K I O S Q U E N E T
« Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde. » Céline



« Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change,
mais je suis certain qu’il faut que ça change pour que ça aille mieux. »
Lichtenberg



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« Je n’ai pas fait que du bien et du beau : j’ai eu ma part de boue ; je l’ai encore ; je l’aurai toujours. Mais je suis malheureux quand cette boue me déborde, et heureux à mourir quand j’attrape un rayon de lumière de la belle humanité. C’est pourquoi je veux lui consacrer toutes mes forces, aider tous ceux qui combattent pour elle. Je ne crois plus à aucun « credo ». Je ne veux plus écouter ce que les hommes disent, mais seulement regarder ce qu’ils font : — Montrez-moi ce que vous pouvez retrancher de votre vie et je vous dirai à quel prix vous estimez la vie des autres. Nous n’échappons à l’avilissement qu’en soudant notre existence à tout ce qui vit. Ce n’est qu’ainsi que nous devenons libres : en sentant tout ce qui fait autour de nous le bien et le mal. »
Panaït Istrati, Vers l’autre flamme

Cléone

Vous allez battre en retraite.
Je suis lutte des classes. Je suis résistante !


- Lettre III -

« Je reprends corps.
Vous allez battre en retraite.
Je suis lutte des classes.
Je suis les trente, les vingt prochaines années.
Je suis le pire cauchemar de vos sociétés de contrôle.
Je suis notre Joker.
Je suis résistante ! »

Je suis Cléone et on ne me rattrapera jamais…
Je suis marronne, je suis le chœur du Bloc.
Je suis le cortège qui bille en tête vous a renversé et vous renversera encore.

Je suis la grève, celle que j’ai foulé il y a des siècles, le corps hagard, rompu et enchaîné, mais vivante. Je suis la fuite, l’échappée. Je suis la rapine, la ruse, l’incendie, le poison, la machette retournée contre vos gorges. Je suis la rumeur des soulèvements du passé parvenue jusqu’à vous. Les mornes, les oasis, les communes, les landes, les friches, les squats sont ma terre. Le monde qui vous survivra est un Quilombo.

Je suis le spectre de la révolution.

Mon esclavage, mon labeur, ma vie vous a nourri, soigné, blanchit et élevé, lavé, éduqué, transporté et diverti. Ma sueur, mon sang, mon sexe vous ont assez enrichis. A mon tour, je veux vous affamer.

Je suis la grève face à vous, la colère partout, ruinée mais déchaînée. Je suis désespoir, joie et fureur. Je suis la pénurie, le blocage, le sabot dans le rouage de la machine, je suis le train arrêté en pleine voie, le piquet de grève, le bateau à quai, l’occupation, l’amoncellement de palettes, de pneus, la barricades de chaises, le fumigène, le bris de verre… je suis l’obscurité du courant coupé.

Je suis lucidité.

Je suis nue ; sans robe noire, sans blouse blanche, sans cartable et sans livre, sans outils et sans arme… Je vous les jette à la gueule. Je suis combattante : danseuse, chanteuse et musicienne aux marches de vos palais, je suis solidarité.

Je suis celle qui t’aide à te relever en pleine embuscade, à t’échapper de la nasse, à revenir ensemble à la charge. Je suis Street Medic.

Je suis réalité.

Je suis le butin, la caisse de grève, le nerf de la guerre. Je suis condition d’existence.

Je reprends corps. Vous allez battre en retraite.

Je suis sans boulot. Exploitée, dépouillée, endettée, édentée, je suis celle qui dort dans sa voiture, qui roupille dans la rue, qui vole dans vos poubelles ; celle qui crève en EPHAD. Je suis votre bilan politique.

Des lustres à ingurgiter vos éléments de langage, vos flux d’images, vos insultes, vos imaginaires, vos dénis, vos trahisons, vos comptages, vos indignations, vos mépris, vos manipulations, vos compassions. Vous êtes nauséabonds.

Je vomis votre pouvoir d’achat, votre Etat de droit, votre rétablissement de l’ordre, votre universel, vos politiques d’égalité, votre épouvantail d’âge pivot, vos coupes budgétaires, vos fonds de pension, vos dividendes, votre PIB, votre société de consommation, votre plastique sur vos produits bio, vos RIO, vos tribunaux, votre Europe, vos privatisations, vos armées, vos pillages, vos saccages, votre morale, votre humanisme, vos humanitaires, vos égouts et vos décharges. Je suis lutte des classes.

Je suis la lutte idéologique même.

Je suis notre rencontre funeste. J’ai trébuché, ployé… Je suis ensanglantée, je suis assassinée. J’ai succombé sous la charge de votre brutalité meurtrière. Je suis l’eau dans les poumons de Steve Maia Caniço dans Nantes insurgée. Au milieu de la cour de la gendarmerie de Persan, je suis l’air qui manque dans les poumons d’Adama Traoré qui vous implore. Je suis le cœur qui cesse de battre de Cédric Chouviat au pieds de la Tour Eiffel. Partout vos genoux sur mon dos, je suis nos morts, je suis votre crime.

Dans les yeux endeuillés des familles : Cléone-Antigone est vérité. Je suis justice.

Je suis le bras fantôme qui ne cessera plus de vous renvoyer vos bombes et vos grenades assassines. Je suis Rémi Fraisse. Je suis Zineb Redouane.

Je suis la mémoire de la main coupée des esclaves en fuite repris par les colons et leurs chiens au nom du Code Noir. Je suis la main arrachée au nom de la République du peuple des ronds-points, monté à Paris pour fracasser vos fétiches de plâtres, piller vos boutiques de luxe et saccager vos immeubles haussmanniens. N’oubliez pas, d’un œil je vous vois encore.

Je souris à vos profilages ; je suis le pire cauchemar de vos sociétés de contrôle. Je suis notre Joker.

Du fin fond de ma geôle, des cales du néolibéralisme, je continue à hacker vos datas. Dans vos conseils au sommet, dans vos CA d’actionnaires, dans vos bureaux, dans vos réunions de crise… Je suis pirate.

Jusque dans vos abattoirs implantés à l’abri des regards, je vous filme. Vous savez que nous savons : nous savons que vous saviez.

L’information est mon Pharmakon, elle me gave, me sidère, m’épuise. Je suis désorientée, tétanisée, lobotomisée. Je voudrais oublier. Ne plus regarder, ne plus entendre l’insupportable, l’inexorable. Je suis folie.

Et l’intranquillité tapie dans mon intimité atomisée rencontre l’écho du soulèvement : ils sont les 1%, je suis les 99%. Je suis l’affrontement inévitable.

Je suis nécessité.

Je suis le marteau de la philosophie du Nous, l’accoucheuse de l’histoire d’un Commun.

Je suis l’éminence de la fin du monde. Je suis les trente, les vingt prochaines années.

Je ne suis pas encore morte et plus tout à fait vivante, je suis zombi.

Je suis les forêts et les arbres, les océans, les rivières, les oiseaux et les insectes, les mammifères et les poissons, je suis l’air, la terre et l’eau… j’agonise. Je suis l’espèce intoxiquée, chassée, massacrée, décimée. Vous êtes DDT, chlordécone, mercure, chlore, glyphosate, nitrite, E120, E129, E150, E250, E407, E621…

Je suis cendres, ruines, déchets. Je suis devenue votre vermine, votre parasite, je suis nuisible.

Vous êtes jetables. Vous puez la mort, le cramé, le roussi.

J’entends ici les craquements des glaciers et des forêts primaires, les hurlements assourdissants des bêtes brûlées vives sous les flammes. Tout flambe autour de moi, je me consume. Tout succombe à grande échelle… Vous êtes des colons, des bourgeois, des nationalistes, des fascistes, des pentecôtistes, des thatchéristes, des impérialistes, vous êtes les terroristes. Vous êtes le cœur radioactif de la centrale incendiaire, je suis immolée sur l’autel du Capitalocène.

Je suis feu de joie. Comme j’ai brûlé vos habitations, je brûlerai vos palais, vos centres commerciaux, vos bourses et vos banques.

Je suis vengeance.

Je suis l’urgence de la révolte, la carte globale des soulèvements, des exils, des replis, des zones à prendre et à défendre pour s’y sauver. Ici, je suis humble, locale, solidaire, là je suis massive, compacte et jusqu’au-boutiste ; partout je suis là pour renverser votre régime de mort. Je suis l’insurrection qui revient des basfonds de la terre, des faubourgs de la Modernité. Je suis damnation.

Je suis la lutte à la vie à la mort. Je suis adresse et prière à Hong Kong, à Beyrouth, à Santiago, à Port-au-Prince, à Alger et Oran, aux 480 districts en grève en Inde, …

Je suis le silence, le cri et la parole contre vos mains au cul, vos coups de poing, vos mains sur nos bouches et vos bites criminelles. Je lance des alertes, des pierres, des conques et des pavés pour me défendre et je garde des minutions pour les bouffons du Flore et de la Closerie des Lilas. A la mémoire des viols que j’ai subis, moi, toi, nous ; nos mères, nos sœurs, nos filles et nos fils des empires et des colonies, du Jardin du Luxembourg, de Megève, de Cannes, de Marrakech ou de Thaïlande, … du confessionnal : le prochain saccage sera celui des vies impunies, de vos genoux fragiles, de vos larynx littéraires. Je suis corps-arme.

Je suis résistante.

Je suis l’archive inconsolée des féminicides. Je suis Zapatiste, Indienne, Argentine, Espagnole… Je suis les noms qui recouvrent les murs de France. Je suis passée depuis des siècles à l’autodéfense – je suis la chronique continue, foisonnante, des résistances sans mythologie ; ma rage est grimoire de sorcellerie, journal intime, manifeste. Je suis déclaration de guerre, puisque guerre il y a.

Je suis le linceul de mes entrailles qui périssent en méditerranée, dans vos checks points de Lybie, dans les déserts, les montagnes, les jungles urbaines, sur les barbelés de vos murs et sous vos fenêtres. Je suis l’hôte de Cédric Herrou, votre mauvaise conscience.

Je suis l’enfant né dans la rue.

Je suis cette puanteur de la vie destituée, exilée, harcelée. Le tremblement des corps apeurés, les gargouillis obscènes des ventres affamés, la crasse des vêtements mouillés, souillés. Je suis la taule, le carton des bidonvilles, le tissu des tentes lacéré dans l’ignominie des expulsions au petit matin. Je suis les regards adressés, les paroles, les histoires, les rires échangés, les vivres partagés autour de nos foyers de fortune. Je suis rencontre.

Je suis le miroir dans lequel se reflète le futur immédiat de nos vies traquées.

Alors, je suis l’offrande de la mémoire des combats remportés hier aux luttes d’aujourd’hui.

Je suis victoire.

Je suis Cléone, je suis violence.




« L’expérience de notre génération : le capitalisme
ne mourra pas de mort naturelle. »
Walter Benjamin
Frédéric Lordon
Contre « la-démocratie »
Quand Agnès Buzyn annonce aux personnels hospitaliers cette formidable innovation dont elle leur fait la grâce : des postes de beds managers, à quoi avons-nous affaire ? Plus exactement à quel type d’humanité ? Car nous sentons bien que la question doit être posée en ces termes. Il faut un certain type pour, après avoir procédé au massacre managérial de l’hôpital, envisager de l’en sortir par une couche supplémentaire de management — le management des beds. Mais bien sûr, avant tout, pour avoir imaginé ramener toute l’épaisseur humaine qui entoure la maladie et le soin à ce genre de coordonnées. Comme tout le reste dans la société.
Mais voilà, de la même manière qu’elle pourrait dire qu’elle n’est pas à vendre, la société aujourd’hui dit qu’elle n’est pas à manager. Et que le retrait de l’âge-pivot qui a si vite donné satisfaction à tous les collaborateurs ne fera pas tout à fait le compte.
Le jet des robes d’avocats, des blouses de médecin, des cartables de profs, des outils des artisans d’art du Mobilier national, mais aussi les danseuses de Garnier, l’orchestre de l’Opéra, le chœur de Radio France, ce sont des merveilles de la politique contre le management des forcenés — génitif subjectif : ici les forcenés ne sont pas ceux qui sont managés mais ceux qui managent (lesquels par ailleurs pensent que les «.forcenés.», les «.fous.», comme tout le reste, sont à manager). De la politique quasi-anthropologique, où l’on voit, par différence, l’essence des forcenés qui managent et, à leur propos, surgir la question vertigineuse : mais qui sont ces gens.? Qu’est-ce que c’est que cette humanité-là.? La suite…




« En politique, ce qui est cru devient
plus important que ce qui est vrai. »
Talleyrand

Macron et ses soutiens :
« Les réseaux sociaux, voilà l’ennemi ! »
Au dictionnaire des idées reçues de l’époque, surtout ne pas oublier de liquider l’espace de débat public des réseaux sociaux dans un tourbillon de lieux communs aussi banals que manipulateurs et liberticides.
Emmanuel Macron, dans ses vœux à la presse du lundi 15 janvier, s’est ainsi livré à un curieux exercice, quelque part entre l’esquive, le lancer de couteaux raté et la danse du ventre.
Le Président dont on connaît les relations difficiles avec la presse – laquelle a pourtant largement contribué à sa prise de pouvoir, qui le lui a bien mal rendu par la suite –, a été pris à parti en préambule de cette rencontre, poliment mais fermement, par Olivier Bost, journaliste à RTL et président de la presse présidentielle, qui a énuméré quelques exemples des menaces dont la liberté de la presse fait l’objet de la part du pouvoir : convocations de journalistes par la DGSI qui travaillaient notamment sur l’utilisation d’armes françaises au Yemen, loi sur le secret des affaires qui fait peser un risque juridique majeur sur la profession au regard notamment de la protection du secret des sources, difficultés rencontrées par la presse pour faire correctement son travail lors des nombreuses manifestations qui émaillent ce quinquennat en raison des réactions parfois violentes et répressives des forces de l’ordre — journalistes professionnels titulaires de leur carte de presse embarqués au commissariat, privés de leurs protections, privés de leur matériel de travail dans le suivi des manifestations, etc. Cette liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut, et il conviendrait notamment d’y ajouter la mise en place d’un «.Conseil de déontologie journalistique et de médiation.» (CDJM) en décembre 2019, sous l’impulsion directe et selon les souhaits du gouvernement, ce qui laisse aisément augurer de son réel niveau d’indépendance et qui le fait davantage ressembler, pour l’heure, à une sorte de Conseil de l’Ordre des journalistes.: du contrôle des «.bonnes pratiques.» à celui de la «.bonne pensée.» courtisane, il n’y a guère qu’un tout petit pas et la France n’est pas le pays du Watergate. La suite…




« Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas
leurs chaînes. »
Rosa Luxembourg
Erich Mühsam
« La liberté de chacun par la liberté de tous »
« Le pire n’est pas la misère, mais son acceptation », lança l’homme dont il est ici fait le portrait. Erich Mühsam, décrit par l’historien anarchiste Rudolf Rocker comme « un adversaire inébranlable de toute injustice et de toute tyrannie », fut poète et militant : il s’opposa, en tant qu’Allemand, à la Première Guerre mondiale et tenta en vain de fédérer l’ensemble des courants socialistes ; il prit grande part à la révolution de son pays, comme libertaire et communiste ; il se plut, en partisan de « l’ordre de la liberté », à refuser les oppositions aux gros sabots — individu ou collectif, liberté ou égalité — et se méfiait de la passion théorique de trop d’intellectuels radicaux ; il fit, à rebours d’un certain cynisme révolutionnaire (la fameuse fin et les fameux moyens), de la morale une catégorie centrale de la politique ; il s’éleva contre le nazisme naissant et en paya cruellement le tribut. « Le but de mon art est celui-là même auquel s’attache ma vie : Lutte ! Révolution ! Égalité ! Liberté ! » La suite…




« Aucune croyance contraire à la vérité
ne peut vraiment être utile. »
John Stuart Mill
Raoul Vaneigem
Tout commence ici et maintenant
Jusqu’à présent le capitalisme n’a vacillé qu’en raison de ses crises de développement interne, de ses flux de croissance et de décroissance. Il a progressé de faillite en faillite. Jamais nous n’avons réussi à le faire tomber, si ce n’est en de très brèves occasions où le peuple a pris en main sa propre destinée.
Ce n’est pas jouer les prophètes que de l’affirmer : nous sommes entrés dans une ère où la conjoncture historique est favorable à l’essor du devenir humain, à la renaissance d’une vie ivre de liberté.
C’en est assez des murs de lamentations ! Trop d’hymnes funèbres minent en sourdine le discours anticapitaliste et lui donnent un arrière-fond de défaite.
Je ne nie pas l’intérêt d’observatoires du désastre. Le répertoire des luttes s’inscrit dans la volonté de briser la mondialisation financière et d’instaurer une internationale du genre humain. Je souhaite seulement que viennent s’y ajouter les avancées expérimentales, les projets de vie, les apports scientifiques dont la poésie individuelle et collective jalonne trop discrètement ses territoires.
Revendiquer les droits de la subjectivité est un acte solitaire et solidaire. Rien n’est plus exaltant que de voir les individus se libérer de leur individualisme comme l’être se libère de l’avoir. Il y faudra du temps ? Sans doute mais apprendre à vivre c’est apprendre à briser la ligne du temps et bannir du présent le retour au passé, où se creusent les abîmes du futur.
Un devenir maintenu au stade fœtal pendant dix mille ans resurgit comme on voit un objet du passé remonter des tréfonds de la terre. La suite…




« Quand l’orgueil chevauche devant,
honte et dommage suivent de près. »
Proverbe
Philippe Tancelin
Pari d’orgueils…  à l’heure de l’humilité
La grève serait « sans issue » et elle devrait « cesser ». L’heure du « compromis » est arrivée et il ne resterait plus que les empêcheurs de tourner sur le manège en marche.

« Le mouvement s’essouffle » au milieu  des gaz lacrymogènes et il n’y aurait plus aux manifestants que les larmes pour pleurer leur défaite.

Comment ne pas prendre ces propos pour insulte, dédain, vis à vis de millions de citoyens opposés à la réforme des retraites, des milliers de travailleurs en grève depuis quarante cinq jours, dont six journées de manifestations nationales et des centaines d’actions ponctuelles, le tout infantilisé, comparé à une cour d’école dissipée mais à l’échelle d’un peuple, c’est-à-dire avec la correction qui s’impose en termes de mutilations et violences multiples.

Si le long épisode de souffrance des « gilets jaunes » a permis de révéler un certain visage du pouvoir, la présente réplique des responsables gouvernants au  mouvement actuel, n’est pas seulement outrageante, elle fait le dangereux pari de la dissuasion par une tactique d’épuisement et d’apeurement.
 La suite…




« En route pour Davos, pour rencontrer les Leaders du monde et des affaires et
ramener des centaines de milliards de dollars aux États-Unis ! Nous sommes
le NUMERO UN dans l’univers, de loin. »
Tweet de Trump de Davos
Les USA livrent une bataille homérique
pour stopper l’intégration eurasienne
Les années folles du XXIe siècle ont commencé en fanfare avec l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani.
Mais un autre big bang nous attend tout au long de la décennie : les innombrables déclinaisons du Nouveau Grand Jeu en Eurasie, qui oppose les États-Unis à la Russie, à la Chine et à l’Iran, les trois principales locomotives de l’intégration eurasienne.
Chaque changement de donne en géopolitique et en géo-économie, au cours de la prochaine décennie, devra être analysé en relation avec ce conflit épique.
L’État profond et certains secteurs cruciaux de la classe dirigeante américaine sont absolument terrifiés par le fait que la Chine dépasse déjà la « nation indispensable » sur le plan économique et que la Russie l’a dépassée sur le plan militaire. Le Pentagone désigne officiellement les trois grands centres eurasiens comme des « menaces ».
Des techniques de guerre hybride – assortis d’une diabolisation intégrée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 – vont proliférer dans le but de contenir la « menace » chinoise, « l’agression » russe et le « parrainage du terrorisme » par l’Iran. Le mythe du «.libre échange.» continuera à se noyer sous une avalanche de sanctions illégales, définies par euphémisme comme de nouvelles «.règles.» commerciales. La suite…


« J’ai connu un roi atteint de démence précoce
dont la folie consistait à se croire roi. »
Francis Picabia
LVMH, Vinci, Total, BNP Paribas, Carrefour…
Ces rois incontestés de la corruption
LVMH : le gigantisme ; Vinci, Eiffage : le pillage des biens communs ; Total : la pollution ; BNP Paribas, Danone : la corruption ; Carrefour : l’inégalité ; Sanofi : l’immoralisme ; Areva : le néo-colonialisme ; Lafarge : la compromission.

L’effondrement approche, mais la course folle pour le profit continue. L’année dernière, les entreprises du CAC40 ont versé 60 milliards de dividendes à leurs actionnaires (un record) : c’est 12 % de plus qu’en 2018 et trois fois plus qu’en 2003. Dans ce contexte, il nous paraît pertinent de nous remettre à l’esprit qui sont réellement les dénommés fleurons de la bourse française. Car pour être une multinationale lucrative, compromission, corruption, déprédation s’exigent. Voici donc ce qu’illustrent de notre système les têtes de file du CAC40. La suite…



« Le pouvoir, telle une ravageuse pestilence,
pollue tout ce qu'il touche.
» Shelley
Anthropocène et enfer climatosceptique :
1,25 milliard d’animaux sur le bûcher ultralibéral
2020 commence comme s’est achevée 2019 : dans les flammes et le sang. L’Amazonie et la Sibérie ont brûlé cet été, à présent c’est au tour de l’Australie, entre changement climatique et départs d’incendies volontaires. Une étude conduite par Ron Milo a récemment mis en évidence que les humains, qui ne représentent que 0,01% de la biomasse, ont détruit 83% des mammifères terrestres. Entre 1970 et 2014, nous avons détruit 60% des espèces vertébrées de notre planète.

Sous l’influence des cultures forgées par des religions anthropocentrées, nous avons détruit la majorité des animaux sauvages pour jouer à Dieu et décider qui vit et qui meurt… Autrement dit : le braconnage, la destruction des forêts et l’élevage. Par conséquent, 60% des mammifères sont du bétail à destination de la consommation humaine, et seulement 4% des animaux sauvages. Nous avons transformé la planète en un désert peuplé de gigantesques abattoirs. Cette terrible réalité empire avec le désastre australien. Et pendant que l’Australie brûle, le gouvernement vend son eau à des investisseurs étrangers. La suite…




« La Terre n’appartient pas à l’homme,
c’est l’homme qui appartient à la Terre.
» Sitting Bull
Une mère sioux et sa fille racontent
une vie de combat aux États-Unis
Née dans une réserve sioux du Dakota Sud, Madonna Thunder Hawk a consacré sa vie à défendre la Terre Mère et les Amérindiens. À 80 ans, elle témoigne de la résilience et de la résistance des peuples autochtones. Un film, Warrior Women, réalisé par Elizabeth Castle et Christina D.King, sorti en France en octobre 2019, retrace ses luttes et la transmission de son engagement à sa fille Marcella Gilbert dite Marcy, offrant une perspective nouvelle de l’histoire vue par les femmes. Reporterre a profité de leur passage en Europe pour les rencontrer.

Reporterre — Pourquoi votre peuple accorde-t-il autant d’importance à la Terre, jusque dans sa spiritualité ?

Marcy — La seule manière de bien l’expliquer, c’est de dire que notre religion est la Terre. Notre histoire de la Création établit clairement nos liens étroits avec les autres « nations » que sont les animaux, l’eau, la terre... Nos prières sont en lien avec la nature. Nos cérémonies intègrent tout ce qui est vivant, y compris notre nourriture. Et nous appartenons à un territoire dont nous sommes une partie constitutive. Il conditionne notre vie… La suite…



« Le racisme, c'est quand ça ne compte pas. Quand ils ne comptent pas.
Quand on peut faire n'importe quoi avec eux, ça ne compte pas,
parce qu'ils ne sont pas comme nous.
» Romain Gary
Macron complice et suppôt des suprémacistes
Entre autres infâmies dont il nous a abreuvés depuis sa prise de pouvoir, chacun se souvient de son odieuse tirade à propos des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien — tirade qui nous indique clairement qu’il regarde certaines catégories de Français comme insignifiantes, ne comptant pour rien. Or il se trouve que sa taxinomie de la population composant notre société correspond très précisément à la définition que l’ency-clopédie Wikipedia donne du suprémacisme.: «.Le supréma-cisme est une idéologie de supériorité et de domination.: elle affirme qu’une certaine catégorie de personnes est supérieure aux autres et doit les dominer ou les asservir, ou est en droit de le faire. La classe de gens supposée supérieure peut être définie par une race, un sexe, une classe, une civilisation, une culture, une langue, une religion ou autre système de croyance… C’est ainsi une notion qui réunit toutes les formes particulières de croyances en la supériorité ou la domination naturelle d’une catégorie d’êtres sur les autres, simplement parce que l’on appartient ou est censé appartenir à cette catégorie, réelle ou supposée. Le suprémacisme se traduit ainsi dans la pratique par l’imposition d’une élite, d’une classe gouvernante et privilégiée par rapport à d’autres milieux ou communautés qui sont discriminés légalement ou factuellement..» CQFD

EMMANUEL MACRON AUX POLICIERS : « MERCI POUR LE COURAGE ET L’EXCEPTIONNEL PROFESSIONNALISME DONT VOUS AVEZ FAIT PREUVE. » Des remerciements largement mérités au regard de la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre voulu par lui et qui a été suivi au-delà de ses plus folles espérances. Les mots d’ordre reçus par les policiers ne se pouvaient plus clairs : « Si vous vous demandez pourquoi vous êtes entrés dans la police, c’est pour un jour comme celui-ci ! (…) Allez-y franchement, n’hésitez pas à percuter. Ça fera réfléchir les suivants » a clamé un haut gradé.

LE LAXISME DE LA JUSTICE DOIT CESSER ! Nous exigeons du parquet de Paris qu’une information judiciaire soit rapidement diligentée à l’encontre du président Macron, de son gouvernement et de La République En Marche pour « participation à un mouvement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Les charges retenues seront la dégradation des réformes sociales et économiques mises en œuvre par le CNR (Conseil national de la Résistance) et l’utilisation des procédés violents exercés à cette fin.

Régis de Castelnau : La justice est-elle instrumentalisée ?


MÉDIACRATIE, PROPAGANDA & INFAUX
« De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur
de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras. »
Frédéric Bastiat

Télé Paris ment,
Télé Paris ment ...
Les retraites dans Le Parisien :
propagande à la Une
Une interview d’Emmanuel Todd
par un journaliste digne de Radio Paris.

INTÉRIEUR
Les violences policières sont toutes des violences illégitimes

« L’abolition de l’esclavage n’a pas mis fin à l’écologie coloniale »

Notre-Dame-des-Landes toujours debout contre
« l’aménagement capitaliste du monde »


Ci-gît l'Etat, tué d'un tir de LBD

Comment vont être calculés vos droits au chômage à partir du 1er avril  ?

Médicaments de plus en plus chers : l’industrie pharmaceutique
ne connaît pas la crise

Extrêmes droites & écologie - Les verts de trop

Déontologie : une fois de plus notre employeur nous donne raison…
Avec un an de retard

EXTÉRIEUR
Irak. « Nous voulons juste qu’ils partent tous » – Le mouvement populaire
irakien s’attaque à l’Etat confessionnel

Gilad Atzmon - Code-Panic : un spectacle d'opposition contrôlée

Trump est-il un « allié secret » de l’ordre multipolaire ?

Turquie : à la conquête du gaz en Méditerranée orientale

Lettre de Rome - La mue muette de la Mafia

Russie : vers l’après-Poutine

XR, Greenpeace et de nombreuses ONG fichées comme terroristes
en puissance par la police britannique

Le Cablegate déclenche le Printemps arabe :
Un effondrement de la politique étrangère des États-Unis

LE LIBÉRALISME EST UN FASCISME
Benito Mussolini, qui n’est pas la personne la plus mal placée pour nous donner une définition du fascisme, définit celui-ci en ces termes.: « Le Fascisme devrait plutôt s’appeler Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’État et des pouvoirs du Marché. » Une définition qui s’applique parfaitement à ce que sont nos prétendues “Démocraties”.


Parution le vendredi en fin de journée - N°524
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