimule derrière un discours faisant passer pour du talent individuel des positions transmises de génération en génération. Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot, Le Monde diplomatique

TROUVER UN JEUNE BRETON SACHANT LIRE ET ÉCRIRE : DIFFICILE SELON LE CABINET DE RICHARD FERRAND. Richard Ferrand vient de se faire épingler par le Canard enchaîné pour une affaire d’emplois fictifs et une autre concernant une affaire immobilière en Bretagne. À peine un coup de fil plus tard au cabinet ministériel pour demander des explications quant au recrutement du fils Ferrand comme assistant parlementaire pour que l’affaire se pimente. Comment défendre son ministre qui détourne de l’argent public ? Le ministre n’avait d’autre choix que d’embaucher son fils : en Bretagne aucun jeune, hormis son fiston, ne sait lire ni écrire ! RévolutionPermanente

ÉTAT D’URGENCE AN II
Emmanuel Macron demandera au Parlement de prolonger jusqu’au 1er novembre
l’état d’urgence instauré en novembre 2015 et déjà prolongé à cinq reprises.

Attentat en Espagne, aucun état d’urgence
Attentat en Grande-Bretagne, aucun état d’urgence
Attentat en Belgique, aucun état d’urgence
Attentat en Allemagne, aucun état urgence
Attentat en Suède, aucun état urgence

« Nous avons été semer la guerre et la discorde chez ces nations lointaines,
et troubler leur repos séculaire. C’est à leur tour maintenant de troubler le nôtre. »
Gustave Le Bon

VENEZUELA : FABRIQUER UNE GUERRE DEPUIS LES COULISSES. La « guerre » vénézuélienne a réellement lieu dans la presse internationale et sur les réseaux sociaux. Ici il existe bien sûr des foyers de violence, dont beaucoup pourraient être taxés de terroristes, par exemple lorqu’ils entraînent la destruction d’un immense entrepôt qui contient des médicaments alors que les coupables savent parfaitement combien ceux-ci se font rares et qu’ils connaissent le besoin urgent de la population dans ce domaine. Hernando Calvo Ospina, Le Grand Soir

L’ANTHROPOCÈNE CONTRE L’HISTOIRE. LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE À L’ÈRE DU CAPITAL - ANDREAS MALM. L’anthropocène, kesaco ? On sait que les scientifiques s’entendent sur des noms en « cène » pour caractériser les périodes d’évolution de la Terre comme système géologique, climatique et biologique – devrais-je dire « biophysique » ou encore « biochimique » ? depuis environ soixante-six millions d’années. Il y a bien sûr d’autres périodes auparavant, mais ce n’est pas ici notre sujet. Vous serez certainement ravi·e·s d’apprendre, si vous ne le saviez déjà, que nous vivons actuellement l’ère cénozoïque, plus connue par ses qualificatifs « tertiaire » et « quaternaire » (même si ça a l’air encore un peu plus compliqué, vu que les appellations ont évolué…) Lundimatin

LA DESTRUCTION DU TRAVAIL. Le MEDEF, j’en suis convaincu, ne tient pas vraiment à libérer les entreprises du lourd fardeau du chômage. L’insolence de ses représentants suffirait presque à en témoigner. Non pas qu’on puisse douter de la vigueur des entreprises innovantes, ni des formes d’activité en mesure de révéler des talents. Mais force est de reconnaître que la priorité du MEDEF ne fédère aucune création mais gravite autour de l’argent, la flexibilité, l’augmentation du temps de travail, la diminution des salaires, le recul de l’âge de la retraite, la réforme du code des activités, l’exonération fiscale… Et de telles exigences ne sont jamais assez satisfaisantes pour les nantis, ni assez dures pour ceux qu’on appelle « les perdants » de l’Europe, tous ceux qui en ralentiraient, dit-on, le progrès et la liberté. Des motifs qui devaient pousser d’ailleurs le MEDEF à donner sa pleine confiance à Fillon plutôt qu’à Macron tout en se souvenant des avantages que leur avaient ouverts les lois El Khomri. Jean-Clet Martin, The Dissident

CODE DU TRAVAIL ÉPARPILLÉ FAÇON PUZZLE

« Avec ou sans vaseline ? »
« Recommander l’austérité aux pauvres c’est à la fois grotesque et insultant... C’est comme dire à un homme qui meurt de faim de manger moins… » Oscar Wilde

NUANCES POUR PERCEVOIR VRAIMENT. Ultime spasme d’un pouvoir agonisant obligé d’alimenter une figure cauchemardesque pour justifier son propre maintien. Étymologiquement, le terrorisme prend ses racines dans le droit romain avec le jus terrendi, c’est à dire le droit d’inspirer aux citoyens une certaine terreur pour le dissuader d’enfreindre les lois. Le « terrorisme » originel était donc impérial. Sa notion contemporaine s’est uniformisée au XIXe siècle en désignant tout ce qui s’attaquait directement aux gouvernements. Lundimatin

QUI A VÉCU PAR LE GLAIVE PÉRIRA PAR LE GLAIVE. AUTOUR DES AFFAIRES HANOUNA ET BURGGRAF. Invité ce matin de France Inter, Florian Philippot fut interrogé par Patrick Cohen sur le sujet des Fake News qu'il avait relayé. Après les dénégations et les bottages en touche habituels, Philippot eut cette phrase : "Nous avons tous à travailler là-dessus, y compris les journalistes". Normalement Patrick Cohen, qui ne manque pas de répartie, aurait du enchaîner avec un truc du genre : "Mais je ne connais pas de journalistes qui ait relayé des Fake News." Mais Patrick Cohen n'a rien dit et nous sommes restés sur la phrase de Philippot avant de passer à la pub. Soit Patrick Cohen avait perdu tout sens de l'à propos, soit Patrick Cohen avait en tête la séance qui tourne en boucle depuis Samedi soir dans laquelle une journaliste, Vanessa Burggraf se fait prendre en train de relayer une Fake News en face de Najat Vallaud-Belkacem, et a préféré se taire pour refuser d'offrir à son invité un bâton dont il le devinait prompt à se saisir. affordance.info

L’ENTREPRISE DE DÉPOSSESSION. Du taylorisme au management moderne, les modèles d’organisation du travail ont toujours cherché, selon Danièle Linhart, à déposséder les salariés de leurs savoirs professionnels. Cette dépossession dans le travail est aujourd’hui également subjective, ce qui la rend très difficile à combattre. Entretien avec Danièle Linhart, La vie des idées

« J’ai le sentiment que toutes les tragédies que nous avons vécues, d’abord avec le colonialisme, puis avec le fascisme, enfin les camps d’extermination, cela s’inscrit non en opposition ou en contradiction avec le prétendu humanisme sous la forme où nous le pratiquons depuis plusieurs siècles, mais, dirais-je, presque dans son prolongement naturel. Puisque c’est, en quelque sorte, d’une seule et même foulée que l’homme a commencé par tracer la frontière de ses droits entre lui-même et les autres espèces vivantes, et s’est ensuite trouvé amené à reporter cette frontière au sein de l’espèce humaine, séparant certaines catégories reconnues seules véritablement humaines d’autres catégories qui subissent alors une dégradation conçue sur le même modèle qui servait à discriminer espèces vivantes humaines et non humaines. Véritable péché originel qui pousse l’humanité à l’autodestruction. (…) Le respect de l’homme par l’homme ne peut pas trouver son fondement dans certaines dignités particulières que l’humanité s’attribuerait en propre, car, alors, une fraction de l’humanité pourra toujours décider qu’elle incarne ces dignités de manière plus éminente que d’autres. Il faudrait plutôt poser au départ une sorte d’humilité principielle ; l’homme, commençant par respecter toutes les formes de vie en dehors de la sienne, se mettrait à l’abri du risque de ne pas respecter toutes les formes de vie au sein de l’humanité même. » Claude Lévi-Strauss

LE BRUIT DU VIDE. Le jour même de la nouvelle grande grève, en Grèce, est présenté, en France, le fameux nouveau gouvernement de la recomposition politique. Recomposition, autour de laquelle un battage assourdissant est soutenu. Faire d’autant plus de bruit qu’il ne se passe rien. Déferlement incroyable de la propagande. Pour visser les regards là où il n’y a rien à voir. Et pour détourner la vue de ce qu’il faudrait admirer. Admirer ? Admirer le camouflage, l’art militaire de la politique. Lundimatin

L’IMAGE PERDUE DU SOCIAL. Les débats absurdes pour savoir de quel bord politique est Emmanuel Macron (alors même qu’il n’y a jamais eu le moindre doute sur le fond) comptent parmi les signaux les plus clairs de la disparition en cours de la gauche. Disparition politique et idéologique, qui a aussi pour corollaire et pour marqueur le désamour et la perte d’image. André Gunthert

« LA RÉACTION EN MARCHE ! » Jean-Michel Blanquer, le « performer » de l’Éducation nationale. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, n’est pas seulement un homme «.de la société civile.», il est aussi l’ancien président de l’ESSEC. Blanquer a déjà ses fans, ceux qui rêvent d’une école du mérite, où les meilleurs s’en sortiront au prix d’efforts, de labeur et d’acquiescement aux exigences des chefs. La Rotative.info

LE COMBAT TRANQUILLE D’UN PAYSAN POUR LA LIBERTÉ DES SEMENCES. Jean-Luc Danneyrolles a fait de son « Potager d’un curieux » un lieu de conservation de la diversité des variétés potagères. Ni les enquêtes de gendarmerie ni la Répression des fraudes ne l’ont privé de son sourire désinvolte ni fait dévier de son rêve de grainier. Éric Besatti, Reporterre

DR MAC & MR RON

« Une bonne partie de l’antifascisme d’aujourd’hui, ou du moins ce qu’on appelle antifascisme, est soit naïf et stupide, soit prétextuel et de mauvaise foi. En effet, elle combat, ou fait semblant de combattre, un phénomène mort et enterré, archéologique, qui ne peut plus faire peur à personne. C’est en quelque sorte un antifascisme de tout confort et de tout repos. Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nom- mé la société de consommation ». Pasolini

CADEAUX FISCAUX DE MACRON : ACTION D’ATTAC, DU DAL ET DU COLLECTIF « NOS DROITS CONTRE LEURS PRIVILÈGES » AU LVMH DE SAINT GERMAIN. Samedi 20 mai, 50 militant·e·s d’Attac, du DAL et du collectif « Nos droits contre leurs privilèges » ont mené une action symbolique devant la boutique LVMH de Saint-Germain pour alerter sur le danger des mesures fiscales annoncées par le nouveau Président de la République Emmanuel Macron et l’absence de mesures sociales. Attac

HOLLANDE, MACRON, MÊMES COMBATS. En matière de défense, même s’il n’a pas reconduit directement Jean-Yves Le Drian, le président Emmanuel Macron met tout naturellement ses pas dans ceux de son prédécesseur : reconduction de la « lutte antiterroriste » au Sahel et au Levant ; renforcement des effectifs et des moyens des militaires à hauteur de deux points de PIB ; maintien et des alliances et de la dissuasion nucléaire. Philippe Leymarie, Les blogs du Diplo

ISRAËL À L’HEURE DE L’INQUISITION. Le gouvernement israélien utiliserait-il la transition numérique pour faire taire l’audiovisuel public ? Prétextant une mauvaise gestion, il a interrompu brutalement les programmes de plusieurs chaînes de télévision et de radio. Certains journalistes, mais aussi l’opposition de gauche, les mouvements de boycott et de militaires démobilisés font régulièrement l’objet d’accusations de trahison de la part de la droite au pouvoir. En mars 2016, Charles Enderlin témoignait du climat de chasse aux sorcières que connait actuellement Israël et questionnait l’avenir de la démocratie dans le pays. Charles Enderlin, Le Monde diplomatique

« L’ÉTAT C’EST LA DIVISION DE LA SOCIÉTÉ ENTRE
CEUX QUI COMMANDENT ET CEUX QUI OBÉISSENT »

« Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. » Denis Diderot
Au Comptoir cette semaine, nous nous intéressons à Pierre Clastres, ethnologue français né il y a 83 ans cette semaine et mort il y a 40 ans cette année. Il est connu pour avoir étudié nombre de peuples d’Amérique et pour avoir donné naissance à une nouvelle anthropologie politique qui ne se contente plus de constater le “manque” de structure étatique dans certaines sociétés. Il considère qu’autant que les États, comme la Suisse par exemple, se sont constitués pour résister à des tentatives de contrôle par d’autres nations, certaines sociétés se sont au contraire constituées pour ne pas devenir État, en mettant le pouvoir politique en dehors du social. De l’exemple donné par ces sociétés, Pierre Clastres a tiré une vision bien plus générale sur la question du pouvoir politique, qu’il associe au pouvoir coercitif. En d’autres termes, quand il y a autorité politique, il y a nécessairement une relation dominant-dominé ou commandement-obéissance, dont il trouve l’origine dans la création de l’État qui, faisant payer un tribut, est le premier exploiteur. En 1974, il a donné un entretien à la revue « L’Anti-mythes » sur cette question. Volontairement provocateur, il s’y engage clairement contre la théorie des micro-pouvoirs de Foucault et distingue très nettement le pouvoir politique des autres types de pouvoir. D’inspiration anti-totalitaire radicale, cette revue a été fondée à Caen par d’anciens étudiants de Claude Lefort et a notamment interrogé des anciens membres de «.Socialisme ou barbarie ». Nous vous proposons ici de (re)découvrir cette conversa- tion. Le Comptoir

QU’EST-CE QUI A CHANGÉ LE 7 MAI 2017 ? “Il faut que tout change pour que rien ne change !” Cette célèbre réplique du “Guépard”, le film de Visconti inspiré du roman posthume de l'écrivain sicilien Lampedusa, semble particulièrement adaptée à la situation d'aujourd'hui. Le prince de Salina c'est Hollande et Tancrède, son héritier désigné, c'est Macron. Et pourtant, si on y regarde de plus près, tout a changé en fait ! Comme dans la fameuse phrase prononcée par Tancrède, cette séquence du bal nous montre un monde où tout change et où tout se maintient en même temps. Car derrière les apparences fastueuses, futiles, se devinent les barrières sociales et les tensions politiques. Claire Verilhac, Le Grand Soir

DES MISSIONNAIRES AUX MERCENAIRES. Quel fil peut bien relier les ministres ou anciens ministres Emmanuel Macron, Fleur Pellerin et Najat Vallaud-Belkacem, la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse, les journalistes Jean-Marie Colombani et Christine Ockrent, l’homme d’affaires Alain Minc, le banquier Matthieu Pigasse (l’un des propriétaires du Monde SA) ou encore l’ancien premier ministre Alain Juppé ? Tous ont effectué un passage par la French-American Foundation dans le cadre de son programme « Young Leaders ». Tout comme cinq cents autres personnalités françaises, parmi lesquelles le président François Hollande lui-même. Jean-Michel Quatrepoint, Le Monde diplomatique

AL-ARAQIB, EXEMPLE DE L’ACHARNEMENT DU POUVOIR ISRAÉLIEN CONTRE SES PROPRES CITOYENS ! Israël, seul Etat démocratique du Proche-Orient, selon ses défenseurs et promoteurs, n’hésite pas à recourir à des traitements très spéciaux contre ses propres citoyens. La semaine dernière, le gouvernement Netanyahou a fermé purement et simplement sa radio historique, Kol Israël et sa 1ère chaine de télévision (publique) sans aucun préavis et en plein Mabat, le journal de 20 heures. On a pu voir Geoula Cohen, la présentatrice apprendre la nouvelle en direct… Selon Haaretz, cette fermeture brutale était une sorte de réponse aux critiques que les journalistes avaient pu faire de l’action du gouvernement et de Benjamin Netanyahou en particulier. Michel Ouaknine, UJFP

CORALIE DELAUME : « MACRON EST FÉDÉRALISTE QUAND LES ALLEMANDS DEVIENNENT SOUVERAINISTES ». Quelques jours seulement après son élection, Emmanuel Macron a rencontré Angela Merkel en début de semaine. Coralie Delaume explique pourquoi les projets du nouveau président pour l'Europe inquiètent beaucoup les Allemands. Figarovox

LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE

« Macron nous voilà ! »
LE PRIX DE LA LIBERTÉ. Thomas Hollande étant momentanément indisponible (cf. Gala, 13/04/17), c’est finalement Emmanuel Macron qui a été nommé président de la République, à notre grand soulagement car pour un peu nous replongions dans les heures les plus sombres de notre histoire. Artistes et créatifs en tous genres, porteurs d’un regard sur le monde et résolument ancrés à gauche, nous allions sans aucun doute finir parqués entre des miradors, au beau milieu d’une foule de Maghrébins, de Roms et autres victimes naturelles de la société, à cause de l’audace invétérée de nos convictions. C’est dire si nous avons eu chaud ! Olivier Foreau, Normalosphère

GOUVERNEMENT PHILIPPE : UN GOUVERNEMENT MARTIAL EN GUERRE CONTRE LE CODE DU TRAVAIL. L’annonce du premier gouvernement d’Emmanuel Macron, qui durera au moins jusqu’à l’issue des élections législatives, clarifie la façon dont le nouveau président veut gouverner. Après sa cérémonie d’investiture qui l’a intronisé en véritable nouveau Bonaparte puis sa descente des Champs Elysées dans un véhicule militaire, la liste des ministres du nouveau gouvernement confirme la stature guerrière du président chef des armées. En effet, parmi les trois ministres d’Etat (une forme de titre honorifique pour distinguer les ministres les plus importants) figure Gérard Collomb, en tête de l’ordre protocolaire. L’homme, maire de Lyon, est surtout connu par les habitants pour être un fervent adepte des caméras de sécurité dans sa ville, mais aussi de la répression. George Waters, Révolution Permanente

LES AMOURS COMPLIQUÉES D’ANGELA ET D’EMMANUEL. Emmanuel Macron n’a pas attendu : dès son premier jour de plein exercice, le nouveau président français s’est rendu à Berlin. Peu de commentateurs ont relevé la délicieuse ambiguïté linguistique de cette formulation… Nicolas Sarkozy, puis François Hollande avaient fait exactement de même. On notera que la chancelière allemande n’a jamais fait preuve d’une telle précipitation. Une habitude – certains diraient un atavisme… – des élites dirigeantes françaises ? Ruptures

#LREM : LE MARKETING 2.0 AU SERVICE DE LA STARTUP EM À L’ELYSÉE. La République en Marche, parti politique issu de la transformation du mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron est un produit politique qui s’est assez bien vendu. Comme tout produit il est le fruit d’une réflexion marketing effectuée par des spécialistes du domaine, qui travaillent à augmenter sa valorisation, et le niveau d’acceptation-client. Cet aspect startup d’En Marche ! est très important à prendre en compte pour qui veut comprendre — au delà de l’emballage médiatique du produit — ce qu’est réellement la proposition politique du mouvement, devenu parti politique, d’Emmanuel Macron. Reflets.info

« L’ASSERVISSEMENT PAR L’ARGENT »
Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Livres III, 1762

« Sitôt que le service public cesse d’être la principale affaire des Citoyens, et qu’ils aiment mieux servir de leur bourse que de leur personne, l’État est déjà près de sa ruine. Faut-il marcher au combat ? Ils payent des troupes et restent chez eux ; faut-il aller au Conseil ? Ils nomment des Députés et restent chez eux. À force de paresse et d’argent, ils ont enfin des soldats pour asservir la patrie et des représentants pour la vendre.

C’est le tracas du commerce et des arts, c’est l’avide intérêt du gain, c’est la mollesse et l’amour des commodités, qui changent les services personnels en argent. On cède une partie de son profit pour l’augmenter à son aise. Donnez de l’argent, et bientôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un mot d’esclave, il est inconnu dans la Cité. Dans un État vraiment libre les Citoyens font tout avec leurs bras, et rien avec de l’argent : Loin de payer pour s’exempter de leurs devoirs, ils paieraient pour les remplir eux-mêmes. Je suis bien loin des idées communes ; je crois les corvées moins contraires à la liberté que les taxes.

Mieux l’État est constitué, plus les affaires publiques l’emportent sur les privées, dans l’esprit des Citoyens. Il y a même beaucoup moins d’affaires privées, parce que la somme du bonheur commun fournissant une portion plus considérable à celui de chaque individu, il lui en reste moins à chercher dans les soins particuliers. Dans une cité bien conduite, chacun vole aux assemblées ; sous un mauvais Gouvernement, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend intérêt à ce qui s’y fait, qu’on prévoit que la volonté générale n’y dominera pas, et qu’enfin les soins domestiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mauvaises en amènent de pires. Sitôt que quelqu’un dit des affaires de l’État, que m’importe ? on doit compter que l’État est perdu. »

EN MARCHE DOCUMENTAIRE. Le 7 mai à 20h00 le visage d'Emmanuel Macron s'affichait comme celui du "président élu". Le lendemain de l'élection, le lundi soir sur TF1, un documentaire sur Emmanuel Macron, suivi pendant sa campagne. Une hagiographie serait d'ailleurs un terme plus exact mais passons. Et le 11 mai, 4 jours après l'élection, un autre documentaire, moins hagiographique que le premier, là encore sur la campagne et la personnalité du vainqueur, dans Envoyé Spécial sur France 2 cette fois. Et ce soir, le 17 mai, sur France 3, à 23h15, un documentaire sur Edouard Philippe, nouveau 1er Ministre, le lendemain donc de sa nomination. affordance.info

« DE PLUS EN PLUS DE MILITAIRES ÉVOQUENT UN PASSAGE À L’ÉTAT DE SIÈGE EN CAS DE NOUVEAUX ACTES TERRORISTES ». Quel est le lien entre la multiplication des interventions militaires françaises à l’étranger, la priorité donnée au Rafale et aux exportations d’armes, et l’instauration de l’état d’urgence en France ? Dans son livre récent Le Militaire. Une histoire française (éd. Amsterdam), l’économiste Claude Serfati montre à quel point l’armée et les industries militaires sont « chez elles » dans les institutions et l’économie politique de la Vème République. Une tendance qui n’a fait que s’aggraver ces dernières années, sans que le poids politique et économique exorbitant du militaire en France soit vraiment contesté ni même débattu, y compris à gauche. La campagne électorale actuelle ne fait pas exception. Entretien. Bastamag

ASSURANCE CHÔMAGE : UNE VOIE PUNITIVE INEFFICACE. Quand on lui demande comment il pense s’attaquer au problème du chômage, Emmanuel Macron répond avec ces mots : « investissements, formation professionnelle, baisse des charges et réforme du marché du travail ». Michel Husson, Alternatives économiques

L’INVESTITURE DE “CHÉRI” ET “BIBI”,
UNE “ÉPOPÉE ROMANESQUE” (MAIS PAS SEXISTE)

Les merdias dans tous leurs états
« Le ridicule déshonore plus que le déshonneur. » La Rochefoucauld

Quelle différence entre l’investiture d’Emmanuel Macron et un mariage princier ? Aucune, si ce n’est que Franck Ferrand remplace Stéphane Bern sur France 2. Récit d’un grand (et long) moment de néant télévisuel. Samuel Gontier

LA VUE DU SANG, RETOUR SUR UNE STRATÉGIE POLICIÈRE. Et si la police avait retenu la leçon du mouvement contre la loi Travail ? La manifestation du 1er mai a fait l’objet de nombreux témoignages concernant la force exceptionnelle dont ont fait usage les forces de l’ordre pour ce « jour de fête ». Cet épisode nous ramène inévitablement en direction du mouvement contre la loi Travail, de son cortège de tête et du dispositif policier qui visait à désamorcer les volontés offensives de ce groupement éclectique. Et si le cortège de tête 1.0 avait fait face, en ce 1er mai 2017, à une nouvelle version du dispositif policier ? 19h17.info

LA RANÇON ET LA RENTE. La récente contamination par le virus « WannaCry » (1) de centaines de milliers d’ordinateurs — dont ceux des hôpitaux britanniques, d’opérateurs télécoms et autres entreprises du monde entier —, ne doit pas être balayée d’un revers de la main comme l’énième arnaque de quelques cybercriminels. Les assaillants ont utilisé des failles découvertes par les agences de sécurité américaines pour assurer leur propres missions de cyberguerre. Dès lors, il n’est plus possible d’ignorer cette réalité dérangeante : la nature de plus en plus féodale du monde de la cybersécurité — que l’on peut résumer par cette alternative : être rançonné ou disparaître —, est une conséquence de l’épuisement des idéaux du capitalisme démocratique sous l’effet de la surveillance permanente. Evgeny Morozov, Le Monde diplomatique

COMPRENDRE QU’AUTORITÉ ET ÉTAT NE FONT QU’UN AVEC PIERRE CLASTRES. Au Comptoir, nous consacrons cette semaine à l’ethnologue Pierre Clastres, né le 17 mai 1934 et disparu il y a 40 ans exactement. Fondateur de la revue « Libre », avec des membres de Socialisme ou barbarie, son travail d’ethnologue l’a amené à séjourner dans de nombreuses sociétés dont, notamment, celle des Indiens guayaki. Sans gouvernement, sans chef (au sens commun que revêt le terme), nomade, et cannibale de surcroît, cette société du Paraguay a longtemps été considérée comme le reliquat d’un monde “primitif” aujourd’hui disparu, qui aurait constitué la première étape de ce que nos sociétés hyper-modernes sont devenues. Pierre Clastres a étudié les Guayaki avec toute l’humilité que n’importe quel ethnologue devrait employer quand il s’agit de saisir l’humanité dans sa diversité. Il a montré que, loin d’être une société où la raison serait secondaire, les Indiens de la forêt tropicale se sont unis en s’imposant les limites nécessaires pour que leur société et l’humanité afférente puissent perdurer : contre l‘autorité. Et si les Guayaki étaient ceux qui nous montraient le chemin pour comprendre notre société et la rendre enfin décente ? Le Comptoir

JE N’INVENTE RIEN, JE REDÉCOUVRE


ÉDOUARD PHILIPPE, BILDERBERG 2016, A ÉTÉ CHOISI COMME 1ER MINISTRE PAR EMMANUEL MACRON, BILDERBERG 2014. Lundi 15 mai : Édouard Philippe est nommé premier ministre par Emmanuel Macron. Du 9 au 12 juin 2016, Édouard Philippe participait à la réunion du Groupe Bilderberg. Le mécanisme du Groupe Bilderberg est le suivant… Chroniques du Yéti

« BÉTON, CROISSANCE ET FINANCES, VOILÀ LE TERREAU IDÉOLOGIQUE » DANS LEQUEL A PUISÉ MACRON. Emmanuel Macron est un personnage remarquable : on ne gravit pas aussi rapidement les échelons de la pyramide du pouvoir si l’on n’est pas doté de qualités exceptionnelles. Et même si la chance a largement joué son rôle – la faillite de François Fillon, la déliquescence plus rapide que prévue du Parti socialiste –, la capacité à s’engouffrer dans les opportunités est un talent que tous n’ont pas. Il ne fait pas de doute que cette énergie ascensionnelle va continuer à se déployer dans les premiers mois de la nouvelle présidence. Hervé Kempf via A l’encontre

« MONSIEUR FLASHBALL » PROMU DIRECTEUR DE CABINET DU PRÉSIDENT MACRON. Toute une jeunesse, en lutte contre la loi El Khomri au printemps dernier, se souvient de la répression orchestrée par l'ex-Préfet de Bretagne qui devient directeur de Cabinet d'Emmanuel Macron. Laurence Mauriaucourt, l’Humanité

QUELLES SERONT LES PREMIÈRES ATTAQUES DE MACRON ? Après avoir détaillé ses actions passées qui nous en disent déjà beaucoup sur ses ambitions, essayons un peu de voir l’avenir. Avoir des dons divinatoires n’est pas réellement nécessaire puisque Macron a déjà donné les grandes lignes de sa future politique. Il a même déjà annoncé quelles réformes contre les prolos il allait lancer en premier. Et au fur et à mesure de ses interviews, on peut voir les détails de ces différents projets de loi qui commencent à se dessiner. Ben Malacki, 19h17.info

ÉTAT D’URGENCE - UN RECUL CONTINU DES LIBERTÉS. Jean Stern est rédacteur en chef de La Chronique d’Amnesty International France. Nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle de l’état d’urgence en France. Avec lui, nous avons abordé les conséquences quotidiennes d’un régime d’exception supposé temporaire et exceptionnel sur nos libertés fondamentales, sur les plus démunis et les militants... Jean Stern via Lundimatin

UN SALAUD SUCCÈDE À UN SALOPARD
ou peut-être bien l’inverse, difficile de savoir…

« Rien ne ressemble plus à des vies ratées que certaines réussites. » Julien Green
SALUT, L’ALCHIMISTE ! et... prestidigitateur ! L’alchimiste élyséen, qui fait ses malles, est parvenu, après de longues années d’études et d’essais, à transformer l’or en plomb. Quelle performance ! À son arrivée au pouvoir, le parti dit « socialiste » était omniprésent et omnipuissant : majorité à l’Assemblée et au Sénat, présidence de la quasi-totalité des régions, de la moitié des départements, de presque toutes les grandes villes de France, etc. Bref, il avait tous les moyens de réaliser une véritable politique économique et sociale de gauche, favorable, enfin, après les années Chirac et Sarkozy, à ses électeurs, en mesure de tenir les promesses de progrès social faites pendant la campagne dudit alchimiste. Mais, avec sa baguette magique, il a peu à peu, de trahisons en trahisons, de renoncement en renoncement, avec la complicité des hiérarques, députés et sénateurs « socialistes », fait disparaitre, un à un, tous ses atouts, laissant derrière lui un champ de ruines, non seulement parce qu’il a ruiné les espoirs et trahi les engagements, mais aussi parce que sa politique a fait le jeu du F-Haine, jamais aussi puissant, encore jamais comme cette année utilisé pour faire bouffer aux Français, du Micron, matin, midi et soir ! Car, le dernier coup de baguette magique, après avoir plombé sa famille politique, n’a-t-il pas été de sortir du chapeau de prestidigitateur, son héritier légitime, la créature qu’il a créée, tel Méphisto ? Montauba, Le Grand Soir

FRÉDÉRIC LORDON, « NOS DISQUES SONT RAYÉS »

MONIQUE PINÇON-CHARLOT : « NOUS SOMMES FACE À UNE CLASSE SOCIALE PUISSANTE ET MOBILISÉE POUR DÉFENDRE SES INTÉRÊTS ». Avec près de trente ans de travaux sur la grande bourgeoisie au compteur, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon sont des références en la matière. Mœurs, éducation, stratégies de préservation des privilèges… Les riches n’ont plus de secrets pour eux ! Après leur départ du CNRS en 2007, les sociologues passent des sciences humaines au militantisme. Ils présentent d’ailleurs cette année leur candidature aux législatives dans les Hauts-de-Seine. À l’occasion de la sortie de leur dernier livre « Les prédateurs au pouvoir » (éditions Textuel), Le Comptoir a contacté Monique Pinçon-Charlot qui a aimablement répondu à ses questions. Élections présidentielles 2017, guerre des classes et reconstitution de la gauche radicale sont au menu de cet entretien. Noé Roland, Le Comptoir

LES PRISONNIERS POLITIQUES PALESTINIENS, AVANT-GARDE D’UNE NATION ENFERMÉE. À l’appel de Marwan Barghouti, près de 1 500 prisonniers politiques palestiniens ont entamé lundi 17 avril une grève de la faim nommée « Liberté et Dignité », pour le respect de leurs droits élémentaires. Alors que le gouvernement israélien prend modèle sur l’ancienne première ministre britannique Margareth Thatcher qui, en 1981, avait préféré laisser mourir dans ses geôles Bobby Sands et ses compagnons d’Irlande du Nord, toute la société palestinienne manifeste sa solidarité aux prisonniers. Isabelle Avran, OrientXXI

CASSER DU CASSOS. Ce genre de nouvelle est tellement banal que personne ne s’arrête dessus deux minutes pour tenter de comprendre exactement de quoi il s’agit. À la limite, c’est le type de chose qui réjouit profondément le travailleur pauvre harcelé et déconsidéré chaque jour dans son turbin ingrat, mal payé et inutile, sauf à lui pourrir la vie et la santé.
Le Monolecte

Marat
« Qu’est-ce qu’un ordre juste ? »

Faites abstraction de toute espèce de violence, et vous trouverez que le seul fondement légitime de la société est le bonheur de ceux qui la composent. Les hommes ne se sont réunis en corps que pour leur intérêt commun ; ils n’ont fait des lois que pour fixer leurs droits respectifs, et ils n’ont établi un gouvernement que pour s’assurer la jouissance de ces droits. S’ils renoncèrent à leur propre vengeance, ce fut pour la remettre au bras public ; s’ils renoncèrent à la liberté naturelle, ce fut pour acquérir la liberté civile ; s’ils renoncèrent à la communauté primitive des biens, ce fut pour en posséder en propre quelque partie.

À la génération qui fit le pacte social, succède la génération qui le confirme ; mais le nombre des membres de l’État change sans cesse. D’ailleurs, lorsqu’on n’a pris aucune mesure pour prévenir l'augmentation des fortunes particulières, par le libre cours laissé à l’ambition, à l’industrie, aux talents, une partie des sujets s’enrichit toujours aux dépens de l’autre, et par l'impuissance de disposer de ses biens en faveur des étrangers qu’au défaut d’héritiers naturels, les richesses doivent bientôt s’accumuler dans un petit nombre de familles.

Il se trouve donc enfin dans l’État une foule de sujets indigents, qui laisseront leur postérité dans la misère. Sur une terre partout couverte des possessions d’autrui et dont ils ne peuvent rien s’approprier, les voilà donc réduits à périr de faim. Or, ne tenant à la société que par ses désavantages, sont-ils obligés d’en respecter les lois ? Non, sans doute ; si la société les abandonne, ils rentrent dans l’état de nature ; et lorsqu’ils revendiquent par la force des droits qu’ils n’ont pu aliéner que pour s’assurer de plus grands avantages, toute autorité qui s’y oppose est tyrannique, et le juge qui les condamne à mort n’est qu’un lâche assassin.

S’il faut que, pour se maintenir, la société les force de respecter l’ordre établi ; avant tout, elle doit les mettre à couvert des tentations du besoin. Elle leur doit donc une subsistance assurée, un vêtement convenable, une protection entière, des secours dans leurs maladies et des soins dans leur vieillesse : car ils ne peuvent renoncer à leur droits naturels, qu’autant que la société leur fait un sort préférable à l’état de nature. Ce n’est donc qu’après avoir rempli de la sorte ses obligations envers tous ses membres, qu’elle a droit de punir ceux qui violent ses lois.

Développons ces principes, en les appliquant à quelques cas particuliers relatifs à un délit fort commun ; délit qui, plus que tout autre, semble attaquer la société, mais dont la punition doit presque toujours révolter la nature. Il n’est aucun délit qu’on ait représenté sous plus d’aspects différents que le vol ; aucun dont on se soit fait de plus fausses idées. Tout vol suppose le droit de propriété : mais d’où dérive ce droit ? L’usurpateur le fonde sur celui du plus fort, comme si la violence pouvait jamais établir un titre sacré. Le possesseur le fonde sur celui de premier occupant : comme si une chose nous fut justement acquise pour avoir mis les premiers la main dessus. l’héritier le fonde sur celui de tester, comme si l’on pouvait disposer en faveur d’un autre de ce qui n’est pas même à soi. Le cultivateur le fonde sur son travail : sans doute le fruit de votre travail vous appartient ; mais la culture exige le sol, et à quel titre vous appropriez-vous un coin de cette terre qui fut donnée en commun à tous ses habitants [1] ? Ne sentez-vous pas que ce n’est que d’après une égale répartition du tout, qu’on pouvait vous assigner votre quote-part ? Encore, après ce partage, n’auriez-vous droit sur le fonds que vous cultivez, qu’autant qu’il est absolument nécessaire à votre existence ? Direz-vous que le nombre des habitants de la Terre changeant sans cesse, ce partage devient impossible ? Mais en est-il moins juste pour en être impraticable ? Le droit de posséder découle de celui de vivre : ainsi tout ce qui est indispensable à notre existence est à nous, et rien de superflu ne saurait nous appartenir légitimement, tandis que d’autres manquent du nécessaire. Voilà le fondement légitime de toute propriété, et dans l’état de société et dans l’état de nature.

Extrait du Plan de législation criminelle, 1780

1. (Note de Marat) Quel que soit l’objet de la possession, les conséquences sont les mêmes ; car les hommes, tous assujettis par la nature aux mêmes besoins, et tous pétris du même limon, apportent tous au monde les mêmes droits : des biens de la terre, chacun ne peut donc avoir en propre que sa quote-part.

« LES MÉDIAS NE SONT PLUS QUE TRÈS ACCESSOIREMENT DES FACTEURS DE L’UTILITÉ PUBLIQUE ». UN ENTRETIEN AVEC ALAIN ACCARDO. « Merdias », « journalopes », « vendus »… Les réseaux sociaux ne sont jamais avares de mots durs envers les journalistes. Pourquoi tant de haine, se demandent ces derniers ? La période qui a précédé les élections présidentielles n'a, de ce point de vue, pas été en reste et la défiance envers les médias a largement été de mise, au fur et à mesure que se multipliaient les unes des magazines consacrées à Emmanuel Macron. Avant le second tour, qui oppose le candidat d'En Marche ! à Marine Le Pen, nous avons donc souhaité nous entretenir avec Alain Accardo, sociologue et maître de conférences à Bordeaux III, afin d'analyser le « système médiatique » à l'œuvre. Ce spécialiste de Pierre Bourdieu vient en effet de faire paraître, dans la collection Cent mille signes des éditions Agone, une réédition d'un de ses textes de 2007, sous le titre « Pour une socioanalyse du journalisme, considéré comme une fraction emblématique de la nouvelle bourgeoisie intellectuelle ». Ludivine Bénard, Vice

UNE CRISE SYSTÉMIQUE QUI PLONGE SES RACINES DANS LES RAPPORTS DE PRODUCTION CAPITALISTES. Une sortie de crise capitaliste ne pourrait être que régressive socialement. Le système n’a plus rien à offrir qui pourrait le légitimer. La question de l’automatisation permet de pointer l’irrationalité du capitalisme. La dite crise de gouvernance à l’échelle internationale se répercute, avec des traits particuliers, dans divers pays. Et quels sont les ressorts des politiques de d’Angela Merkel, de Paolo Gentilloni ou encore de l’Eurogroupe et de la BCE. Entretien avec Michel Husson via Alencontre

« LE TRAÎTRE EST DÉTESTÉ DE CELUI MÊME QU’IL SERT » Tacite. Il a trahi ses électeurs (qui le croyaient de gauche), sa parole et sa signature, son camarade Hamon, son parti. Il a fait campagne contre le vainqueur des Primaires, contre le PS et pour « En Marche ». Il s’apprêtait à entrer chez Macron, pour le trahir un jour, de l’intérieur, quand celui-ci l’a rabroué : « Je n’ai pas ouvert une maison d’hôtes… s’il veut l’investiture il doit en formuler la demande comme les autres… pas de passe-droits… ». Et pour finir : « il ne remplit pas les conditions ». Théophraste R. (Chef du peloton de tir sur les ambulances), Le Grand Soir

ET SI ON FICHAIT UN PEU LA PAIX AU CODE DU TRAVAIL ? Depuis des années on nous rebat les oreilles avec le poids excessif du code du travail (qui ne comprend pas seulement la loi mais aussi toute la jurisprudence correspondante). Et cela ne devrait pas s’améliorer au cours des prochaines semaines avec notre nouveau président. Pourtant ce n’est pas le plus volumineux des codes juridiques français. Et le fait que le code du tourisme soit nettement moins important que lui ne paraît guère étonnant. Guillaume Duval, Alternatives économiques

« Si la cruauté humaine s’est tant exercée contre l’homme,
c’est trop souvent qu’elle s’était fait la main sur les animaux. » Marguerite Yourcenar

MARTIN PAGE : « LES ANIMAUX SONT DES INDIVIDUS ». «.C’est à la souffrance qu’il faut déclarer la guerre, et vous parlez un langage universel lorsque vous criez pitié et justice pour les bêtes.», lança en son temps l’auteur de Germinal. C’est là tout le sens du dernier ouvrage du romancier Martin Page, au titre délicieusement provocateur : Les Animaux ne sont pas comestibles. C’est à ce «.combat.», éminemment politique, qu’il appelle tout en veillant à tendre la main plutôt que d’accabler. On ne saurait, assure-t-il, lutter contre l’exploitation animale en tournant le dos au camp de l’émancipation — il s’agit d’un même élan, qu’il convient d’articuler : en finir avec la sujétion. Si le mouvement animaliste reste minoritaire, Page paraît toutefois des plus sereins : il a tout pour devenir populaire et nul n’arrête un train qui file — tôt ou tard, on ne pourra plus, légalement, se nourrir d’êtres sentients ni les enfermer dans des laboratoires. Ballast

AUX ARMES, CITOYENS ! La Ve République s’est dotée hier de son huitième monarque : un libéral assumé, adversaire déclaré du Code du travail et chantre de la “start-uppisation” de la nation et de l’“ubérisation” sociale. Avec Emmanuel Macron l’ennemi a un nom, un visage, une adresse et il gouverne. Pourtant cette campagne, la plus “what the fuck” de l’histoire, entre affaires, absence de programme et discours creux, a permis à certains d’entre nous d’entrevoir une lueur d’espoir, à travers Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise (FI). Mais, maintenant que la “défaite” à l’élection présidentielle est actée, que faire ? Certains membres de l’équipe du Comptoir ont décidé d’analyser la séquence politique dans laquelle nous nous trouvons. Ils livrent leurs sentiments, entre espoir et désillusion, et tentent de se projeter dans un avenir composé de mouvements sociaux, sans oublier tout à fait les élections législatives qui viennent et peuvent encore nous « rendre ingouvernables ». Le Comptoir

L’ÉCOLE, LA POST-VÉRITÉ ET LES « THÉORIES DU COMPLOT ». Nouveau concept développé par Katharine Viner, éditorialiste au Guardian, la post-vérité serait un fléau apporté principalement par les réseaux sociaux : il n’a jamais été aussi facile de publier des informations mensongères qui sont immédiatement reprises et passent pour des vérités. Mais, en plus, avoir la vérité de son côté ne suffirait plus à persuader parce que le public se laisse guider par l’émotion. Les jeunes ne s’y retrouveraient plus et ne sauraient plus quoi penser. Dans l’enseignement, les formations sur les théories du complot et l’éducation aux médias débarquent en force. Michèle Janss, Skolo

RESPECT DU SUFFRAGE UNIVERSEL : POUR LE MONDE, UNE EXIGENCE À GÉOMÉTRIE VARIABLE ? Dans son édition datée du 11 mai, Le Monde publie un éditorial exigeant – c’est son titre – « un peu de respect pour le suffrage universel ! ». Le quotidien de référence des élites dominantes s’agace en effet de voir certains contester la légitimité du président élu : « c’est un étrange procès qui a été engagé, sans perdre une minute, contre le nouveau chef de l’Etat : il serait un président minoritaire, en dépit des 66% des suffrages qui se sont portés sur son nom ». Et le journal de pointer l’argument de ses adversaires, selon lequel Emmanuel Macron n’a rassemblé, au deuxième tour, que 43,6% des électeurs inscrits. Or, rappelle notre confrère, tous les présidents de la cinquième République – à l’exception de Jacques Chirac en 2002 – furent également élus avec l’assentiment de moins de la moitié des citoyens. Ce qui est incontestable. Ruptures

« COLLABORATEUR, COLLABORATRICE… »

« Une démocratie doit être une fraternité ; sinon, c’est une imposture. » Saint-Exupéry
D’UN PRINTEMPS À L’AUTRE, FAIRE MOUVEMENT ! Quoi qu’on en dise, du printemps 2016 à aujourd’hui, il y a une constante dans la rue : la présence déterminée de la jeunesse. Si la jeunesse n’a bien évidemment pas fait toute seule le mouvement contre la loi Travail, c’est son irruption récurrente, incontrôlable qui a posé la signature singulière de cette lutte. Une fois l’été passé, c’est encore la jeunesse qui a tenté de s’organiser pratiquement à partir d’un constat devenu entre-temps flagrant : l’inanité du spectacle électoral. Lundimatin

LES DANSEUSES DE MACRON  : IL FAUT LE VOIR POUR Y CROIRE

LE POUVOIR S’ACHARNE CONTRE LE JOURNALISTE GASPARD GLANZ. Le journaliste Gaspard Glanz était poursuivi pour "injures publiques" à l’encontre de policiers. Le tribunal de Rennes l’a relaxé au nom de la liberté de la presse. Mais le procureur a décidé de faire appel de cette décision, poursuivant l’acharnement dont est victime notre confrère, qui a aussi collaboré à Reporterre. Voici le communiqué publié le 6 mai par ses avocats… Reporterre

SOYONS CE PEUPLE QUI MANQUE. Les pires choses ont une fin, et celle de la campagne présidentielle ne se paie pas, ou si peu, le luxe du soulagement : seulement du sursis — il ne tient qu’aux têtes dures de transformer ce répit en offensive. C’est d’ailleurs l’objet du présent texte aux allures de manifeste : revivifier la démocratie, ancrer l’émancipation, réveiller l’imaginaire, fabriquer des socialistes, renouer pratique et pensée, bref, écrit l’auteur, cesser de « pétrir la matière politique qu’à seules dates fixes ». Thomas Moreau, Ballast

POURQUOI JE NE HISSERAI PAS UN DRAPEAU ISRAÉLIEN LE JOUR DE L’INDÉPENDANCE. Depuis qu’il flotte dans les territoires occupés, ce drapeau est devenu l’insigne de l’apartheid. Et vous voudriez que je l’affiche ? Comment le pourrais-je ? Non, Alon Ildan, cette fois je ne suivrai pas le conseil que vous me donnez sur la version en hébreu de Haaretz du 28 avril, je ne vais pas « me boucher le nez et hisser le drapeau ». Je ne peux pas le faire. Ce n’est pas seulement parce que ce drapeau a été contaminé au point de devenir méconnaissable au cours des dernières 50 années d’occupation. Mais ce n’est simplement plus mon drapeau. Ce n’est pas que j’en aurais un autre, ce n’est pas le cas. Mais je n’arrive plus à m’identifier avec le drapeau que mon père sortait de l’armoire chaque année pour l’accrocher sur le balcon de notre maison alors que je l’observais fièrement depuis la rue [« jour de l’indépendance », 20 jours après Pessah, la Pâques]. Gideon Levy, Haaretz via Alencontre

LA PLOUTOCRATIE FAIT SON “COMING OUT”

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs
et des traitres n’est pas victimes ! Il est complice. » George Orwell

UN SECOND TOUR DE SOUMISSION
Macron = 66,10% (20 753 798 voix)
Le Pen = 33,90% (10 644 118 voix)
Abstention, blanc et nul  : 25,44% + 6,35% + 2,21% = 34% (16 176 72 voix)

« Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort. Il ne l’est que durant l’élection
des membres du parlement : sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. »
Jean-Jacques Rousseau

UN PREMIER TOUR ABRACADABRANTESQUE
Droite : Macron + Le Pen + Fillon + Hamon + Dupont-Aignan
           + Lassalle + Asselineau + Cheminade = 78,69%
Gauche : Mélenchon + Poutou + Arthaud = 21,31% (autrement dit rien du tout)
Abstention, blanc et nul  : 22,23 + 1,39 + 0,61 = 24,23%

« Ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix
se font une illusion complète. »
Alexis de Tocqueville

UN ENTRETIEN AVEC LA REVUE « BALLAST ». Dans la galaxie bouillonnante de la presse contestataire il est l'un des titres les plus remarquables, de par ses qualités esthétiques, littéraires et intellectuelles. Trimestrielle et longue de plus d'une centaine de pages, la revue Ballast embrasse le monde de son étreinte et évoque tout à la fois un club de football marseillais, la cause animale ou encore Bernie Sanders. Éclectisme des thématiques abordées, donc, mais cohérence du propos sous-jacent : « casser les vases clos », « mêler la pensée et le ras de terre », afin de « faire front, contre les puissants, les biens lotis, les dominants ». Romain Gonzalez, Vice

LA FABRIQUE DES DÉBATS PUBLICS. Un homme officiel est un ventriloque qui parle au nom de l’Etat : il prend une posture officielle — il faudrait décrire la mise en scène de l’officiel —, il parle en faveur et à la place du groupe auquel il s’adresse, il parle pour et à la place de tous, il parle en tant que représentant de l’universel. Pierre Bourdieu

CARTES OBSOLÈTES ET PAYSAGES PEU FAMILIERS. Dans son récent article sur le blog A Matter of Mercy, James Howard Kunstler a comparé l’état d’esprit général aux États-Unis à celui d’un patient souffrant d’une maladie d’Alzheimer. Des thèmes apparaissent aux infos et les porte-paroles des médias de masse deviennent hystériques à leur sujet. Dmitry Orlov via Le Saker

LES DINDONS. Sterne raconte que, dans son pays, on conduit les dindons au marché en revêtant un grand manteau noir surmonté d’un chiffon rouge. Je suppose que les dindons, qui sont par nature un peu myopes, prennent alors leur conduc- teur pour quelque grand et puissant dindon, mieux renseigné qu’eux-mêmes sur les destinées de la race dindonnière. Alain

SPÉCULER SUR LA MORT D’AUTRUI. Holger Munsch, président du bureau criminel fédéral, a qualifié de « forme nouvelle de criminalité » l’attentat par appât du gain perpétré contre le bus du Borussia Dortmund, le 11 avril 2017, qui a blessé un joueur de l’équipe, l’Espagnol Marc Bartra, ainsi qu’un policier, juste avant le match qui devait opposer le club allemand à l’AS Monaco en quart de finale aller de la Ligue des champions. L’auteur présumé a la double nationalité : allemande et russe. Dans la Frankfurter Allgemaine Zeitung du 23 avril, dans le chapô d’un article intitulé Cupidité et crime, on pouvait lire ceci : « Mais aussi dérangeant qu’est cet acte : la cupidité est dans notre ordre économique quelque chose de souhaité. Et alors ? » C’est précisément cet et alors ? qui nous intéresse. Et qui fait l’objet de la contribution ci-dessous de Götz Eisenberg. Le SauteRhin

JACQUES RANCIÈRE : « LE PEUPLE EST UNE CONSTRUCTION ». Nous ignorons qui des deux candidats occupera bientôt le trône. Nous savons seulement qu’il faudra, plus encore que naguère, tenir tête au nouveau pouvoir — qu’il ait le visage d’un Golden Boy, carnassier à temps plein et apôtre de Margaret Thatcher, ou celui d’une héritière, républicaine auto-proclamée escortée de fascistes en cravate. Il fut souvent question du « peuple », le temps de cette campagne ; aux commentaires médiatiques du match de la veille, préférons le temps long : le philosophe Jacques Rancière nous parle, justement, de ce « peuple » qui n’est, à ses yeux, pas la population mais la somme des anonymes en paroles et en actes. Le peuple de la démocratie, mot dont l’auteur de La Méthode de l’égalité tient à nous rappeler tout le tranchant tant que « l’État [sera] gouverné par des drogués du pouvoir et des représentants des intérêts financiers ». Ballast

PAS FACILE LA DÉMOCRATIE. A peine commencé le printemps que c’est déjà l’hiver. Le réchauffement climatique a pris un coup de gel. Je frissonne et je me demande comment je vais résister cinq ans à la froideur politique que nous prépare le deuxième tour de la Présidentielle. La rue ! il ne me reste plus que la rue pour marcher vraiment et faire trembler les cimentiers de tout bord ; oui, la rue pour un troisième tour durable contre ceux qui ont fait de la politique une rente en passant d’un parti à l’autre, en passant d’une alliance à l’autre et qui s’en sortent aujourd’hui avec un front sans rivage dont le mot d’ordre "En marche" n’indique aucun sens. En marche donc, mais en marche vers où ? "Avanti" disait le général italien à ses soldats qui, encore dans la tranchée, s’empressaient de lui répondre "bravo ! bravo ! bravo !" sachant, eux, que la direction indiquée était celle de la mort en quelques secondes. Quoi de plus naturel que de vouloir connaître où nous entraînera tel ou tel bulletin, vers quel mur, vers quel soleil et quoi de plus naturel que de demander à nos élus d’être enfin des délégués au service de nos aspirations les plus urgentes, celles de vivre des jours heureux, sans attendre qu’ils soient des sauveurs suprêmes. Guy Chapouillié, Le Grand Soir

FACE AU CHANTAGE : À PROPOS DU 7 MAI 2017, PAR DIMITRIS ALEXAKIS. “Privé de toute véritable réflexion sur les causes sociales de la montée de l’extrême-droite, cet antiracisme-là (celui de SOS Racisme comme des grandes manifestations unitaires des années 90) n’a jamais été qu’une passoire, qu’un crible ne faisant dans le fond barrage à rien — la preuve en est apportée aujourd’hui de la façon la plus critique et, au vrai, la plus dramatique qui soit”. L’autre quotidien

LE PEUPLE DOIT SE LIBÉRER. Le 23 avril 2017 est une double tragédie : le premier tour des présidentielles a validé le match entre un banquier inexpérimenté, autoritaire et indécent et une mafieuse expérimentée, fascistoïde et démagogue. Peu à peu depuis lors, le scrutin du second tour est en train de se transformer en un grossier référendum “Pour ou contre le système”. Face à un péril électoral imminent, le peuple n’a pas d’autre choix que d’analyser la situation et de reprendre en main toutes les armes dont il dispose. Pour autant, malgré une situation cauchemardesque, il n’existe aucune raison de désespérer de l’avenir, car la partie ne fait que commencer. Noé Roland, Le Comptoir

DE LA PRISE D’OTAGES. « Si ce personnage fameux qui riait de tout vivait dans notre siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza à l’un de ses correspondants. Et sans doute de même en le nôtre. Car c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps au spectacle de choix qui nous est offert – sous la condition tout de même d’avoir le cœur bien accroché, car en réalité ça n’est vraiment pas drôle. Dans le concert pour cymbales et sanibroyeurs qui tympanise le pays entier, il n’est, à quelques exceptions près, pas un instrumentiste qui n’ait une part de responsabilité, politique ou idéologique, dans la situation présente – contre laquelle il jure ses grands dieux être prêt à faire barrage de son corps (si seulement…). Frédéric Lordon

BATTRE LE FN N’EST PAS « FAIRE BARRAGE », C’EST LUTTER CONTRE L’ORIGINE DU MAL. Le “front républicain” est le cache-misère de la lâcheté de ces "hommes-de-gauche" qui ont approuvé ou approuvent les politiques successives de Mitterrand, Jospin et Hollande, et qui soudain, au moment où l'urne apparait, vous somment de voter, cette fois par exemple, pour le candidat de l'extrême banque,. Ces années de mobilisation "pour être utiles" au moment où le FN tire son pénalty, ça suffit. Ce n'est pas un barrage contre le FN qui est nécessaire, c'est de vider le réservoir du barrage, celui des conditions sociales et politiques qui alimentent le FN comme le barrage la turbine. Jacques-Marie Bourget, Gérard Mordillat, Bertrand Rothé et Kevin Victoire Le Grand Soir

LEUR DIRE NON. UNE RÉPONSE AU « VOTEZ MACRON ! ». Christine Angot nous traitera de « salauds » – comme elle l’a fait dans Libération. On aimerait pouvoir lui répondre que les salauds ne sont pas de ce côté. Auprès d’elle, c’est sans doute peine perdue. Mais au-delà, il est possible d’expliquer pourquoi, tout en luttant pied à pied contre le FN, sans relâche et sans concession, ce combat ne passe pas par le vote Macron. Ludivine Bantigny

COUP D’ÉTAT ROYAL EN ARABIE SAOUDITE. Un prince saoudien a besoin de trois sources de pouvoir pour devenir roi. Par ordre d’importance, celles-ci sont les États-Unis, la famille royale et le peuple saoudien, bien que ce dernier forme un troisième acteur éloigné de tout calcul. Cela a été le cas pour tous les rois saoudiens depuis le 14 février 1945, date à laquelle Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi Abdelaziz, fondateur du royaume, sur un destroyer américain dans les eaux du Grand Lac Amer, en Égypte. David Hearst, Middle East Eye

DÉSINTÉRESSONS-NOUS, UNE FOIS POUR TOUTES, DES ÉLECTIONS ! Je comprends l'amertume des protestataires, notamment les déçus du Mélenchonisme, à l'issue du premier tour des élections. Ceci dit, ils ont beau faire et beau dire : il n'y a dans ce vote aucune escroquerie, aucune aberration particulière. Il n'y a eu, en fait, que deux anomalies partidaires, qui ont malheureusement (pour les pouvoirs réels) décomposé le bloc parlementaire central. Ce bloc est composé de la droite et de la gauche classiques. Il soutient depuis quarante ans, voire deux siècles, le déploiement du capitalisme local. Or, le sortant local de la prétendue gauche, Hollande, ne se représentait pas, ce qui a décomposé son parti. D’autre part, la droite classique, à cause des funestes primaires, n’a pas choisi son meilleur vieux cheval : Juppé, mais un bourgeois de province à la triste figure, trop éloigné des délices « sociétaux » du capital moderne. Alain Badiou

2017, LE COUP D’ÉTAT. Une fois de plus, cet article est long. Il est l’avant première d’un livre qui sera publié prochainement. Prenez le temps de le lire tranquillement, mais lisez le. Il révèle comment certains acteurs ont préparé minutieusement ce qu’il faut bien appeler un coup d’État. Il s’agit pour eux de pérenniser, coûte que coûte, la politique engagée par François Hollande. Alors qu’ils se persuadent de servir les desseins heureux de la France, ces putschistes sont en passe de réussir leur ultime objectif, celui de faire perdre à notre pays son libre arbitre, en soumettant son peuple et en violant la démocratie L’heure est grave. Investiga’Action

LETTRE À MES ÉLUS PLEURNICHEURS. Whirlpool délocalise ses sèche-linge de la Picardie vers la Pologne, et les élus amiénois pleurnichent aujourd’hui comme ils ont pleurniché hier sur Goodyear, Magneti-Marelli, Sièges de France, etc. C’est leur politique, pourtant, qui mène à ces désastres en série, leur politique à eux, députés, ministres, qui depuis trente ans se font complices de la débâcle… François Ruffin, Fakir

7 MILITANTS ET MILITANTES ANTI-ÉVASION FISCALE ENTENDUS PAR LA POLICE : LES DÉLINQUANTS SONT LES BANQUIERS, PAS LES CITOYENS ET CITOYENNES ENGAGÉS ! Quel est le délit le plus grave ? Organiser l’évasion fiscale et mentir devant une commission d’enquête parlementaire, ou bien passer une couche de blanc de Meudon sur une vitrine d’agence bancaire ? La réponse des pouvoirs publics semble claire : malgré les révélations des «.Panama Papers.» et les mensonges du DG de Société Générale… Attac France

NON, L’ABSTENTION NE FAVORISE PAS LE FRONT NATIONAL. L’abstention ferait le lit du Front national. Cette antienne médiatique et de certains politiciens ne tient pas l’analyse, selon l’auteur de cette tribune. Qui assure que les partis dits « de gouvernement » sont les premiers responsables des « déterminants » du vote frontiste. Antoine Peillon, Reporterre

NI MACRON, NI LE PEN. Une dizaine de mois après avoir promis de ne plus voter PS, même pour “faire barrage” à la droite ou à l’extrême droite, un collectif de citoyens engagés à gauche milite sur les réseaux sociaux pour l’abstention le 7 mai 2017. Nous publions ici leur tribune. Le Comptoir

L’ÉTAT PROFOND. Quand un président erratique et peu soucieux d’apprendre tout ce qu’il ignore commande la plus puissante armée du monde, mieux vaut que les garde-fous soient nombreux. Or, lorsque M. Donald Trump a ordonné à ses généraux de bombarder la Syrie et d’engager des manœuvres navales en Asie, il a été ovationné par les parlementaires américains, républicains et démocrates, ainsi que par la quasi-totalité des médias, y compris en Europe. Un quotidien national français a même jugé que « les frappes sur la Syrie » avaient eu « quelque chose de libérateur » (1). Serge Halimi, Le Monde diplomatique

FACE AU FRONT NATIONAL : RÉPONSE AUX POMPIERS PYROMANES QUI ONT VOTÉ MACRON. Vous avez voté pour Macron et vous venez nous faire la leçon : il faut faire barrage au Front National. « Faire barrage » : les mots vous évoquent des corps tendus contre l’assaut. Vous vous imaginez en héros de la lutte pour la République. A moi, ils n’évoquent qu’un bête mur de béton qui retient l’eau qui monte. Elle n’en finit pas de monter depuis cinq ans. C’est un fait objectif : jusqu’en 2012, le vote Front National était encore flottant, versatile, contestataire. C’est le quinquennat Hollande, qui est aussi le quinquennat Macron, qui l’a vu s’enraciner. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. L’extrême-droite monte partout dans le monde ; or il n’y a qu’une cause qui s’exerce à l’échelle de la planète et c’est la dictature de la finance dont vous venez de porter au pouvoir le zélé serviteur. Olivier Tonneau

MÉDECINE : COMMENT ÉVITER LA MACRONITE AIGÜE SANS RISQUER LA LEPÉNISATION CÉRÉBRALE ? Bonjour, foule d’électeurs en délire, super militants de la dernière heure, zombis démocrates des tréfonds de Facebouc et de Touiteure ! Alors, aujourd’hui, le docteur Menkevick vous la fait courte, mais sans prendre de pincettes. L’heure est grave, il faut bien le dire, puisqu’une épidémie de macronite aigüe est en train de décimer le pays. Mais qu’est-ce au juste ? Et surtout : en se prémunissant de cette infection très contagieuse, ne risque-t-on pas d’attraper une lepénite chronique, comme certains médecins l’expliquent à la tévé ? Mais nan, allez, courage, tu vas voir, c’est pas si douloureux de se vacciner, et en plus ça aide la sécu. Enfin, presque. Parce que c’est pas gagné… Yovan Menkevick, Reflets.info

Apres avoir voté Insoumis au premier tour, je m'apprête a ne pas suivre la tendance du front républicain au deuxième. Je me vois donc prise dans la tourmente de l'incomprehension, de la pression et de la culpabilisation, voire meme de l'accusation. Je m'explique ici, pour ceux que ça intéresse et qui n'ont toujours pas compris le pourquoi du comment. Cake

CE DÉBAT EST LA CAGE DONT NOUS SOMMES LES OISEAUX. Le dilemme du second tour est une nouvelle manifestation du dogme thatchérien selon lequel il n’est pas d’alternative : avec des modalités différentes, la France de 2017 se retrouve aussi profondément piégée que la Grèce de 2015. L’urgence n’est-elle pas dès lors de faire entendre un discours autre ? (Billet écrit quatre jours après le premier tour, dans l’étonnement de l’absence de réaction sociale à l’alternative passablement monstrueuse qui nous est proposée et dans le sentiment que les termes du débat sont piégés ; que prendre la rue relèverait dans ces circonstances d’un réflexe de survie ; que le principal axe d’une force d’opposition sociale pourrait dans les jours qui viennent consister à marquer que néo-fascisme et néo-libéralisme sont, de façon de plus en plus nette à mesure que nous nous avançons dans les suites de la crise de 2008, les deux faces d’une même monnaie. Dimitris Alexakis

LE BARRAGE ? SANS MOI ET SANS ÉMOIS. Malheur, urgence, désespoir : Marine le Pen est au second tour de cette tragi-comédie burlesque que l’on appelle l’élection présidentielle. Face à Emmanuel Macron. Oui, Marine Le Pen. La fille de Jean Marie. Celle qui a nettoyé la vitrine mais pour y exposer les mêmes produits que son père. Le risque qu’elle accède au pouvoir est grand. Musique d’ambiance et plan au ralenti. Les Chroniques de Paige Palmer

TÉMOIGNAGES : AVALANCHE DE VIOLENCES POLICIÈRES DURANT LA NUIT DU 1ER TOUR À PARIS ET RENNES. De nombreux témoignages s’accumulent sur une « nuit compliquée » avec la police à Paris, après le 1er tour de l’élection présidentielle. D’abord à Bastille, puis en manifestation sauvage et enfin autour du quartier de la place de la République. Journalistes, manifestants et même riverains : tous évoquent un « nouveau niveau de violence et d’intimidation » franchi par les forces de police. Liste non exhaustive de témoignages. Taranis

ON A BIEN RAISON DE DÉTESTER LA POLICE : L’IMPORTANT SCORE DU FN DANS LES CASERNES DE GENDARMES MOBILES ET GARDES RÉPUBLICAINS. Le résultat du 1er tour de l’élection présidentielle montre une nouvelle fois l’attachement des gendarmes au vote Front National. Analyse non-exhaustive des résultats du scrutin de quelques casernes de gendarmes mobiles et gardes républicains. Paris-Luttes.info

APRÈS AVOIR ÉTÉ ÉLU À LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME, L’ARABIE SAOUDITE ÉLUE À LA COMMISSION DES DROITS DES FEMMES DE L’ONU. Malgré le recours actif à la peine de mort et des douzaines d'exécutions publiques, la riche Arabie saoudite est désormais défenseur des droits des femmes à l'ONU, s'indigne l'analyste politique Marwa Osman. RT

LA LIBERTÉ DE LA PRESSE EN PÉRIL. « Point de gouvernement représentatif sans liberté de la presse ». Lorsque, en 1816, dans son pamphlet De La Monarchie Selon La Charte, Chateaubriand traçait ses lignes, il ne se doutait sans doute pas que, deux siècles plus tard, cette leçon serait toujours d'actualité. Car en 2016, la France redécouvre que l'indépendance de la presse, condition absolue d'une authentique liberté de la presse, n'est pas un acquis irréversible. Avec la domination de quelques industriels dans le paysage médiatique, la mise sous surveillance de la presse est redevenue un sujet d'actualité. L'actuelle lutte de la rédaction d'Itélé en est une illustration frappante. Romaric Godin, La Tribune

TÉMOIGNAGES : AVALANCHE DE VIOLENCES POLICIÈRES DURANT LA NUIT DU 1ER TOUR À PARIS ET RENNES. De nombreux témoignages s’accumulent sur une « nuit compliquée » avec la police à Paris, après le 1er tour de l’élection présidentielle. D’abord à Bastille, puis en manifestation sauvage et enfin autour du quartier de la place de la République. Journalistes, manifestants et même riverains : tous évoquent un « nouveau niveau de violence et d’intimidation.» franchi par les forces de police. Liste non exhaustive de témoignages. Tanaris

DES ISRAÉLIENS [sadiques] FONT UN BARBECUE DEVANT UNE PRISON POUR NARGUER LES PALESTINIENS EN GRÈVE DE LA FAIM. Une douzaine d’Israéliens ont organisé un barbecue près d'un checkpoint faisant face à la prison et des soldats israéliens se sont joints à eux pour manger à la vue des détenus palestiniens en grève de la faim. Middle East Eye

EYAL SIVAN : « PARADOXALEMENT, LE BOYCOTT CULTUREL PEUT SAUVER ISRAËL ». « Un boycott légitime », du réalisateur israélien Eyal Sivan et de la productrice française Armelle Laborie, est un ouvrage qui met en avant un aspect mal compris de la campagne de Boycott – Désinvestissement – Sanctions (BDS) : celle des universités et de la culture israélienne. Entretien sans fard sur un sujet particulièrement clivant en France. Julien Le Gros, The Dissident

CE QUI SE CACHE SOUS LA « GUERRE CONTRE LE TERRORISME » EN IRAK. L’offensive pour reprendre Mossoul se poursuit depuis des mois et nul ne peut douter qu’elle aboutira à la défaite de l’organisation de l’État islamique. Mais les civils libérés ont peu de raisons de se réjouir tant leur sort apparait incertain, prisonniers qu’ils sont de l’arbitraire des milices, de l’incompétence du gouvernement irakien, du jeu trouble des acteurs régionaux et internationaux (Iran, Turquie, États-Unis). Peter Harling et Loulouwa Al-Rachid, OrientXXI

FRANCE : VERS LE TRIOMPHE DE LA CASTE DES SURMORTS ? En fait on n’y croyait pas. Naïfs que nous sommes, nous avons réellement pensé un instant que les sondages étaient bidouillés tant il nous paraissait inconcevable que des gens normaux puissent vouloir soutenir le produit Macron®, poulain avéré de la caste des Surmorts, obscène petit commis-voyageur vide et glacé de l’oligarchie apatride. Et puis patatras. Le voilà qui triomphe au premier tour. L’immense opération d’ingénierie sociale lancée pour fabriquer le consentement à sa candidature avait donc fonctionné, prouvant indubitablement que grâce à sa toute puissance financière et à son contrôle quasi total des merdias français désormais, l’oligarchie pouvait se fabriquer un présidentiable sur mesures et surtout l’imposer dans les têtes, les esprits et finalement les urnes. Entrefilets

« QUE DU BLABA, ZÉRO TRACAS… AIMEZ-MOI ». Je ne sais pas encore si – comme beaucoup le prétendent –
la campagne électorale pour le présidentielles de 2017 fut la plus consternante, la plus déconnectée des vrais enjeux économiques, géopolitiques, sociétaux des 50 dernières années : c’est de ma faute, je n’ai pas gardé beaucoup de traces mémorielles de la campagne de George Pompidou en 1969 et de son affrontement au second tour avec Alain Poher. George Pompidou partage certains points communs avec Emmanuel Macron – quoi qu’en légèrement plus gradé – puisqu’il fut successivement l’un des ex-patron de Rothschild et l’ex-1er Ministre de Charles de Gaulle… mais certaines images d’archives en noir et blanc nous permettent de constater que la fréquentation trop prolongée de « l’homme du 18 juin » et auteur de la constitution de 1958 lui avait chamboulé le cerveau et qu’il s’exprimait bizarrement… en tout cas selon nos standards actuels. Chacune des phrases – relativement court et construite – contenait une information, vérifiable et précise, sans logorrhée ni débauche d’adverbe creux ou superflus. Philippe Béchade, Les Econoclastes

LETTRE DE MARWAN BARGHOUTHI. Mesdames et messieurs les parlementaires, chers collègues, chers amis, Si vous recevez cette lettre c’est qu’Israël a décidé de poursuivre sa démarche de punition collective illégale et de provocation à l’encontre des prisonniers palestiniens plutôt que de répondre à leurs demandes légitimes. Cela veut dire que j’ai été encore une fois placé à l’isolement comme mes camarades grévistes de la faim. Pourtant on ne nous fera pas taire ni nous soumettre. Marwan Barghouthi, lundi 24 avril 2017 via UJFP

SINCÈRES EXCUSES AUX LECTEURS DE HAARETZ. J’ai éprouvé de la tristesse à lire dans l’édition en hébreu du Haaretz de mardi que vous aviez décidé de résilier votre abonnement. Je ne vous connais pas, mais vous me manquerez comme lecteurs. Puisque je suis en partie responsable de votre décision, comme l’indique votre article, permettez-moi de vous présenter mes excuses. Vous présenter mes excuses pour avoir dit la vérité toutes ces années. J’aurais dû intégrer le fait que la vérité ne vous était pas acceptable, et agir en conséquence. Gideon Levy, Haaretz via UJFP

COMME UN AIR DE DÉJÀ VU - « JE NE CRAINS PAS LE SUFFRAGE UNIVERSEL. LES GENS VOTERONT COMME ON LEUR DIRA. » Tocqueville. Il ne faut pas se voiler la face, la victoire écrasante du candidat de l'oligarchie européiste et atlantiste, Emmanuel Macron, montre clairement l'étendue du verrouillage complet de l'élection présidentielle française.  Si l'on y réfléchit deux secondes, c'est un véritable hold-up orchestré par le locataire de l'Élysée, les élites dirigeantes et les médias à la botte. Le Vilain Petit Canard

GEORGE ORWELL : « LE SOCIALISME DOIT ÉCARTER LES LIBÉRAUX À LA BOUCHE FLEURIE QUI VEULENT L’ÉCRASEMENT DU FASCISME ». Au lendemain de cette cuite électorale prise au Comptoir (n’est-ce pas) après les résultats au premier tour de l’élection présidentielle 2017, nous essayons de maintenir le cap en continuant à se donner du grain à moudre. Notre cocktail pour se remettre d’aplomb est la reproduction d’un passage issu de la deuxième partie du Quai de Wigan, écrit par George Orwell et publié en 1937. Le Comptoir

MALGRÉ L’ARROGANCE ET LE CHANTAGE, LA DÉSINTÉGRATION EUROPÉENNE EST… EN MARCHE. L’image était terrible. Lors de la soirée électorale du 23 avril, les caméras de France 2 (notamment) ont diffusé pendant d’interminables minutes la traversée de Paris du cortège d’Emmanuel Macron : une flopée de motards, une dizaine de véhicules toutes sirènes hurlantes et gyrophares en bataille. Même le commentateur en direct s’est étonné de ce convoi brûlant tous les feux rouges. Comme une hallucinante caricature de la continuité, et d’arrogance digne de l’Ancien Régime. Pierre Lévy, Ruptures

MACRON OUVRIT LES BRAS ET LA BOURSE MONTA. Je ne sais pas si c’est la perspective de ne pas voir Mélenchon au second tour, ou de savoir que Marine Le Pen va se faire démonter par le « Front Républicain », d’imaginer que François Hollande va enfin se casser ou simplement que Macron est un type fantastique qui va faire avec la France ce que les banquiers ont fait avec l’économie, mais une chose est sûre, le monde merveilleux de la finance a aimé le fait que l’homme au regard bovin et au charisme d’une huître pas fraîche a remporté le premier tour et surtout devrait gagner le second sur une jambe. Thomas Veillet, Investir.ch

PICASSO, LE LIQUIDATEUR. Depuis que Picasso a rompu avec l’art de peindre, la peinture, sinon l’art, ne s’en est pas remise. Certes, la crise ne se réduit pas à Picasso seul, et il est certain que, d’autre part, elle ne concerne pas uniquement le domaine artistique. L’œuvre de Picasso, par sa variété, par son retentissement, par le prestige et les cotes dont elle bénéficie, par le rayonnement de la personnalité de l’artiste lui-même, offre incontestablement, de la révolution dont elle fait partie, l’illustration la plus significative. Roger Caillois

LE NÉOLIBÉRALISME EST UN FASCISME. Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme. Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste. Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. Manuela Cadelli, Le Soir.be

LES TÉLÉS SALUENT LA “VICTOIRE” D’EMMANUEL MACRON (AU PREMIER TOUR). En attendant le résultat du premier tour de la présidentielle, les spéculations fleurissent. « Pour ceux qui ne seront pas qualifiés, la suite sera difficile », prophétise le sondologue de BFMTV, Bernard Sananès. « Il va se passer énormément de choses ce soir », pronostique Louis Laforge sur Franceinfo. « L’issue de ce premier tour est cruciale pour François Fillon », prédit Anna Cabana sur BFMTV. Pour elle, « on a un enjeu au sens dramatique autour de François Fillon ». Au sens dramatique, le taux de participation à midi constitue la première péripétie. « Je suis agacé par les conjectures qui sont faites autour de la mobilisation, s’emporte Eric Brunet. Cela dit, on peut se dire qu’on peut aller vers un scénario… » Samuel Gontier

LE CRIMINEL, C’EST L’ÉLECTEUR ! C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime. Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ? Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries. Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ? Albert Libertad

LE PIRE N’EST PAS NORMAL. Boire une tasse de thé, fumer une clope, faire ma revue de presse quotidienne, écouter de la musique en même temps pour empêcher à ma petite voix intérieure, qui hurle en lisant les infos, de prendre toute la place dans mon cerveau. Refaire une tasse de thé, rallumer une clope, penser qu’il faudrait que j’arrête de fumer, continuer ma revue de presse, ne pas relancer le CD qui vient de se terminer, et laisser ma petite voix intérieure qui hurle prendre toute la place. Ouvrir la fenêtre pour aérer et m’aérer, sentir le fioul provenant des usines de pétrochimie en face et me dire que, de toute façon, si je ne crève pas de la cigarette, je crèverais sûrement à cause des micro-particules. Savoir que c’est une excuse à la con et fumer une clope. Continuer ma revue de presse et me sentir accablée par cette avalanche de merde. Me demander à quel moment l’accablement a pris la place de la colère et surtout à quel moment l’habitude prendra celle de l’accablement. Mouise Bourgeois Presents

EMMANUEL MACRON, UN PUTSCH DU CAC 40. Comment le candidat d’« En marche ! » a été entièrement fabriqué par des médias entre les mains du capital, et pourquoi il est encore temps de résister à ce coup de force. Aude Lancelin,
Le feu à la plaine

ET CETTE FOIS ENCORE, LE PIÈGE DU VOTE UTILE ? Le premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril, opposera onze candidats aux opinions très diverses. Ce pluralisme a été en partie éclipsé par les affaires judiciaires et par la place que les médias ont consacrée au bal incessant des sondages. Néanmoins, la perception de la nature profondément antidémocratique des institutions françaises et européennes gagne les esprits. Mais la traduction en termes électoraux de cette conscience nouvelle risque d’être dévoyée par le piège d’un «.vote utile.» qui choisirait comme opposant à l’extrême droite un adorateur de la mondialisation. Serge Halimi, Le Monde diplomatique

NE VOTEZ PAS ! NI NE CESSEZ DE VOTER. IL Y A DES CHOSES À FAIRE. Si vous pensez encore que, dans des élections démocratiques, se joue quelque chose qui ait ne serait-ce qu’une once d’importance pour les gens, alors cette annonce n’est pas pour vous. Allez-y, votez. Lundimatin

HAMON ET MACRON : LES DEUX REJETONS “BRANCHÉS” ET EUROPÉENS DU “HOLLANDISME”. L’un est donné favori par les sondages (Macron). L’autre risque l’échec cuisant (Hamon). Deux anciens ministres de François Hollande, deux produits du rocardisme, deux européistes convaincus, deux technophiles bienheureux, deux chantres d’une globalisation sympathique, deux “ubérisateurs” en puissance… Pourtant, les commentateurs et les militants (parfois peu scrupuleux) n’ont eu de cesse d’insister sur la sacro-sainte alliance “de gauche” entre le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et le candidat des lambeaux du Parti socialiste, Benoît Hamon. Ces deux-là n’étaient pas loin de croire à leur proximité puisqu’ils ont pensé devoir établir un cocasse “pacte de non-agression” qui, comme souvent avec les choses peu consistantes, aura fait long feu. Adlene Mohammedi, Le Comptoir

LA FARCE PRÉSIDENTIELLE. Nul besoin de connaître son résultat pour affirmer que l’élection présidentielle de 2017 aura ressemblé à une farce. L’introduction d’élections primaires à droite, chez les écologistes et au Parti socialiste (PS), a attesté l’incapacité des partis politiques à faire le choix interne de leurs candidats. Chez Les Républicains (LR), on annonçait depuis des années le succès d’un candidat finalement battu. À l’entrée dans la compétition officielle, pas moins de onze candidats restaient en lice, mais aucun ne convenait à beaucoup d’électeurs, si on les en croit. De manière inédite, les sondages ont bouleversé le scénario pour faire gagner François Fillon, avant que les affaires ne s’en mêlent. Alain Garrigou, Le Monde diplomatique

MACRON : LA FIN DU SYSTÈME DES PARTIS. La déclaration d’Emmanuel Macron, se présentant comme le candidat « anti-système », a surpris les Français, car il avait été nommé secrétaire général adjoint auprès du Président Hollande en 2012, puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Manuel Valls II en 2014. Il n’a d’ailleurs démissionné de cette dernière fonction que pour avoir les mains libres, afin de se présenter à l’élection présiden- tielle. Cette auto-désignation nous dit cependant quelque chose d’important sur l’évolution de la structure politique. Que E..Macron se sépare du régime des partis politiques comme mode de gouvernance du pays est une évidence. Pourtant, cette prise de distance, vis à vis des partis constitués, ne fait pas de lui un candidat anti-système, car le « système » qui se met en place n’est plus celui des partis, mais bien celui d’une gouvernance politique directe des États nationaux par les acteurs économiques dominants et les structures politiques internationales. Jean-Claude Paye, Le Grand Soir

LES FENÊTRES DE L’HISTOIRE. À l’époque dite « démocratique », un système de domination est une créature paradoxale qui, précisément parce que l’époque se veut « démocratique », refuse catégoriquement de se reconnaître comme système. Il suffit pourtant d’un commencement de mise en cause de ses intérêts vitaux pour volatiliser aussitôt sa comédie du déni et le rendre à nouveau manifeste. Le système est d’ailleurs tellement système qu’il ne sort du registre de la dénégation que pour tomber dans celui de l’hystérie. Du moment où, échappant au statut de candidature folklorique, la possibilité de Mélenchon est devenue sérieuse, tous les faux-semblants du maintien démocratique, toutes les contentions de l’objectivité raisonnable se sont instantanément effondrées pour enfin faire voir un vrai visage : unanime et fulminant. Frédéric Lordon

LA POLITIQUE N’EST « QUE LE RÈGNE DE LA FEINTE ET DE LA MANIGANCE ». Dans cet entretien, les deux membres du groupe de Tarnac portent un regard ironique sur la campagne présidentielle, un « cirque qui a assez duré.». Julien Coupat et Mathieu Burnel via Tlaxcala

LES ÉDITORIALISTES, DES TUTEURS DE CHOIX POUR LE LIERRE RAMPANT DES MÉLENCHONISTES. Les éditorialistes ont trouvé les responsables de la “dynamique Mélenchon” : les gens. Incultes, émotifs, irresponsables… Du “lierre rampant” (selon Christophe Barbier) tout juste bon à former des “masses populistes”. « Cette montée de Jean-Luc Mélenchon, c’est des gens qui n’ont pas lu son programme », analyse Roland Cayrol sur BFMTV. « Ce sont des jeunes qui sont allés sur Mélenchon à cause du romantisme, de Che Guevara », précise Jacques Séguéla. « Il est assis sur beaucoup d’électorats qui sont fragiles dans leur participation, comme les jeunes révoltés », confirme Christophe Barbier sur France 5. « La mode est à la mélenchonmania », résume Bruno Jeudy sur BFMTV. Les gens sont vraiment bêtes, ils se font avoir au sentiment. « C’est le candidat du sentiment, décrypte Bruno Roger-Petit. Il sait parler de la caissière qui va passer quarante ans de sa vie sur une chaise, qui va avoir le dos brisé et il va vous dire :“C’est scandaleux.” » Scandaleux, en effet. Je ne vois pas ce que vient faire une caissière dans une élection présidentielle. Samuel Gontier

L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE VUE DE GRÈCE. Même au fin fond de la Crète où je me trouve actuellement, dans l'un des villages où vit une partie de ma famille, je suis étonné de voir autant de personnes me parler de la campagne présidentielle française. Surtout ces derniers jours. Apparemment, le suspens suscite de plus en plus d'intérêt, même parmi ceux qui ne votent pas, et a fortiori parmi les autres. Yannis Youlountas, L’autre quotidien

LA FRANCE, PAYS DE TOUS LES DÉCALAGES… A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, les espoirs, malaises, inquiétudes, interrogations, emballements, énervements sont des sentiments visiblement partagés par une majorité de futurs électeurs. Cette campagne électorale, partie à l’origine pour être ennuyeuse — et encore une fois pliée d’avance entre deux champions PS et LR — s’est vite transformée en épisode de House of Cards, avec des rebondis- sements tels qu’il est aujourd’hui improbable de prédire avec certitude le résultat du premier tour. Reflets.info

PEUT-ON FAIRE CONFIANCE AUX SONDAGES ? Les instituts de sondage sont les premiers gagnants de l’élection présidentielle. Leurs enquêtes se sont imposées au centre du discours médiatique. Elles sont pourtant porteuses d’enjeux politiques et économiques majeurs qui interdisent de les considérer comme de simples sources neutres. Igor Martinache, Amlternatives économiques

VIOLENCE : LA LEUR ET LA NÔTRE. Le 23 mars 2017, Khalid Masood a foncé sur les passants avec sa voiture sur le pont de Westminster à Londres, il a poignardé un officier de police avec un couteau puis il a été abattu. Il a tué quatre personnes dans sa furie, et il a en plus blessé quarante personnes et perturbé la tranquillité d’une grande ville occidentale. Masood, qui est né à Dartford (Kent, Grande-Bretagne), avait des ennuis avec la loi depuis de nombreuses années –.principalement à cause d’actes de violence et de possession d’armes. L’écart entre l’acte de Masood et celui d’un criminel de droit commun est mince. Vijay Prashad, Jadaliyya via LGS

GOOGLE ET FACEBOOK VERSUS #FAKENEWS : DE LA FABRIQUE DE L’INFORMATION VERS LA FABRIQUE D’OPINION ? La chasse aux fake news est un thème en vogue, qui travaille les sphères politiques, mais pas seulement. Ainsi, alors que le sujet « fausse information » n’a toujours pas été traité de façon intelligente, collégiale et réfléchie, Google et Facebook l’ont déjà plié à leurs propres intérêts. Reflets.info

QUEL INTERNATIONALISME ? RENCONTRE LORDON-BESANCENOT. Une rencontre Lordon-Bensancenot sur l’internationalisme : rien qu’à voir l’étiquette, déjà tout le monde salive. Les deux compères sont d’excellents orateurs, d’authentiques penseurs, ils cheminent ensemble dans le territoire d’une gauche radicale exigeante avec juste assez d’écart entre eux pour que leur débat soit à la fois nécessaire et possible. Pour Besancenot, l’internationalisme est la condition de toute politique, et la référence à la nation ouvre toujours le risque d’un repli susceptible de nous priver des contacts avec ce qu’on appelait jadis le « prolétariat », catégorie vaste où l’on pouvait se retrouver par-delà les frontières. Pour Lordon, l’inter-nationalisme ne se conçoit qu’avec un tiret qui reconnaît qu’il faut bien, pour qu’elles interagissent, qu’il y ait des nations, c’est-à-dire des périmètres d’exercice réel de la souveraineté. On voit dès lors où se joue la discussion : sur la question de ce périmètre, celui de ce « nous » à partir duquel peut se bâtir un projet social émancipateur. Ballast

NOS VIES NE RENTRENT PLUS DANS LEURS URNES. « De toutes parts, le même vide politique. Chaque candidat tente de reprendre à son compte les idées de son adversaire, joue la surenchère, hurle plus fort en imaginant certainement que cela contribuera à le rendre plus audible. » Lundimatin

POURQUOI NOUS SOMMES EN GRÈVE DE LA FAIM DANS LES PRISONS D’ISRAËL — PAR MARWAN BARGHOUTI. « Nous devons faire de Marwan Barghouti le Mandela d’aujourd’hui », lança Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières. La comparaison n’est pas rare et les voix abondent, de par le monde, pour exiger la libération du leader palestinien qui, derrière les barreaux, ambitionne pourtant de briguer un jour la présidence. Condamné à perpétuité pour « terrorisme » et emprisonné depuis plus d’une décennie, Barghouti, né en 1959, fut dirigeant de la branche armée du Fatah et joua un rôle important lors des deux intifadas : en 2012, le député appela toutefois, de sa cellule, à une « résistance populaire pacifique » puis condamna la récente « intifada des couteaux ». Le parlement tunisien proposa l’an passé sa candidature au Prix Nobel de la Paix et le journal israélien Haaretz va jusqu’à le décrire comme « l’homme qui pourrait mener son peuple à l’indépendance ». Nous vous proposons, en partenariat avec l’Association France-Palestine Solidarité, la traduction de sa dernière tribune, parue avant-hier dans le New York Times — Marwan Barghouti y explique les raisons du mouvement qui vient d’être lancé par plus de mille prisonniers palestiniens, dont lui : une grève de la faim pour la « longue marche vers la liberté ». Ballast

ERREURS DE COMMUNICATION. Jusqu’au Penelopegate, personne ne soupçonnait qu’il puisse exister un rapport entre la moralité d’un candidat et le contenu de son programme, même si le programme en question consiste à piller le pays de fond en comble. « Quand j’ai voté pour lui à la primaire c’était avant tout pour un projet », souligne Etienne, membre éminent de la normalosphère. « Moi je vote sur un programme. Y a-t-il un autre candidat qui propose de réduire le déficit et la dette de notre pays ? Voter pour un « sympathique candidat » qui financera ses promesses sur le dos des générations futures, n’est-ce pas un peu superficiel comme attitude ? » renchérit Les points sur les i, impatient de voter pour un candidat qui ne promet rien, et ne financera rien. On ne compte pourtant plus ceux qui élection après élection, jurent de nous étrangler à mains nues s’il le faut pour « réduire le déficit et la dette de notre pays », et aboutissent systématiquement au résultat inverse, c’est-à-dire à une explosion sans précédent de ce qu’ils avaient soi-disant entrepris de réduire, ne laissant aux générations futures que leurs yeux pour pleurer. Le vote des « cocus de la primaire » procède donc de la foi au sens strict, décuplée par la force de l’habitude, comme celle de tous les cocus dignes de ce nom. Olivier Foreau, Normalosphere

SI VOUS HÉSITEZ À VOTER MACRON, REGARDEZ ÇA. Calculs : que faire avec les 41 milliards d’euros du pacte de responsabilité et du CICE. Avant toute chose, expliquons la logique du calcul. Dans l’idée de réduire le chômage, nous cherchons à mesurer combien d’emplois la collectivité peut prendre en charge chaque année avec une enveloppe de 41 milliards d’euros. Nous réfléchissons dans l’hypothèse que ces emplois seront payés légèrement au dessus du salaire médian, c’est-à-dire à 1 850 net chaque mois. Osons causer

« IL FAUT FAIRE ÉCLATER LE CONSENSUS RÉPUBLICAIN ». Samuel Hayat est un historien chargé de recherche au CNRS et au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (Ceraps). Il a participé récemment à la rédaction de « Quand les socialistes inventaient l’avenir, 1825-1860 », ouvrage collectif publié chez La Découverte et dirigé par Thomas Bouchet, Vincent Bourdeau, Edward Castleton, Ludovic Frobert et François Jarrige. En 2014, il a publié un ouvrage intitulé « Quand la République était révolutionnaire – Citoyenneté et représentation en 1848 » (Seuil). Pour le premier numéro de La Revue du Comptoir, nous l’avions interrogé sur les idéaux républicains des révolutionnaires de 1848 et sur la manière dont ils pourraient éclairer nos débats actuels. À l’occasion des élections présidentielles, nous publions une version numérique de cet entretien pour qu’il puisse enrichir les discussions sur une VIe République. Samuel Hayat, Le Comptoir

AU NORD DE L’ÉCONOMIE - SE RENDRE INGOUVERNABLE À LA SOCIÉTÉ « COLLABORATIVE ». Nous vous écrivons du nord de la France. Symbole de la désindustrialisation, celui-ci ressemble à d’autres nords, des États-Unis ou d’Angleterre, qui résument et révèlent le point de rupture où se trouve l’économie mondiale. Cette terre de désespoir, de chômage, d’alcoolisme et de votes Front national provoque deux réflexes de survie : la ré-industrialisation et/ou la «.Troisième révolution industrielle.». Qu’importe le chemin, tant qu’on entrevoit un espoir. Passant des corons au coworking, nous nous sommes donnés pour objet d’attaquer dans un même élan le vieux monde industriel et le nouveau monde technologique. Lundimatin

SYRIE : A QUI PROFITE LE CRIME ? Cui bono – « Qui en profite ? » - est la première question qu’un détective expérimenté doit se poser lorsqu’il enquête sur un crime. Comme j’ai été moi-même détective dans ma jeunesse, je sais ce que cela veut dire. La plupart du temps celui qu’on soupçonne de prime abord n’est pas le coupable. Quand on se demande « cui bono ? », un autre suspect, auquel on ne pensait pas, apparaît. Depuis deux semaines, cette question me taraude. Ça ne me quitte pas. Uri Avnery, CounterPunch via LGS

MARINE LE PEN ET LES « OUBLIÉS ». Lorsque l’on observe aujourd’hui le paysage politique français, on est d’abord frappé par l’impression que tout est chamboulé, décousu, disposé d’une manière étrange et inédite. Pour quelqu’un qui aurait hiberné durant le quinquennat de François Hollande, tout paraîtrait méconnaissable, et ce pour plusieurs raisons. Le Vent Se Lève

EN CIBLANT WIKILEAKS, LE DIRECTEUR DE LA CIA DE TRUMP, POMPEO, MENACE EXPRESSÉMENT LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET LA LIBERTÉ DE LA PRESSE. En février, après que Donald Trump ait tweeté que les médias américains étaient « l’ennemi du peuple », les cibles de son insulte ont explosé d’indignation, consacrant une couverture médiatique intense contre ce qu’ils qualifiaient d’agression grave contre la liberté de la presse, digne d’une tyrannie. Par un contraste flagrant et troublant, la réaction des médias hier était beaucoup plus tempérée, et même bienveillante, lorsque le directeur de la CIA de Trump, Michael Pompeo, a effectivement et explicitement promis de cibler la liberté d’expression et la liberté de la presse dans un discours cinglant et menaçant qu’il a prononcé devant le groupe de réflexion Center for Strategic and International Studies (le Centre d’études stratégiques et internationales) à Washington. Glenn Greenwald, The Intercept via LGS

L’HOMME À ABATTRE : MAXIMILIEN ILITCH MÉLENCHON. L’inquiétude gagne les salles de rédaction. La percée remarquable de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, jusqu’à dépasser François Fillon, semble avoir désigné aux grands médias le nouvel homme à abattre. Dans ses éditions des 10, 11 et 12 avril, la grande presse a lancé un tir groupé sur le candidat. Sans le moindre scrupule : on se croirait revenu au XIXe siècle, quand les honnêtes gens, les gens de bien, voulaient en découdre avec la canaille, les rouges,  les gens de rien. Le Vent Se Lève

PRÉSIDENTIELLE 2017 : TOUT SAVOIR (OU PRESQUE) SUR LE PARCOURS DE MACRON. Emmanuel Macron nous est souvent présenté dans les médias comme un homme brillant, un génie ou un philosophe, qui incarnera la rupture avec le quinquennat d’Hollande. Mais lorsqu’on examine son parcours on se rend compte qu’il y a de forte chance qu’il incarne plutôt la continuité. C’est ce qu’on va voir dans cette vidéo

TRUMP : LA PETITE FRAPPE-TWEET ! On parle toujours de « frappes » pour qualifier les bombardements que les pays occidentaux n’ont cessé de multiplier, un peu partout, depuis la fin de la Guerre froide, mais on continue à dire « bombardements » lorsque la Russie et ses alliés ont l’arrogance de faire de même… Pour le coup, c’est bien une « frappe » contre une base aérienne syrienne que le président américain Donald Trump a ordonné dans la nuit du 6 au vendredi 7 avril dernier. Cette décision, qui marque un spectaculaire revirement de la communication trumpienne, intervient deux jours après un « événement » chimique survenu dans la localité de Khan Cheikhoun, aussitôt imputé à l’armée syrienne. A l’aune de cette précipitation de l’homme le plus puissant de la planète qui  tweet plus vite que son ombre, prochetmoyen-orient.ch vous propose cette semaine un Editorient à quatre mains, celles de Richard Labévière puis de Guillaume Berlat. Proche&Moyen-Orient.ch

TOUCHER LE(S) FOND(S). Le 30 Mars 2017, Facebook a annoncé sur son blog une nouvelle fonctionnalité permettant à chacun de "lever des fonds" pour n'importe quel type de "cause". "More Ways to support causes". Cet annonce est signée Naomi Gleit qui est "VP Social Good", dont littéralement Vice-présidente en charge du ... "bien social", de ce qui est ... "bénéfique à la société", du ... "bien-être social" ? Bref, Naomi est en charge du Bien, et c'est bien.  Donc concrètement la possibilité de lever des fonds vous permettra (individus et ONG "non-profit") de ramasser des sous sans passer par ces dangereuses externalités (pour Facebook) que sont les classiques sites de crowdfunding / fundraising. Et là me direz-vous, pourquoi un individu se mettrait-il à aller demander de l'argent sur Facebook ? Et bien pour les raisons suivantes… affordance.info

BANNIR LES SONDAGES. Pas une journée, pas une heure ne passe sans une grêle de sondages : ils s’imposent comme une évidence dans le champ médiatique. Intentions de votes, « candidat le plus convaincant », « personnalités politiques préférées des Français »… Les enquêtes d’opinion fournissent la matière première d’un débat sans idées, le point incontournable de tout bavardage politique où les commentateurs n’aiment rien tant que brasser des pourcentages. Ainsi s’infléchit l’opinion publique. Quand bien même ses défenseurs nous assurent que les sondages ne sont pas des prévisions sur l’avenir, ils sont les premiers à perdre pied lorsque les événements — pourtant nombreux — vont à l’encontre de ce qu’ils annonçaient. Peut-être serait-il temps d’en finir avec ce dispositif, pièce maîtresse de l’idéologie dominante. Léonard Perrin, Ballast

LES FANTASMES DU FIGARO SUR “MAXIMILIEN ILITCH MÉLENCHON”. Tandis que la dynamique Mélenchon est ascendante, voici que la droite et ses chroniqueurs, convulsés par la troisième place qu’il vient de prendre dans les sondages, agitent l’épouvantail d’un candidat de la France insoumise devenu quasiment « bolchévique ». Le but de la manœuvre, redonner un petit coup de dopage à un Fillon anémique en récupérant les transfuges et les hésitants. Claire Manor, RévolutionPermanente

ET LA PEUR DE CHANGER DE CAMP. Comme on le sait, les emmerdes volant toujours en escadrille, après le soutien de sa boursouflure Botul et de toutes les vieilles pantoufles de la caste à pognon, voici venir l’ennemi de la finance Hollandréou appelant à voter Rothschild en stéréo avec l’infâme ennemi des peuples : Schäuble. rue-affre

MACRON, LE SPASME DU SYSTÈME.  « Je vais être très clair »… Probablement ignorant des logiques élémentaires du symptôme, Emmanuel Macron semble ne pas voir combien cette manière répétitive de commencer chacune de ses réponses trahit le désir profond de recouvrement qui anime toute sa campagne. « Entre le flou et le rien, continuez de baigner », voilà ce qu’il faut entendre en fait à chacune de ses promesses de clarté. À sa décharge, on admettra que déférer à l’obligation de parler quand on a surtout l’intention de ne rien dire est l’un de ces fléaux de la « démocratie » contre lequel on n’a pas encore trouvé d’antidote satisfaisant. Frédéric Lordon

OÙ ÉTAIT POMPEO, LE DIRECTEUR DE LA CIA, SUR LA SYRIE ? Au moment où le Président Trump lançait ses frappes de missiles contre le territoire syrien, ni le directeur de la CIA Pompeo, ni d’autres officiels du renseignement n’étaient à la table, ce qui suggère qu’ils ont des doutes quant à la culpabilité de Bachar el-Assad. Un obscur mystère enveloppe la photo publiée par la Maison-Blanche, faisant apparaître le président Trump et une bonne douzaine de ses conseillers, en réunion sur son domaine de Mar-a-Lago après sa décision de lancer des missiles Tomahawk contre la Syrie : Où sont le directeur de la CIA, Mike Pompeo, et les autres hauts représentants des services de renseignement ? Robert Parry, Consortiumnews via Les-Crises.fr

ÉLECTIONS, PIÈGE À CON. Mes chers compatriotes… Hum… Dans une quinzaines de jours, vous serez appelés à élire votre président. Le chef, quoi. Chef absolu. Bien que présentée comme une démocratie, la patrie des droits de l’homme, la maman des lumières, la France constitue un sujet d’étude pour ce qui est de l’impunité des politiques et plus globalement, du système qui la gère, pour son plus grand profit. Oui, chef absolu… Car il peut décider d’envoyer nos troufions mourir où bon lui semble, pour une bonne ou une mauvaise raison. Même pour effacer les traces de ses propres compromissions avec un dictateur. Antoine Champagne, Reflets.info

VERS UNE DISPARITION DU DROIT À LA VIE PRIVÉE POUR LES PERSONNES VISITANT LES ÉTATS-UNIS. Le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, John Kelly, a déclaré au Sénat le 6 avril que les visiteurs européens en provenance de pays bénéficiant d’une dispense de visa seront soumis à des vérifications plus strictes lors de leur arrivée sur le territoire américain. Ruptures

PERCÉE DE MÉLENCHON : LES BANQUIERS PRÉDISENT « UN CATACLYSME » [NdR : ça donnerait presque envie de voter pour lui].  Lu et entendu dans les médias sur « Maximilien Ilitch Mélenchon » (sic) : « un projet dévastateur, coup de massue fiscal, coût faramineux du programme, dépenses publiques, des impôts et de la dette, l’apôtre des dictateurs révolutionnaires (Castro, Chavez), simplifications, falsifications, spectacle du tribun, programme communiste, révolutionnaire communiste, capitaine du cuirassé Potemkine qui finira par négocier la ferraille du Titanic ». Théophraste R., Le Grand Soir

LE COMPLOT DE L’ART (un pseudo artiste, Cyril Hanouna Abraham Poincheval couve actuellement des œufs au Palais de Tokyo musées d’art moderne). Si dans la pornographie ambiante s’est perdue l’illusion du désir, dans l’art contemporain s’est perdu le désir de l’illusion. Dans le porno, rien ne laisse plus à désirer. Après l’orgie et la libération de tous les désirs, nous sommes passés dans le transsexuel, au sens d’une transparence du sexe, dans des signes et des images qui en effacent tout le secret et toute l’ambiguïté. Transsexuel, au sens où ça n’a plus rien à voir avec l’illusion du désir, mais avec l’hyperréalité de l’image. Jean Baudrillard

IMMIGRATION : ON NE PEUT PAS CRÉER TOUTE LA MISÈRE DU MONDE. Le 2 septembre dernier, le petit kurde Aylan est retrouvé mort sur une plage turque. En quelques heures, la photo de son cadavre fait le tour du monde. On pleure dans les chaumières et on assiste à un drôle de concours sur les plateaux de télévision. Politiciens et journalistes s’empressent de verser de chaudes larmes pour nous prouver leur humanité. De quoi vous rendre Bernard Henri Lévy et Brice Hortefeux sympathiques. Ces opportunistes insistent sur l’aspect sensationnel des événements pour mieux les détacher de leurs causes politiques. Les vagues migratoires ne sont pourtant pas des catastrophes naturelles, mais le résultat des décisions stratégiques de nos gouvernements. Jules Panetier, Le poing

NOTE SUR LA SUPPRESSION GÉNÉRALE DES PARTIS POLITIQUES. Le mot parti est pris ici dans la signification qu’il a sur le continent européen. Le même mot dans les pays anglo-saxons désigne une réalité tout autre. Elle a sa racine dans la tradition anglaise et n’est pas transplantable. Un siècle et demi d’expérience le montre assez. Il y a dans les partis anglo-saxons un élément de jeu, de sport, qui ne peut exister que dans une institution d’origine aristocratique ; tout est sérieux dans une institution qui, au départ, est plébéienne. Simone Weil

EN HAUT, LES MURS ; EN BAS (ET À GAUCHE), LES BRÈCHES. Pour nous femmes et hommes des peuples originaires zapatistes, la tempête, la guerre, dure depuis des siècles. Elle est arrivée sur nos terres avec la fumisterie de la civilisation et de la religion dominantes. En ce temps-là, l’épée et la croix ont fait couler le sang des nôtres. Avec le temps, l’épée s’est modernisée et la croix a été détrônée par la religion du capital, mais on a continué à demander notre sang comme offrande au nouveau dieu : l’argent. La voie du jaguard

POURQUOI DEVONS-NOUS RÉSISTER AUX PROVOCATIONS ENVERS LE KREMLIN LANCÉES PAR LES OPPOSANTS DE TRUMP ? Nous proposons ci-dessous en tant que tribune la traduction d’un article de l’universitaire Stephen F. Cohen publié sur le site Internet de l’hebdomadaire américain The Nation (22 février 2017). Il prend un sens supplémentaire après le bombardement américain en Syrie, celui-ci mettant un peu plus à mal la théorie conspirationniste martelée dans les médias dominants selon laquelle Donald Trump serait grosso modo une marionnette de Vladimir Poutine. Ruptures

ERICH MÜHSAM — LA LIBERTÉ DE CHACUN PAR LA LIBERTÉ DE TOUS. « Le pire n’est pas la misère, mais son acceptation », lança cet homme dont il est ici fait le portrait. Erich Mühsam, décrit par l’historien anarchiste Rudolf Rocker comme « un adversaire inébranlable de toute injustice et de toute tyrannie », fut poète et militant : il s’opposa, en tant qu’Allemand, à la Première Guerre mondiale et tenta en vain de fédérer l’ensemble des courants socialistes ; il prit grande part à la révolution de son pays, comme libertaire et communiste ; il se plut, en partisan de « l’ordre de la liberté », à refuser les oppositions aux gros sabots — individu ou collectif, liberté ou égalité — et se méfiait de la passion théorique de trop d’intellectuels radicaux ; il fit, à rebours d’un certain cynisme révolutionnaire (la fameuse fin et les fameux moyens), de la morale une catégorie centrale de la politique ; il s’éleva contre le nazisme naissant et en paya cruellement le tribut. « Le but de mon art est celui-là même auquel s’attache ma vie : Lutte ! Révolution ! Égalité ! Liberté ! » Émile Carme, Ballast

BUTIN DE GUERRE : TRUMP CROULE SOUS LES LOUANGES DES MÉDIAS ET DES DÉMOCRATES. Dans tous les types de gouvernement, rien ne provoque un ralliement derrière le leader de manière plus rapide, irréfléchie ou efficace qu’une guerre. Donald Trump peut constater à quel point c’est vrai, alors que les mêmes dirigeants de l’establishment et des médias US - qui ont passé des mois à le dénoncer comme mentalement instable, un autoritaire inepte et une menace sans précédent pour la démocratie - sont maintenant en train de l’applaudir après avoir largué des bombes sur des cibles du gouvernement syrien. Glenn Greenwald, The Intercept via LGS

POUR LES ANIMAUX L’ENFER EST SUR TERRE. Corine Pelluchon : « La cause animale va dans le sens de l’Histoire ». Le ministère de l’Agriculture a récemment rendu public un rapport prospectif afin d’imaginer quelles seraient nos relations avec les animaux en 20301. L’un des cinq scénarios annonce la disparition quasi-complète de l’élevage : pour des raisons « d’éthique, de durabilité et de santé global », le système alimentaire s’avancera vers le « tout végétal » — 55 % des moins de 30 ans seront alors conscients, et acteurs au quotidien, de ces enjeux. Affaire à suivre, donc… D’ici là, entretenons-nous avec Corine Pelluchon, qui publie, aux éditions Alma, un Manifeste animaliste dont le sous-titre a retenu notre attention : Politiser la cause animale. D’une plume soucieuse du dialogue, l’auteure n’en dénonce pas moins le statut d’esclaves des bêtes dans la Cité et appelle à une révolution : on ne peut plus, à des seules fins gustatives, « tuer un animal qui veut vivre ». La majorité détient les clés ; reste aux forces de s’agrandir, pas à pas, pour en finir avec l’exploitation.« Animalistes de tous les pays, […] unissez- vous ! », lance ainsi la philosophe. Ballast


Arrivées ici, les nouvelles qui ne le sont plus se dissipent…

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