K I O S Q U E N E T
« Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde. » Céline



« Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change,
mais je suis certain qu’il faut que ça change pour que ça aille mieux. »
Lichtenberg



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Pèlerinage à Davos

« Il y a des âmes sales, qui ne sont ni parents,
ni amis, ni citoyens, ni chrétiens, ni peut-être
des hommes : ils ont de l’argent. »
La Bruyère

« La Civilisation d’Europe est une machine à broyer (…) Elle consume les peuples qu’elle envahit, elle extermine ou anéantit les races qui gênent sa marche conquérante. C’est une civilisation de cannibales ; elle opprime les faibles et s’enrichit à leurs dépens. Elle sème partout les jalousies et les haines, elle fait le vide devant elle.


C’est une civilisation scientifique et non humaine. Sa puissance lui vient de ce qu’elle concentre toutes ses forces vers l’unique but de s’enrichir… Sous le nom de patriotisme, elle manque à la parole donnée, elle tend sans honte ses filets, tissus de mensonges, elle dresse de gigantesques et monstrueuses idoles dans les temples élevés au Gain, le dieu qu’elle adore. Nous prophétisons sans aucune hésitation que cela ne durera pas toujours… »
Rabindranath Tagore


Arundhati Roy

La démocratie : un modèle en perte de vitesse

Ce texte est le discours inaugural du festival de littérature de Berlin,
prononcé le 9 septembre 2009



Alors que nous débattons encore pour savoir s’il y a une vie après la mort, je propose que l’on rajoute une nouvelle question à la liste : y a-t-il une vie après la démocratie ? Si oui, de quelle vie s’agit-il ? Par «.démocratie.» j’entends le modèle appliqué, la démocratie occidentale libérale et ses variantes telles qu’elles existent et non pas la démocratie idéalisée ou rêvée. Donc, y a-t-il une vie après la démocratie ?

Lorsqu’on tente de répondre à cette question, on se lance généralement dans des comparaisons entre différents systèmes de gouvernance, pour finir par une défense quelque peu épidermique et agressive de la démocratie. La démocratie a ses défauts, disons-nous. Et aussi qu’elle n’est pas parfaite, mais c’est encore ce que nous avons de mieux à offrir. Inévitablement, quelqu’un dans la pièce dira « vous préféreriez quoi ? l’Afghanistan, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, la Somalie… ? »

Que la démocratie soit une utopie à laquelle toute société « en voie de développement » devrait aspirer ou non est un tout autre débat. (Et je pense qu’elle devrait effectivement y aspirer. Dans sa phase initiale idéaliste, la démocratie peut être assez réjouissante.) La question d’une vie après la démocratie s’adresse à ceux qui vivent déjà dans une démocratie ou dans des pays qui se prétendent des démocraties. Je ne propose pas un retour vers d’anciens modèles discrédités de gouvernance totalitaire ou autoritaire. Je dis que le modèle de démocratie représentative – trop de représentativité et pas assez de démocratie – a besoin d’un réajustement structurel.

En fait, la véritable question est « qu’avons-nous fait de la démocratie.?.» En quoi l’avons-nous transformée.? Que devient-elle à l’usage ? Quand a-t-elle été vidée de sa substance et de sa signification ? Que se passe-t-il lorsque toutes ses institutions se métastasent en quelque chose de dangereux ? Qu’arrivera-t-il maintenant que la démocratie et le libre-marché ont fusionné en un seul organisme prédateur doté d’une imagination qui se résume à l’idée de maximiser les profits ?

Ce processus est-il irréversible ? Lorsqu’une chose a muté, est-il possible de revenir en arrière ? La survie de la planète exige une vision à long terme. Des gouvernements dont la survie dépend d’effets immédiats et mesurables à court terme sont-ils capables d’une telle vision ? Serait-il possible que la démocratie, cette réponse sacrée à nos espoirs et prières immédiats, protectrice de nos libertés individuelles et gardienne de nos rêves les plus égoïstes, se révèle être la dernière carte jouée par la race humaine ? Serait-il possible que la démocratie remporte un tel succès chez les humains modernes justement parce qu’elle est le reflet de la plus grande de nos folies – notre myopie ?

Notre incapacité de vivre totalement dans le présent (comme le font la plupart des animaux), combinée à notre incapacité de prévoir très loin dans l’avenir, fait de nous d’étranges créatures hybrides, ni animaux, ni prophètes. Notre étonnante intelligence semble nous avoir dépouillé de notre instinct de survie. Nous pillons la Terre dans l’espoir que l’accumulation de surplus matériel compensera cette chose profonde et insondable que nous avons perdue. Je mentirais si je prétendais avoir les réponses à toutes ces questions. Mais on dirait bien que l’attrait de la démocratie est en train de faiblir et qu’on ne peut plus compter sur elle pour assurer la justice et la stabilité dont nous rêvions. La suite…


QUAND LES ÉLITES AFFIRMENT QUE
“LES GILETS JAUNES SONT DES ÊTRES SUBSTITUABLES”

« La civilisation a rendu l’homme sinon plus sanguinaire,
en tout cas plus ignoblement que jadis. »
Dostoïevski

Une lectrice de Grozeille a fait l’heureuse rencontre de Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo, transhumaniste convaincu, chroniqueur dans Le Monde, L’Express et influent soutien politique du gouvernement depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Lors d’une conférence destinée aux étudiants VIP de Polytechnique, ce dernier affirme carrément que LES GILETS JAUNES, qu’il appelle « LES INUTILES », sont des êtres intellectuellement inférieurs, incapables de comprendre les enjeux du monde actuel tandis qu’heureusement, les élèves des grandes écoles, « LES DIEUX », sont là pour diriger les masses et les guider vers la raison. Le type est manifestement taré. Cela est d’autant plus inquiétant qu’il dispose d’une influence certaine dans les sphères politique, éducative et médiatique… Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé. De tels discours reflètent la déconnexion totale des « élites », leur mépris de classe et leur paternalisme maladifs. On se doute bien que Macron souscrirait presque…

« Depuis quelque temps, un grand nombre de recherches scientifiques s’efforcent de rendre la vie “artificielle” elle aussi, et de couper le lien qui maintient encore l’homme parmi les enfants de la nature. C’est le même désir d’échapper à l’emprisonnement terrestre qui se manifeste dans les essais de création en éprouvette, dans le vœu de combiner “au microscope le plasma germinal provenant de personnes aux qualités garanties, afin de produire des êtres supérieurs” et de “modifier leurs tailles, formes et fonction” ; et je soupçonne que l’envie d’échapper à la condition humaine expliquerait aussi l’espoir de prolonger la durée de l’existence fort au-delà de cent ans, limite jusqu’ici admise. Cet homme futur, que les savants produiront, nous disent-ils, en un siècle pas davantage, paraît en proie à la révolte contre l’existence humaine telle qu’elle est donnée en cadeau venu de nulle part (laïquement parlant) et qu’il veut pour ainsi dire “échanger contre un ouvrage de ses propres mains” » Hannah Arendt



« La crise est montée d’un cran...
les gilets jaunes envoient leurs blindés... »
François Cusset : « Comparer des voitures brûlées avec
les ravages du néolibéralisme depuis 40 ans est absurde »
Les images de violence « ne résument en rien le mouvement actuel », estime l’historien François Cusset, auteur d’un livre sur « Le déchainement du monde, logique nouvelle de la violence », publié au printemps dernier. Pourtant, nombre de commentateurs indignés tentent bien de réduire la mobilisation des gilets jaunes aux seules images de dégradations et d’affrontements. Et passent sous silence d’autres violences, celles « du temps ordinaire » que décrit l’historien dans son livre : contagion sociale du stress, précarité, violences contre l’environnement, oppressions sexistes… « Jamais le système économique actuel ne s’est autant accommodé de la violence », dit-il. Entretien. La suite…

« toute espèce de préjugé racial est une névrose. » George Orwell
Claude Askolovitch : La défense des juifs, ultime morale
des pouvoirs que leurs peuples désavouent
D’une poignée d’abrutis de fin de semaine est ressuscitée l’infamie antisémite, qui serait la vérité de l’insurrection des ronds-points, dévoilée par trois ivrognes faisant la «.quenelle.» dieudonnesque dans un métro et trente beuglards ayant chanté la même «.quenelle.» devant les marches du Sacré-Cœur, les ivrognes parlant mal à une vieille dame juive indignée de leur crasserie, les beuglards profanant le «.Chant des partisans.», dont l’air volé soutient leur pornographie scandée de «.dans ton cul.». De vomissures, on fait de la politique.

L’indignation est maîtresse de l’heure, et on m’avertit contre ces chemises brunes françaises qui rejoueront l’histoire, toujours la même, de la populace au pogrome, foule lyncheuse de policiers républicains et de juifs à la fois.: «.stop.!.», comme dirait un porte-parole du gouvernement, contempteur de la France des clopes et du diesel, ces svastikas symboliques finement repérées. La suite…


« Le fait de croire que le travail est une vertu est la cause
de grands maux dans le monde moderne. »
Aldous Huxley

Rimbaud : « Travailler maintenant,
jamais, jamais ; je suis en grève. »
Frédéric Thomas récidive : il avait déjà publié Salut et Liberté. Regards croisés sur Saint-Just et Rimbaud chez Aden en 2009 et, comme ne le signale pas son éditeur d’aujourd’hui dans son « Du même auteur », Rimbaud et Marx. Une rencontre surréaliste, à L’Harmattan en 2007. Cette omission est-elle due à la mauvaise réputation de L’Harmattan, dont on sait qu’il donne beaucoup dans le compte d’auteur à peine déguisé ? Ou au fait que cet ouvrage abordait déjà le thème de celui qui paraît aujourd’hui à l’Échappée, soit la rencontre entre Rimbaud et Marx dans la politique surréaliste ? Je ne saurais le dire, d’autant moins que je n’ai pas cet ouvrage sous la main… Quoi qu’il en soit, Rimbaud révolution est un excellent essai dont je ne puis que recommander chaudement la lecture. La suite…


« La société bourgeoise est placée devant un dilemme : ou bien passage
au socialisme ou rechute dans la barbarie. »
Friedrich Engels

Besoin de rupture
Dérrière la démographie, le désespoir social
Préambule : Sur L.G.S, j’avais déjà écrit sur la démographie en 2017, (« derrière la démographie le désespoir social ». Déjà aussi pour alerter sur ce que signifiaient ces indicateurs en termes de tendance. Les données 2018 sont tombées et confirment malheureusement les évolutions précédentes. Ce coup-ci ce n’est plus d’alertes, dont il faut parler, mais appeler à une rupture philosophique et politique dont les « gilets jaunes » sont à la fois l’expression et la matérialisation historique.
Démographie une nouvelle évolution inquiétante : les chiffres de la natalité pour 2018 (I.N.S.E.E) sont tombés pour 2018 et ils ne sont pas bons, ils confirment les tendances à la baisse observés depuis plusieurs années : « En 2018, 758.000 bébés sont nés en France. C’est 12.000 de moins qu’en 2017, et c’est surtout la quatrième année consécutive de baisse. Natalité en berne et en même temps mortalité record : selon le bilan démographique de l’année 2018, publié ce mardi par l’Insee, le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre les nombres de naissances et de décès, n’a jamais été aussi bas depuis la fin de la seconde Guerre mondiale ». La suite…


« Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes
qui vit au sein des élites de la société, ce groupe finit par façonner
pour lui-même tout un système juridique qui légitime le pillage,
et un code moral qui le glorifie. »
Frédéric Bastiat

Chris Hedges : Les « gouvernements privés »
qui assujettissent les travailleurs américains.
Les dictatures d’entreprises – qui privent les employés de leurs droits constitutionnels fondamentaux, y compris la liberté d’expression, et qui comptent de plus en plus sur des employés temporaires ou contractuels qui ne reçoivent ni d’avantages ni la sécurité d’emploi – régissent la vie d’environ 80 % des travailleurs américains. Ces sociétés, relativement peu ou pas suivies du tout, surveillent et contraignent leurs effectifs. Ils effectuent des tests de dépistage de drogues au hasard, imposent des quotas et des objectifs pénalisants, commettent régulièrement des vols de salaire, blessent des travailleurs et refusent ensuite de les indemniser, étouffent les cas de harcèlement sexuel, d’agression et de viol. Ils ont recours au harcèlement managérial, à la manipulation psychologique – y compris la pseudo-science de la psychologie positive – et à l’intimidation pour asseoir leur domination et garantir l’obéissance. Ils licencient des travailleurs pour avoir exprimé des opinions politiques de gauche sur les médias sociaux ou lors d’événements publics en dehors de leurs heures de travail. Ils licencient ceux qui portent plainte ou expriment publiquement des critiques sur leurs conditions de travail. Ils contrecarrent les tentatives d’organisation syndicale, licencient sans ménagement les travailleurs âgés et imposent des clauses contractuelles de « non-concurrence », ce qui signifie qu’en cas de départ, les travailleurs ne pourront pas faire valoir leur expérience et postuler pour d’autres employeurs du même secteur. Près de la moitié des professions techniques exigent désormais que les travailleurs signent des clauses de non-concurrence, et cette pratique s’est étendue aux emplois à bas salaires, notamment dans les salons de coiffure et les restaurants. La suite…



« Le mensonge et la crédulité s’accouplent
et engendrent l’Opinion.
Paul Valéry
Gilets jaunes
la crise médiatique dans la crise démocratique
Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune, un article de Jérôme Latta, journaliste indépendant et cofondateur des Cahiers du football. Ce texte, publié sur son blog, aborde la question de la défiance qui s’exprime vis-à-vis des médias et des réactions médiatiques qu’elle suscite. Un sujet que nous avons évoqué dans un précédent article et sur lequel nous reviendrons. De son point de vue de journaliste, Jérôme Latta repose les termes de cette « crise médiatique » et invite à une « réinvention du travail journalistique », qui passerait notamment par une meilleure prise en compte de la critique des médias (Acrimed).
Le mouvement des gilets jaunes a dirigé une partie de son ressentiment contre les médias d’information. Il a aussi confirmé la responsabilité de ceux-ci dans le marasme démocratique actuel, et conforté la nécessité d’une révolution journalistique.
C’est un des fronts ouverts par les gilets jaunes, pas le moindre. La colère s’est aussi exprimée contre « les médias », sous des formes diverses, pour certaines violentes. « Tournée des médias » lors de l’acte VII du 29 décembre, blocages d’imprimeries et de dépôts de journaux, menaces et agressions contre des journalistes… Les cibles ont été désignées, parfois attaquées. La suite…


« En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute
ceux qui sonnent le tocsin. »
Nicolas Chamfort


Bétail humain ?
Après Clastres et ses sociétés sans état, Scott dans homo domesticus en remet une couche. L’état ? À l’origine un racket de protection mis en œuvre par la bande de voleurs (la mafia, la famille) qui l’a emporté sur les autres. L’état ? Une anomalie et une contrainte, présentant à ses citoyens, les habitants des villes, commerçants et artisans, plus d’inconvénients que d’avantages et n’ayant de raison d’être que l’asservissement de tous à quelques-uns. Un racket qui s’impose d’abord par les armes, hommes de main du potentat local terrorisant le village, puis prend de l’ampleur, du poids, de la rigidité, s’établit dans la durée, installe scribe, paperasse, comptabilité, impôt, enfin la banque et sa presse à billets, qui peut servir aussi à imprimer le journal local à fin de narration de la fable commune, mythologie chaque jour actualisée, ou bien au contraire c’est la presse du journal qui imprime les billets, demandez à Benjamin Franklin. — Asservissement de tous est encore trop faible, n’ayons pas peur de regarder la chose en face, Scott parle de domestication, après la domestication végétale, la domestica-tion animale, la fabrication d’un double terrestre et raté du jardin d’Eden, du jardin à l’ouest de l’Eden, l’homme qui a mangé du fruit défendu s’est mis en tête de domestiquer son propre frère, de le traiter comme il a traité la plante, l’animal, de veiller à sa reproduction, l’exploiter, le traire et le parquer, le marquer à son nom, meurtre symbolique qui dénie à l’autre son humanité. Et là, forcément on se pose la question, d’où sortent ces tyrans ? Sont-ils d’une race plus forte ? Plus intelligente ? Plus entreprenante ? D’où viennent ces fratri-cides, où trouvent-ils cette certitude de leur supériorité ? Dans le ventre de leur mère.? La suite…


« Le bien est voulu, il est le résultat d’un acte,
le mal est permanent. »
Antonin Artaud
Sortir ses griffes face à la fin du monde
Le futur sera catastrophique. Les signes se multiplient en ce sens, les modèles scientifiques, aussi différents soient-ils, convergent vers le même résultat. Les terribles dérèglements climatiques annoncent la fin de l’humanité, si des événements politiques ou guerriers ne les précèdent pas.

Face à cette situation, Pierre-Henri Castel suggère que nous avons au moins une chance : pour une fois, nous pouvons faire l’effort de penser en-dehors de notre présent, et à partir de ce sombre futur. Dans cette optique, son petit livre Le Mal qui vient s’efforce de questionner la nature complètement nouvelle du Mal qui ne manquera pas de s’imposer dans un monde où l’horizon de l’humanité se restreint à celui des survivants. Ce qui ne va pas sans la nécessité de penser à ce que pourrait être un Bien « avec des crocs et des griffes » qui viendrait s’y opposer. L’auteur a bien voulu répondre à nos questions. La suite…


« Personnellement, je n’ai jamais très bien compris ce qu’est
le féminisme. Je sais par contre que les gens me qualifient de
féministe chaque fois que j’exprime une idée qui me différencie
d’un paillasson ou d’une prostituée. »
Rebecqua West
Après #MeToo, tout reste à faire
« Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. » Ce témoignage, publié sur Twitter le 13 octobre 2017 par la journaliste française Sandra Muller avec le hashtag1 #BalanceTonPorc, avait entraîné une avalanche de tweets francophones similaires. Au même moment, l’actrice étasunienne Alyssa Milano encourageait les femmes à s’exprimer sous le hashtag #MeToo, lui aussi repris par de multiples anonymes et célébrités dans le monde. Cela, quelques semaines après la publication par le New York Times et le New Yorker d’enquêtes sur les viols et agressions sexuelles commis par le producteur hollywoodien Harvey Weinstein.

On parle alors de « libération de la parole » et le monde prend conscience de l’ampleur des violences sexuelles. Viols, attouchements forcés, insultes, menaces, ou peur d’y être exposée, dans la rue, à la maison ou au bureau… toutes les femmes sont susceptibles d’y être confrontées un jour ou l’autre. C’est, au pire, un traumatisme, au mieux, un arrière-plan familier de leur, ou plutôt notre, vie quotidienne. La suite…


« Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre,
tel est le sort des imbéciles. »
Georges Bernanos

“La tragédie de l’euro” ou l’incroyable bulle
cognitive dans laquelle l’Europe s’est enfermée
Publié en juin 2018 aux Etats-Unis, "EuroTragedy : un drame en 9 actes" (disponible uniquement en anglais) vient d'être consacré Livre économique de l'année 2019 par l'association des éditeurs américains. En moins de 500 pages, Mody nous raconte notre histoire, celle de l'euro, et de l'aveuglement de nos dirigeants portés par une ambition politique dénuée de tout sens économique. Ashoka Mody n'est pas un économiste hétérodoxe, ancien du FMI et de la Banque Mondiale, proche du Prix Nobel George Akerlof -époux de Janet Yellen, ancienne présidente de la FED- Mody fait intervenir dans son livre une énorme quantifié de références, une succession d'avertissements provenant des plus éminents économistes de la planète, dont de nombreux Prix Nobel. Des avertissements qui n'ont jamais été pris en compte, rejetés par les certitudes franco-allemandes. Alors que l'Europe et l'euro se présentent au monde comme l'émanation de la "raison", Mody détricote les règles qui en sont l'architecture, en démontrant comment cette pensée "super-orthodoxe" qui s'est greffée sur une construction déjà imparfaite, a produit de considérables dégâts sur les pays de la zone euro. Du mandat exclusif de stabilité des prix de la BCE, aux règles budgétaires -les fameux 3%- en passant par les "réformes structurelles", Mody nous raconte comment les européens ont bâti un monde parallèle, une "bulle cognitive" basée sur des règles dépourvues de toute raison économique. La suite…


« Pourquoi certains n’auraient pas tout.? Il y en a qui n’ont rien.
Ça fait l’équilibre. »
Michel Audiard

La France de demain
Nos élites savent pertinemment que les choses ne peuvent continuer ainsi. Un chômage de masse persistant, les services publics essentiels qui disparaissent des campagnes, les hôpitaux publics asphyxiés, un taux de pauvreté en hausse, des inégalités sociales qui explosent et le climat qui bascule pendant que le CAC40 verse des dividendes records. Ceux qui doutaient de l’état déplorable du système viennent, en assistant aux scènes de guérilla urbaine dans les beaux quartiers, de subir une douloureuse piqure de rappel. Les rédactions des médias possédés par des milliardaires voient leurs journalistes insultés dans la rue, agressés ou même lynchés par une foule qui ne supporte plus qu’on vomisse sur elle la propagande des élites destinée à masquer la réalité de la société…
La réalité, c’est six mille arrestations de gilets jaunes pour quelques centaines de condamnations. De la prison ferme pour jet de rillettes sur les forces de l’ordre ou un simple message posté sur Facebook. Des comparutions immédiates dans des tribunaux engorgés, qui se poursuivent jusqu’à six heures du matin. Dix-sept éborgnés, quatre mains arrachées, cent quatre-vingts blessures à la tête, des milliers de blessés et un ministre de l’intérieur interdisant, par ses déclarations, de manifester. La suite…

Vassaux et résistants

À Bruxelles, les États membres se font eux aussi
es porte-voix des lobbys


Venezuela : Qui reconnaît qui ?

Liberté de la presse, de manifester, de l’action syndicale :
l’inquiétante dérive autoritaire de Macron

La croissance de l'économie française en 2018

Entretien avec l’Observatoire toulousain des pratiques policières

Survivre à Marlène Schiappa

Intervention de Simon Assoun pour l’UJFP au meeting unitaire
pour la libération de George Ibrahim Abdallah
La loi « anticasseurs », la perquisition chez Mediapart
et l’hiver démocratique

Danièle Linhart : « Les méthodes de management centrées
sur le “savoir être” des salariés ne sont qu’une application
exacerbée du taylorisme »

Survivre à Marlène Schiappa

L’envoyé de Trump au Venezuela, Elliott Abrams,
est un criminel de guerre qui s’est rendu complice du génocide


Les doutes de la CIA sur le prince héritier saoudien

Marie Laure, enseignante, dont l’enfant vient de perdre un œil,
s’adresse à monsieur Macron

La France est-elle en train d’hypothéquer son stock d’or ?



INFAUX & DÉSINFORMATION
Julian Assange :
Pourquoi j’ai fondé WikiLeaks
Télévision :
un champ de chiens de garde
« Au nom de la démocratie,
votez bien ! »

« Encore un siècle de journalisme et la langue elle-même puera. » Friedrich Nietzsche

QUELQUES ALTERNATIVES AUX MÉDIAS HALLUCINOGÈNES
La Quadrature du net
Le Comptoir
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Le vilain petit canard
Les blogs du Diplo
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OrientXXI
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Proche&Moyen-Orient

Ruptures
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Thinkerview
Tlaxcala
Union Juive Française pour la Paix

LE LIBÉRALISME EST UN FASCISME
Benito Mussolini, qui n’est pas la personne la plus mal placée pour nous donner une définition du fascisme, définit celui-ci en ces termes.: « Le Fascisme devrait plutôt s’appeler Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’État et des pouvoirs du Marché. » Une définition qui s’applique parfaitement à ce que sont nos prétendues Démocraties.

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