K I O S Q U E N E T
« Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change,
mais je suis certain qu’il faut que ça change pour que ça aille mieux. »
Lichtenberg
Les Clairvoyants
Le Karnet de Rakl
Les Plaisants


« Nous sommes dirigés par des meurtriers ; le monde changera quand les gens
auront compris qu’ils ne tireront jamais rien de ces meurtriers. » Marceline Loridan Ivens


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« La tradition des opprimés nous enseigne que “l’état d’exception” dans lequel nous vivons est la règle. Nous devons parvenir à une conception de l’histoire qui rende compte de cette situation. Nous découvrirons alors que notre tâche consiste à instaurer le véritable état d’excep-tion ; et nous consoliderons ainsi notre position dans la lutte contre le fascisme. »
Walter Benjamin, Sur le concept d’Histoire


Alexandre Grothendiek

Allons-nous continuer la recherche scientifique ?

- Sciences critiques -

Mort en novembre 2014, Alexandre Grothendieck était considéré, par nombre de ses pairs, comme le plus grand mathématicien du XXème siècle. En janvier 1972, il s’interroge sur le sens de la recherche en sciences, sur les effets sur la société, la nature. Il adresse ses questionnements aux physiciens et techniciens du CERN, dans le discours qui suit.

* * *

Je suis très content d’avoir l’occasion de parler au CERN. Pour beaucoup de personnes, dont j’étais, le CERN est une des quelques citadelles, si l’on peut dire, d’une certaine science, en fait d’une science de pointe : la recherche nucléaire. On m’a détrompé. Il paraît qu’au CERN — le Centre Européen de Recherches Nucléaires —, on ne fait pas de recherches nucléaires. Quoi qu’il en soit, je crois que dans l’esprit de beaucoup de gens, le CERN en fait.

La recherche nucléaire est indissolublement associée, pour beaucoup de gens également, à la recherche militaire, aux bombes A et H et, aussi, à une chose dont les inconvénients commencent seulement à apparaître : la prolifération des centrales nucléaires. En fait, l’inquiétude qu’a provoquée depuis la fin de la dernière guerre mondiale la recherche nucléaire s’est un peu effacée à mesure que l’explosion de la bombe A sur Hiroshima et Nagasaki s’éloignait dans le passé. Bien entendu, il y a eu l’accumulation d’armes destructives du type A et H qui maintenait pas mal de personnes dans l’inquiétude. Un phénomène plus récent, c’est la prolifération des centrales nucléaires qui prétend répondre aux besoins croissants en énergie de la société industrielle. Or, on s’est aperçu que cette prolifération avait un certain nombre d’inconvénients, pour employer un euphémisme, « extrêmement sérieux » et que cela posait des problèmes très graves.

Qu’une recherche de pointe soit associée à une véritable menace à la survie de l’humanité, une menace même à la vie tout court sur la planète, ce n’est pas une situation exceptionnelle, c’est une situation qui est de règle. Depuis un ou deux ans que je commence à me poser des questions à ce sujet, je me suis aperçu que, finalement, dans chacune des grandes questions qui actuellement menacent la survie de l’espèce humaine, ces questions ne se poseraient pas sous la forme actuelle, la menace à la survie ne se poserait pas si l’état de notre science était celle de l’an 1900, par exemple. Je ne veux pas dire par là que la seule cause de tous ces maux, de tous ces dangers, ce soit la science. Il y a bien entendu une conjonction de plusieurs choses ; mais la science, l’état actuel de la recherche scientifique, joue certainement un rôle important.
 
Tout d’abord, je pourrais peut-être dire quelques mots personnels. Je suis un mathématicien. J’ai consacré la plus grande partie de mon existence à faire de la recherche mathématique. En ce qui concerne la recherche mathématique, celle que j’ai faite et celle qu’ont faite les collègues avec lesquels j’ai été en contact, elle me semblait très éloignée de toute espèce d’application pratique. Pour cette raison, je me suis senti pendant longtemps particulièrement peu enclin à me poser des questions sur les tenants et les aboutissants, en particulier sur l’impact social, de cette recherche scientifique. Ce n’est qu’à une date assez récente, depuis deux ans, que j’ai commencé comme cela, progressivement, à me poser des questions à ce sujet.

Je suis arrivé ainsi à une position où, depuis un an et demi en fait, j’ai abandonné toute espèce de recherche scientifique. À l’avenir, je n’en ferai que le strict nécessaire pour pouvoir subvenir à mes besoins puisque, jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas d’autre métier que mathématicien. Je sais bien que je ne suis pas le seul à m’être posé ce genre de question. Depuis une année ou deux, et même depuis les derniers mois, de plus en plus de personnes se posent des questions clés à ce sujet. Je suis tout à fait persuadé qu’au CERN également beaucoup de scientifiques et de techniciens commencent à se les poser. En fait, j’en ai rencontré. En outre, moi-même et d’autres connaissons des personnes, au CERN par exemple, qui se font des idées « extrêmement sérieuses » au sujet des applications dites pacifiques de l’énergie nucléaire, mais qui n’osent pas les exprimer publiquement de crainte de perdre leur place. Bien entendu, il ne s’agit pas d’une atmosphère qui serait spéciale au CERN. Je crois que c’est une atmosphère qui prévaut dans la plupart des organismes universitaires ou de recherche, en France, en Europe, et même, dans une certaine mesure, aux États-Unis où les personnes qui prennent le risque d’exprimer ouvertement leurs réserves, même sur un terrain strictement scientifique, sur certains développements scientifiques, sont quand même une infime minorité.

Ainsi, depuis un an ou deux, je me pose des questions. Je ne les pose pas seulement à moi-même. Je les pose aussi à des collègues et, tout particulièrement depuis plusieurs mois, six mois peut-être, je profite de toutes les occasions pour rencontrer des scientifiques, que ce soit dans les discussions publiques comme celle-ci ou en privé, pour soulever ces questions. En particulier : « Pourquoi faisons-nous de la recherche scientifique ?  » Une question qui est pratiquement la même peut-être, à longue échéance du moins, que la question : « Allons-nous continuer la recherche scientifique ?.»

La chose extraordinaire est de voir à quel point mes collègues sont incapables de répondre à cette question. En fait, pour la plupart d’entre eux, cette question est simplement si étrange, si extraordinaire, qu’ils se refusent même de l’envisager. En tout cas, ils hésitent énormément à donner une réponse, quelle qu’elle soit. Lorsqu’on parvient à arracher une réponse dans les discussions publiques ou privées, ce qu’on entend généralement c’est, par ordre de fréquence des réponses : « La recherche scientifique ? J’en fais parce que ça me fait bien plaisir, parce que j’y trouve certaines satisfactions intellectuelles. » Parfois, les gens disent : « Je fais de la recherche scientifique parce qu’il faut bien vivre, parce que je suis payé pour cela. »
 
En ce qui concerne la première motivation, je peux dire que c’était ma motivation principale pendant ma vie de chercheur. Effectivement, la recherche scientifique me faisait bien plaisir et je ne me posais guère de questions au-delà. En fait, si cela me faisait plaisir, c’était en grande partie parce que le consensus social me disait que c’était une activité noble, positive, une activité qui valait la peine d’être entreprise ; sans du tout, d’ailleurs, détailler en quoi elle était positive, noble, etc. Évidemment, l’expérience directe me disait que, avec mes collègues, nous construisions quelque chose, un certain édifice. Il y avait un sentiment de progression qui donnait une certaine sensation d’achèvement… de plénitude disons, et, en même temps, une certaine fascination dans les problèmes qui se posaient.

Mais tout ceci, finalement, ne répond pas à la question : « À quoi sert socialement la recherche scientifique ? » Parce que, si elle n’avait comme but que de procurer du plaisir, disons, à une poignée de mathématiciens ou d’autres scientifiques, sans doute la société hésiterait à y investir des fonds considérables — en mathématiques ils ne sont pas très considérables, mais dans les autres sciences, ils peuvent l’être. La société hésiterait aussi sans doute à payer tribut à ce type d’activité ; tandis qu’elle est assez muette sur des activités qui demandent peut-être autant d’efforts, mais d’un autre type, comme de jouer aux billes ou des choses de ce goût-là. On peut développer à l’extrême certaines facilités, certaines facultés techniques, qu’elles soient intellectuelles, manuelles ou autres, mais pourquoi y a-t-il cette valorisation de la recherche scientifique ? C’est une question qui mérite d’être posée.

 En parlant avec beaucoup de mes collègues, je me suis aperçu au cours de l’année dernière qu’en fait cette satisfaction que les scientifiques sont censés retirer de l’exercice de leur profession chérie, c’est un plaisir… qui n’est pas un plaisir pour tout le monde ! Je me suis aperçu avec stupéfaction que pour la plupart des scientifiques, la recherche scientifique était ressentie comme une contrainte, comme une servitude. Faire de la recherche scientifique, c’est une question de vie ou de mort en tant que membre considéré de la communauté scientifique. La recherche scientifique est un impératif pour obtenir un emploi, lorsqu’on s’est engagé dans cette voie sans savoir d’ailleurs très bien à quoi elle correspondait. Une fois qu’on a son boulot, c’est un impératif pour arriver à monter en grade. Une fois qu’on est monté en grade, à supposer même qu’on soit arrivé au grade supérieur, c’est un impératif pour être considéré comme étant dans la course. On s’attend à ce que vous produisiez. La suite…




« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous
regardent les étoiles. »
Oscar Wilde
Adeline Baldacchino
Kenneth Rexroth, l’anarchiste érotico-mystique
On oublie parfois ce que fut l’Amérique littéraire et révolutionnaire durant la première moitié du XXe siècle : un lieu d’effervescence idéaliste, un creuset de culture libertaire où s’inventait la modernité. À Chicago, dans les années 1920, on aurait ainsi pu croiser un drôle de gaillard érudit, à la voix râpeuse et traînante, aux lectures incongrues, qui avait connu Alexandre Berkman, Emma Goldman et Eugène Debs (soit la fine fleur de l’anarchisme et du syndicalisme), qui fréquentait les clubs de jazz aussi bien que le milieu interlope des gangsters et des prostituées, apprenait le yoga tantrique, fondait un groupe dadaïste et s’apprêtait à partir en cargo vers l’Europe. Une dizaine d’années plus tard, c’est à San Francisco qu’on le retrouve, animant un cercle anarchiste, écrivant de la poésie érotique, rédigeant des essais sur le communalisme utopique entre deux traductions de haïkus japonais, tout en organisant les lectures où s’imposeraient bientôt les voix de la génération beat. Il n’aima ni la guerre ni les dogmes et prétendit moins changer le monde que l’apprivoiser — curieux incurable, optimiste tragique, individualiste solidaire, cet oxymore vivant méritait bien un portrait. La suite…




« L’œil ne voit que ce que l’esprit est prêt à entendre. » Bergson
Jacques Rancière
Les fous et les sages
Réflexions sur la fin de la présidence Trump

Après l’assaut du Capitole, on peut s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les voient comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui «.décryptent.» l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.
Il est facile de se moquer des errements de Donald Trump et de s’indigner de la violence de ses fanatiques. Mais le déchaînement de l’irrationalité la plus pure au cœur du processus électoral du pays le mieux formé à gérer les alternances du système représentatif nous pose aussi des questions sur le monde que nous partageons avec lui : un monde que nous pensions être celui de la pensée rationnelle et de la démocratie paisible. Et la première question est bien sûr : comment peut-on mettre tant d’acharnement à ne pas reconnaître les faits les mieux attestés et comment cet acharnement peut-il se trouver aussi largement partagé ou soutenu ? La suite…



« Le plus grand ennui c'est d'exister sans vivre. » Victor Hugo
Le Pouvoir de l’Ennui
(et la pratique de l’émeute comme divertissement)
« L’ennui est un instrument de contrôle social. Le pouvoir est le pouvoir d’imposer l’ennui, de déclencher la stase [...] l’immobilité ». Saül Bellow, Le don de Humboldt, 1978

Avant les fêtes on a beaucoup glosé sur l’émeute (ses sujets, sa prétendue professionalisation, son incompatibilité avec l’état de droit, entre autres). « On » a oublié de la traiter par un bout non-négligeable : une révolte contre l’ennui. C’est ce que fait ce texte. Mais à partir d’une certaine définition de l’ennui, comme instrument de contrôle social.
Afin de masquer son absolue nullité, le pouvoir exécutif cherche, ostensiblement, à exercer la force de sa brutalité : confiner, faire taire, assigner à résidence, produire l’ennui coûte que coûte.
Le harcèlement policier pour faire respecter le confinement est comparable à la brutalité du maître-chien qui jouit de son pouvoir. Il s’apparente à une forme de dressage : « Pas bouger compris ! ». Comme si l’exécutif désirait mesurer la crainte qu’il inspire à travers l’ennui qu’il est capable d’infliger et de faire respecter : « Partez travailler et rentrer chez vous à 18h vous coucher ! ». La suite…


« Un actionnaire, c’est-à-dire un homme bénéficiant
de l’action des autres. »
Robert Sabatier
Pandémie et crise du capitalisme
En dehors de la comptabilité macabre, le confinement et la crise économique restent les principaux problèmes de la pandémie qui se propage en 2020. Cette crise sanitaire débouche vers une situation sociale désastreuse. Face au flux de discours et à la confusion généralisée, une analyse d'ensemble doit permettre de mieux comprendre une situation complexe.
La crise de 2020 est liée à un arrêt de l’économie capitaliste. Le manque de moyens médicaux dans les hôpitaux présage une mortalité importante. Les gouvernements décident donc un arrêt de nombreux secteurs économiques. Cette politique s’accompagne d’un plan massif de soutien financier aux entreprises et d’aides aux salariés. La dernière crise économique, en 2008, débouche vers un effondrement du système financier. Le capitalisme semble sérieusement menacé, avant d’être sauvé par les Etats. Néanmoins, ces deux crises semblent différentes dans leurs origines mais aussi leurs conséquences.
Il semble important de dresser une analyse globale de cette crise économique. Panique boursière, effondrement du prix du pétrole, arrêt du crédit, réduction de la consommation, abandon de l’austérité budgétaire : ces phénomènes ne doivent pas être observés séparément. Des mutations dans les comportements s’observent avec la numérisation du travail et la limitation des mobilités internationales. Le phénomène du capitalisme de plateforme sort renforcé. L’économiste Robert Boyer propose un panorama de la situation liée à la crise sanitaire dans son livre Les capitalismes à l’épreuve de la pandémie. La suite…




« Hegel remarque quelque part que tous les grands faits et les grands
personnages de l’histoire universelle adviennent pour ainsi dire
deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie,
la seconde fois comme farce. »
Karl Marx
André Gunthert
Les images du Capitole, signe d’égarement
Moins de 48 heures après l’occupation du Capitole par des militants suprémacistes, l’iconographie a déjà changé. Le bilan très lourd des violences a convaincu les rédactions que l’interruption du comptage des grands électeurs, officialisation de la victoire de Joe Biden, ne relevait pas du simple baroud d’honneur. Les photos chargées de synthétiser cette nouvelle vision montrent désormais une foule vociférante envahissant le bâtiment (photo Roberto Schmidt, Le Monde).

Mais dans la soirée du 6 janvier, alors que les télévisions et les réseaux sociaux diffusent les premiers témoignages d’un événement aux contours encore indistincts, les images les plus visibles sont celles des déguisements d’activistes égarés dans le faste du Congrès américain. Un petit groupe débonnaire et grotesque pose pour l’objectif de Saul Loeb, réuni autour du militant conspirationniste Jake Angeli, dont le torse nu tatoué et le bonnet de fourrure à cornes deviennent instantanément l’icône de la première réception de l’événement. Rapidement moquée et détournée sous forme de mèmes, cette photo est associée par dérision au film La Nuit au musée (Shawn Levy, 2006), au film Idiocracy (Mike Judge, 2006) ou encore au groupe pop Village People. La suite…




« On appelle aujourd’hui “crise ” ce moment où médecins, diplomates,
banquiers et ingénieurs sociaux de tous bords prennent la situation
en main et où des libertés sont supprimées. Les nations, comme
les malades, connaissent des crises. »
Ivan Illich
Alastair Crooke
Fin du mandat de Trump : une épiphanie américaine
La couverture du TINA (il n’y a pas d’alternative) étalée sur la planète se déchire. Le tissu craque aux coutures. Maintenant que les tribunaux américains ont abdiqué leur rôle dans le jugement des procès liés aux élections du 3 novembre, il semble que le président Trump ait fait un dernier effort pour changer le cours des événements avant le 20 janvier (jour de l’entrée en fonction du nouveau président).

Que va-t-il se passer ? Eh bien, l’Amérique républicaine – à tort ou à raison – considère que le 20 janvier pourrait être « la fin de la route » pour elle. Huit républicains sur dix pensent que l’élection a été volée ; que la course cruciale au Sénat de Géorgie sera probablement « volée » elle aussi ; que la destruction des PME par les confinements était une stratégie préméditée pour consolider les oligarques du Big Business ; et qu’en fin de compte, les Américains républicains seront confrontés à une « annihilation » à travers un « totalitarisme mou » orchestré par Big Tech. Telle est leur perspective – leur révélation, leur épiphanie. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est sombre. La suite…


« Un peuple instruit est un peuple ingouvernable. » Adolphe Thiers
Pascal Maillard
Universités : le temps de désobéir est venu
Face au danger grave et éminent qui menace les étudiants, Pascal Maillard, professeur agrégé à la Faculté des Lettres de l’université de Strasbourg et blogueur de longue date du Club Mediapart considère que « l’impréparation du Ministère de l’enseignement et de la Recherche est criminelle ». Il appelle tous ses collègues à donner leurs cours de Travaux Dirigés à l'Université, même si pour cela il faut « boycotter les rectorats.».!
C’est comme si l’on sortait d’une longue sidération avec un masque grimaçant au visage. D’un cauchemar qui nous avait enfoncé dans une nuit de plus en plus noire, de plus en plus froide, sans issue. Et puis d'un coup, les étudiants craquent et, on se dit, Mais bon sang, c’est vrai, c’est inhumain ce qu’on leur fait vivre ! Nous abandonnons notre jeunesse, notre avenir, en leur apprenant à vivre comme des zombies.
Depuis le début de la crise sanitaire, ils sont désocialisés, sans perspectives autres que d’être collés à des écrans. Une vie numérique, les yeux éclatés, le corps en vrac et le cœur en suspens. Le mois de décembre avait pourtant redonné un peu d’espoir, Emmanuel Macron parlait de réouvrir les Universités, de ne plus les sacrifier. Et puis, pchitt ! plus rien. Les fêtes sont passées et le discours du 7 janvier du Premier ministre n’a même pas évoqué la question de l’enseignement supérieur. Un mépris intégral ! La suite…


« Chaque civilisation a les ordures qu’elle mérite. » Georges Duhamel
Sébastien Fontenelle
Macron, Maurras, Pétain
Le 23 décembre 2020, L’Express publie une très longue interview du chef de l’État français, dans laquelle celui-ci « se livre », explique l’hebdomadaire, « de façon inédite ».

Il y tient, surtout, des propos spécialement odieux.
Il faut, pour en mesurer la portée, resituer cet entretien dans une chronologie particulière.
Elle commence quelques mois après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, lorsque son gouvernement annonce son intention de « célébrer » en 2018, et « au nom de la nation », les cent cinquante ans de la naissance de Charles Maurras.
Inventeur du « nationalisme intégral » et chantre de l’«.antisémitisme d’État », celui-ci se félicitait dans son journal – L’Action française –, en octobre 1940, de ce qu’« un très heureux concours de circonstances » ait « fait que le statut des Juifs » promulgué par le régime de Vichy soit venu « coïncider avec la mise sous séquestre et par suite la confiscation probable d’un certain nombre de capitaux appartenant à de grands Juifs fugitifs ». La suite…





« Que le tyran règne ou son ministre, des soldats mercenaires sont toujours
les défenseurs de leurs personnes exécrables, les exécuteurs aveugles
et cruels de leurs volontés absolues.
» Vittorio Alfieri
Les sociétés militaires privées,
le mercenariat 2.0 
Secrètes et redoutables, parfois même terriblement intrigantes, les entreprises militaires et de sécurité privées bouleversent l’échiquier géopolitique dans les zones de conflits. Elles alimentent en masse ce que l’on appelle dorénavant « la guerre par procuration ».
De ces nébuleuses que sont les sociétés militaires privées, on ne sait pas grand-chose. Nationalités ? L’Américaine Blackwater, la Russe Wagner, la Britannique Aegis Defence Services ou encore la Française Amarante International.
Fonctions ? Prestations de services militaires et de sécurité (terrestres, aériens, maritimes) pour des États, des entreprises privées ou encore des ONG.
Modèle économique ? Plusieurs centaines de milliards de dollars générées en participant à divers conflits armés.
Et enfin, domaines d’activités ? Opérations spéciales et sécurité des personnes et des biens ; expertise et conseil militaire ; collecte de renseignements et formation du personnel de sécurité ; soutien technique, technologique et logistique dans les zones de conflits.
Ces dernières décennies, les zones de conflits dans les quatre coins du monde sont devenues le théâtre d’opération pour des Sociétés militaires privées (SMP) en plein essor. Rien qu’en Afghanistan, le nombre de militaires privés américains a augmenté de plus de 65 % depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, selon un examen du Pentagone datant du début de l’année 2019. La suite…

RESTE ENCORE 16 MOIS À ENDURER CETTE ÉQUIPE DE DANGEREUX BRANQUIGNOLS.Le 17 mars confinement de la population, quel effet positif ? Le 11 mai masque dans les transports, quel effet positif ? Le 1er août masque à l’extérieur, quel effet positif ? Le 26 septembre tous les lieux de convivialité et de culture sont fermés, quel effet positif ? Le 30 octobre reconfinement, quel effet positif ? Le 15 décembre couvre-feu, quel effet positif ? Le 16 janvier 2021 le couvre-feu passe de 20h. à 18h. afin d’éviter l’« effet apéro », dixit Stanislas Guerini, député de Paris et porte-parole du groupe LREM. — Ils sont bien plus terrifiant que le virus, il faut absolument faire dégager ces branquignols avant 2022.


MÉDIACRATIE, PROPAGANDA & INFAUX
 
« La liberté de la presse n’est pas la liberté de dire ce qui plaît au pouvoir,
mais ce qui peut lui déplaire. »
Paul-Louis Courier

La rédaction de Science et Vie
en lutte contre Reworld Media
Censure : bruit de bottes
sur les réseaux sociaux – et les USA

MACRONISTAN
Les politiques de santé publiques ne doivent pas être confiées
à des cabinets privés

Mali. Les militaires français attaquent un mariage : 19 morts

Scandale : pourquoi la France n’a pas son vaccin ?

McKinsey touche 2 millions d’euros par mois pour « conseiller
le gouvernement sur la vaccination »


Le curieux traitement médiatique du procès Sarkozy

Bourgeoisie et violence sexuelle : « La familia grande », Camille Kouchner

Alain Garrigou : Le droit aux sottises

Bras de fer en Méditerranée

Canal+ veut garder le mot « planète » pour lui tout seul

Pollutions : « Au ministère, pour s’occuper de santé environnementale,
il n’y a même pas un temps plein ! »

INTERNATIONAL
Etats-Unis. « Make America Great Again » a toujours signifié
« Make America White Again »

Israël. Pourquoi B’Tselem qualifie Israël d’un régime d’apartheid

Aaron Swartz : sa vie, ses combats

Le viol des femmes noires et autochtones a laissé une trace indélébile
dans le génome des Brésiliens


La CPI n’a jamais inculpé de personnes occidentales

Gilad Atzmon : Cochons d'Inde Unis

Censure : bruit de bottes sur les réseaux sociaux – et les USA

Une réunion, une dissension et des Baloutches

La saga Assange : faire du vrai journalisme, c'est de la folie criminelle

Les élevages de visons en Chine à l’origine du Covid-19 ?
Les indices s’accumulent


« Lorsque dans un État le législatif et le judiciaire n’ont plus pour office que d’approuver

les décisions de l’exécutif ce régime mérite le qualificatif de fasciste. »

LE LIBÉRALISME EST UN FASCISME
Benito Mussolini, qui n’est pas la personne la plus mal placée pour nous donner une définition du fascisme, définit celui-ci en ces termes.: « Le Fascisme devrait plutôt s’appeler Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’État et des pouvoirs du Marché. » Une définition qui s’applique parfaitement à ce que sont nos prétendues “Démocraties”.

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Maison fondée en 2010
Parution le vendredi en fin de journée - N°575
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