K I O S Q U E N E T
« Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change,
mais je suis certain qu’il faut que ça change pour que ça aille mieux. » Lichtenberg
Les Clairvoyants
Le Karnet de Ravachel
Les Plaisants


« Nous sommes dirigés par des meurtriers ; le monde changera quand les gens
auront compris qu’ils ne tireront jamais rien de ces meurtriers. » Marceline Loridan Ivens


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« J’ai vu des démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre les fascismes. »
(André Malraux)



Harold Bernat

« La panthéonisation à rebours de Missak Manouchian
par les faussaires de la République française »


Un jour viendra où les hommages aux morts retrouveront un sens et une dignité en France. Nous en sommes évidemment très loin. Le dernier en date, ce mercredi, au Panthéon, a encore été l’occasion, avec en maître des simulacres le plus anti-français des présidents français, de nous rappeler cruellement l’imposture humaine et la vacuité politique dans lesquelles nous sommes tombés depuis des années. Mais cet hommage est certainement le plus cruel de tous, probablement le plus insultant aussi pour la mémoire des hommes et des femmes honorés en ce 21 fevrier 2024.



  Il est vrai que la panthéonisation de Missak Manouchian et avec lui de ses camarades de combat est un événement qui aurait pu être historique si nous n’étions pas plongés dans ce moment de notre histoire nationale. Une panthéonisation à rebours de ce que nous sommes en train de vivre en France ne peut pas être qualifiée d’historique. L’événement sort de cette cérémonie comme distordu, biaisé, faussé. Si nous n’avons pas d’autre choix que d’être les témoins de notre temps, nous sommes les témoins des événements les plus distordus, les plus biaisés et les plus faux. Les plus insignifiants aussi. Nous sommes les contemporains de la fausseté érigée en principe d’administration des hommes. Voilà ce que nous devons affronter. C’est aussi le lieu exact de nos résistances contemporaines.

Un lecteur de Marx et un poète, ce qu’était Missak Manouchian, sait au moins deux choses : nous avons toujours à affronter les violences de notre temps au lieu exact où elles se déchaînent et ce combat qui engage ultimement les corps commence par une résistance des forces de l’esprit. Il n’y a pas de résistance par procuration. Le résistant se bat à la première personne et il meurt seul. Il n’autorise pas qu’un mandataire signe à sa place ou le représente. Il sait aussi que c’est lui et non pas un délégué que l’on viendra chercher dans la nuit. C’est d’ailleurs la raison première de son combat. Il sait, d’un savoir pratique, par expérience de la lutte, que personne ne fera à sa place ce qu’il estime être juste et vrai. Il n’attend pas d’un tiers qu’il se substitue à sa volonté et qu’il agisse à sa place. La résistance est avant tout une reprise en main, à la première personne, de la puissance d’agir, sans médiation. Elle n’est pas la plena potentia agendi sans l’autre, la pleine puissance d’agir à la place de l’autre ou en son nom. Elle est au contraire pleine puissance d’agir pour soi et par soi-même. Avec la résistance naît la solitude de l’action qui se sait irreprésentable. Si je ne résiste pas, si je cède, si je capitule, personne ne résistera à ma place. La résistance ne se délègue pas.

Parler des grandes figures de la résistance c’est déjà prendre le risque de basculer dans le fétichisme politique en oubliant la réalité des vies, c’est encore privilégier la fonction de représentation à l’incarnation vivante. Les pompes funèbres de la République s’y entendent très bien en louanges mortes adressées à des fétiches qui ne répondront jamais. Le croque-mort président sort de son corbillard. Il avance tel un vampire lugubre au milieu des ombres projetées sur la façade. Il suce, en images indifférentes à la vie, le sang de l’histoire pour régénérer sa propre vacuité. Qu’est cet homme qui ne résiste à rien et qui s’adapte à tout sans les hommages de la résistance, sans ces vies qu’il endosse comme des costumes de mort ? Le ventriloque de l’usurpation parle comme si ceux qui l’ont fait, par la magie du suffrage et de l’abstraction électorale, les gens du peuple, n’étaient plus rien. Seul, il adore sa propre image et se voit à travers le prisme de la vie des morts comme agrandi. La représentation des fusillés du Mont Valérien lui offre, pour l’occasion, un costume gigantesque. Il marche dans leur pas, il représente la résistance à lui seul. Le croque-mort, le faux, le suceur d’histoire embrasse la vie la plus héroïque car la plus vraie. C’est toujours la représentation et la délégation que l’on commémore, l’ombre de la vie, jamais la vie elle-même. La vie est irreprésentable, elle se vit. C’est le fétiche qui est objet par excellence de récupération politique, celui qui rend aussi possible tous les outrages et toutes les trahisons, les distorsions les plus fausses. La vie de celui qui a résisté, de celui qui s’est battu jusqu’à la mort, elle, est irrécupérable. C’est aussi la raison de sa mise à mort : ne pas donner sa vie à n’importe quel prix.

Qui incarne la résistance ? Non pas la résistance éternelle, celle qui flotte en l’air comme une baudruche mise en scène avec sons et lumières sur des murs en pierre au bénéfice immédiat d’individus qui collaborent en tout. Salauds inclus. Celui qui incarne la résistance est toujours un grand vivant qui refuse qu’on lui vole sa vie. C’est toujours la vie qui résiste en l’homme et c’est aussi pour cette raison que les pires méfaits sont toujours commis par des âmes mortes, des êtres vides et vils, stériles, impuissants à créer du désir. Les maîtres des simulacres sont eux sans consistance ce qui les rend à ce point effrayants aux yeux de ceux qui cherchent la vie en tout. Ce sont les maîtres du formalisme. Dans une conférence donnée à l’Association des étudiants protestants de France le 7 juin 1983 sous le titre « La délégation et le fétichisme politique », Pierre Bourdieu rappelle que dans « le domaine symbolique, les coups de force se traduisent par des coups de forme – et c’est à condition de le savoir que l’on peut faire de l’analyse linguistique un instrument de critique politique. » Les coups de forme sont devenus des grands coups de simulacres, des violences symboliques achevées dans leur fausseté. L’analyse linguistique fait aujourd’hui pâle figure à côté de l’obscénité mémorielle qui se déchaîne partout. C’est ainsi que l’on fait chanter l’Affiche rouge de Léo Ferré en interdisant, en même temps, les drapeaux communistes rue Soufflot. Les drapeaux français avec eux. Alors imaginez les drapeaux anarchistes. La République sociale ou l’anarchisme rouge doivent disparaître pour laisser toute la place des grands hommes à des coups de simulacres qui servent de piédestal au ventriloque usurpateur. Plein de vide, gonflé de fatuité, le croque-mort de la République bafouée récite un texte aux antipodes de sa politique brutalement anti-sociale. On s’étonnera en vain du terrible grand écart, on protestera longtemps contre la fausseté politique de cette malversation. L’apparatchik, version cabinets de conseils et UE, l’antipatriote, le traître aux intérêts supérieurs de la nation est un médiocre qui cultive l’imposture légitime. Il est en place pour exténuer le sens et rendre toute référence à la vie impossible. Il n’y a pas que du cynisme chez ces hommes de la mise en spectacle mais une véritable identification pathologique à ce qu’ils ne seront jamais. Ils jouissent de l’image et cela leur suffit. A une condition : aucune incarnation ne doit leur rappeler la vie qu’ils parasitent.

A 18 ans, alors qu’il est encore pensionnaire à l’orphelinat au Liban, avant son embarquement pour la France, Missak Manouchian écrit un poème. Ce poème sera publié dans un recueil intitulé Ivre d’un grand rêve de liberté. Le journal L’Humanité a eu raison de rappeler ce texte cette semaine à notre mémoire car il rend visible le cœur de tout acte de résistance. Il y est évidemment question de désir et de liberté. Il se termine en évoquant la vie : « Le désir est infini et semblable à cette mer illimitée / Inexplicable, comme le mystère insondable des ténèbres… / Je désire jouir de la lumière de la sagesse et de l’art, et du vin / Et arracher dans le grand combat de la vie de précieux lauriers… » La vie n’est pas adaptation de l’intérieur au dehors, collaboration enténébrée avec le plus médiocre qui s’imposerait brutalement à nous au prix de nos jouissances et de notre sensibilité mais incorporation du dehors à nos exigences vitales. Volonté de puissance en somme. Acheminement de la vie vers toujours plus de vie et de volonté. C’est dans cette force vivante que le résistant Missak Manouchian ira certainement puiser sa détermination aux pires moments de la lutte. Il n’y a que des spectres moribonds, des baudruches gonflées d’images pour se figurer que l’on puisse confier à des simulateurs morbides et des usurpateurs ce qui ressort de la vie sans tout salir. Avec son ton odieux et son faux air d’employé des pompes funèbres, le lugubre président mobilise des images de la résistance qu’il réfute dans ses décisions soumises aux puissants depuis des années. Ne reste qu’une immense salissure, de Ferré, de Manouchian et d’une liberté bien trop réelle pour ces fantômes qui parasitent la vie des autres.

Mais il faut aller plus loin encore pour comprendre la profondeur du dégoût partagé. Que vaut un hommage où l’on aurait honte de revoir vivants ceux que l’on honore ? Car si Missak Manouchian, poète et combattant de la vie, combattant parce que poète, est mort pour la patrie qu’avons-nous à lui offrir en guise de prolongement ? Un grand vide répressif ? Une police héritière de Vichy qui cogne aveuglément sur des porteurs de drapeaux ? Des âmes grises qui parlent de la guerre avec une légèreté insoutenable ? Des enfants ensevelis sous des tonnes de bombes sans que cela n’émeuve plus que ça ? Des hommages de faussaires à défaut de combats avec au premier rang des gens qui se regardent et tapent comme des sourds sur tous ceux qui les voient ? On retiendra le communiste, n’oublions pas le poète. Et si la première de toutes le résistances commençait par là : la vie des mots. Ces mots vampirisés, ces mots volés, usurpés, spoliés, récupérés. Et pourtant, à la fin, il ne reste que ça pour rappeler la vie aux lugubres faussaires. « Réarmement démographique », le vampire a osé. Plus ils parlent de vie et plus ça pue la mort, la guerre et les massacres. Les résistants le savaient, eux qui en sont morts, eux qui voulaient vivre. « Un grand soleil d’hiver éclaire la colline / Que la nature est belle et que le cœur me fend / La justice viendra sur nos pas triomphants / Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline / Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant. » (Léo Ferré, L’Affiche rouge).



Oleg Orlov

Le défenseur des droits humains Oleg Orlov incarcéré
pour avoir dénoncé la guerre en Ukraine

- Alencontre -


Oleg Orlov, co-président de l’ONG russe de défense des droits humains Mémorial, a été condamné aujourd’hui à deux ans et demi de prison pour ses dénonciations de la guerre en Ukraine. Quelques jours après la mort en détention du dissident Alexeï Navalny, à trois semaines des élections présidentielles, la FIDH estime que le signal envoyé à la société russe et à la communauté internationale par le pouvoir est glaçant. Memorial est membre de la FIDH et récipiendaire du prix Nobel de la Paix 2022.

Paris, le 27 février 2024 – Oleg Orlov aurait pu quitter le pays mais il a choisi de rester en Russie. Pendant tout son procès, il n’était ni assigné à résidence, ni incarcéré. A 70 ans, il ne voyait aucune raison de fuir, n’étant coupable de rien. Ce qui n’a pas empêché son incarcération aujourd’hui à l’issue d’un procès inique. Preuve qu’il avait parfaitement conscience du danger encouru, Oleg Orlov se présentait aux sessions de son procès avec un livre sous le bras : Le Procès, de Franz Kafka.

La FIDH a appris que pendant les premiers mois de sa détention, Oleg Orlov sera incarcéré au centre de détention n° 7, situé dans l’est de Moscou. Son avocate a exprimé l’intention de faire appel du jugement.

« Le courage d’Oleg est une inspiration pour l’ensemble des défenseur·es des droits humains en Russie comme partout dans le monde. Il montre à nouveau que le gouvernement de Poutine a peur de la vérité et de l’honnêteté. Un homme est condamné pour avoir dit l’évidence : la guerre en Ukraine est injuste et criminelle. La FIDH est admirative, solidaire et inquiète. Nous pensons à ses compagnons de lutte: soyez prudent·es », a déclaré Alice Mogwe, présidente de la FIDH.

L’ONG Mémorial est l’une des 188 organisations des droits humains membres de la FIDH. Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 2022 avec deux autres organisations membres : Ales Bialiacki de Viasna au Belarus et le Center for Civil Liberties (CCL) en Ukraine.

Un procès absurde, une condamnation scandaleuse

Le 11 octobre 2023, le tribunal du district de Golovinsky à Moscou a reconnu Oleg Orlov coupable d’«actions publiques visant à discréditer les forces armées de la Fédération de Russie et l’a condamné à une amende de 150 000 roubles (environ 1409 euros). Le parquet a ensuite fait appel. La justice russe a alors décidé d’une nouvelle procédure. C’est à la suite de celle-ci que l’amende a été changée en temps de prison. Oleg Orlov a gardé le silence le temps de son procès, gardant ses déclarations pour la fin. La FIDH publie son dernier texte (voir ci-dessous).

L’accusation contre Oleg Orlov est fondée sur un article qu’il a écrit et publié sur la plateforme de blogs française Le Club de Mediapart le 13 novembre 2022 : « Russie : ils voulaient le fascisme, ils l’ont eu ».

« Quand je vois un homme de soixante-dix ans se faire menotter parce qu’il a osé écrire des mots condamnant la guerre, j’en ai les larmes aux yeux », a déclaré Natalia Morozova, responsable par intérim du bureau d’Europe de l’Est à la FIDH. « Outre les conditions de détention atroces dans les prisons et colonies pénitentiaires russes, les autorités ont l’habitude d’ajouter des peines fantaisistes pour ne pas relâcher les opposant·es. Quelques jours après la mort d’Alexeï Navalny, trois semaines avant les élections présidentielles, Poutine et son régime cherchent à nous réduire au silence. Ils n’y arriveront pas, s’ils pensent nous faire peur, ils se trompent. » (27 février 2024)

* * *


« Derniers mots » d’Oleg Orlov

Moscou, Tribunal du district Golovinsky, 26 février 2024

Le jour où ce procès s’est ouvert, la Russie et le monde ont été ébranlés par la terrible nouvelle de la mort d’Alexeï Navalny. Moi aussi, j’ai été ébranlé. J’ai même envisagé de renoncer à prononcer mon dernier mot: comment pourrais-je dire quoi que ce soit aujourd’hui, alors que nous sommes encore sous le choc de la nouvelle ? Puis je me suis dit que tout cela n’était que les maillons d’une même chaîne : la mort, ou plutôt l’assassinat d’Alexeï, les représailles judiciaires contre d’autres critiques du régime, y compris moi-même, l’étranglement de la liberté dans le pays, et l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes. Et j’ai décidé de m’exprimer quand même.

Je n’ai commis aucun crime. Je suis jugé pour un article de presse dans lequel j’ai qualifié le régime politique établi en Russie de totalitaire et de fasciste. Cet article a été écrit il y a plus d’un an. A l’époque, certaines de mes connaissances pensaient que j’exagérais.

Mais aujourd’hui, il est évident que je n’exagérais pas. Dans notre pays, l’Etat contrôle à nouveau non seulement la vie sociale, politique et économique, mais il revendique également un contrôle total sur la culture, la pensée scientifique et envahit la vie privée. Il devient omniprésent.

Je vais énumérer un certain nombre d’événements disparates, différents à la fois par leur ampleur et leur caractère tragique :

- les livres d’un certain nombre d’écrivains russes contemporains sont interdits en Russie ;
- le mouvement LGBTI+, qui n’existe pas, a été interdit, ce qui signifie en pratique une ingérence flagrante de l’Etat dans la vie privée des citoyens;
à l’Ecole des hautes études en sciences économiques, il est interdit aux candidats de citer des « agents de l’étranger ». Désormais, les candidats et les étudiants doivent étudier et mémoriser la liste des agents de l’étranger avant d’étudier leur matière ;
- Boris Kagarlitsky, chercheur en sciences sociales et publiciste de gauche bien connu, a été condamné à cinq ans de prison pour quelques mots sur la guerre en Ukraine qui s’écartent de la position officielle ;
- un homme que les propagandistes appellent « leader national », parlant du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, a déclaré publiquement ce qui suit « Après tout, les Polonais ONT FORCÉ À LES ATTAQUER, ils ont joué et ONT FORCÉ Hitler à déclencher la Seconde Guerre mondiale précisément contre eux. Pourquoi la guerre a-t-elle commencé en Pologne ? Elle s’est avérée INTRANSIGEANTE. Hitler N’AVAIT PAS D’AUTRE CHOIX pour réaliser ses plans que de commencer par attaquer la Pologne ».

Comment devrions-nous appeler le système politique sous lequel toutes les choses que j’ai énumérées se produisent ? A mon avis, la réponse ne fait aucun doute. Et malheureusement, j’avais raison dans mon article.

Non seulement la critique publique est interdite, mais aussi tout jugement indépendant. Des sanctions peuvent être prises pour des actions apparemment sans rapport avec la politique ou la critique de l’autorité. Il n’y a plus de domaine artistique où la libre expression soit possible, plus de sciences humaines académiques libres, plus de vie privée.

Permettez-moi maintenant de dire quelques mots sur la nature des accusations portées contre moi et sur celles qui ont été formulées dans de nombreux procès similaires contre ceux qui, comme moi, s’opposent à la guerre.

A l’ouverture de mon procès, j’ai refusé toute participation, ce qui m’a permis de lire le roman de Franz Kafka Le Procès pendant les débats. De fait, notre situation et celle dans laquelle se trouve le personnage de Kafka ont des points communs : l’absurdité et l’arbitraire déguisés en respect formel de certaines procédures pseudo-juridiques.

On nous accuse de discréditer sans expliquer ce que cela signifie et en quoi cela diffère d’une critique légitime. On nous accuse de diffuser des informations délibérément fausses sans prendre la peine de prouver leur fausseté. Et nos tentatives de prouver la véracité de ces informations deviennent des délits. Nous sommes accusés de ne pas soutenir le système d’opinions et de visions du monde proclamé par les dirigeants du pays, malgré le fait qu’il ne devrait pas y avoir d’idéologie d’Etat en Russie. Nous sommes condamnés pour avoir douté qu’une attaque contre un Etat voisin vise à maintenir la paix et la sécurité internationales.

Le héros de Kafka ne sait même pas, jusqu’à la fin du roman, de quoi il est accusé, mais il est malgré tout condamné et exécuté. En Russie, l’accusation nous est formellement notifiée, mais il est impossible de la comprendre tout en restant dans les normes du droit.

Contrairement au héros de Kafka, nous comprenons pourquoi nous sommes détenus, jugés, arrêtés, condamnés et tués. En fait, nous sommes punis pour nous être permis de critiquer les autorités. Et dans la Russie d’aujourd’hui, c’est absolument interdit.

Les députés, les enquêteurs, les procureurs et les juges ne le disent pas ouvertement. Ils le cachent sous les formulations absurdes et illogiques de leurs soi-disant nouvelles lois, leurs nouveaux actes d’accusation et leurs nouvelles peines. Mais c’est ainsi.

Aujourd’hui, Alexeï Gorinov, Alexandra Skochilenko, Igor Baryshnikov, Vladimir Kara-Murza et bien d’autres sont lentement tués dans les colonies et les prisons. Ils sont tués pour avoir protesté contre l’effusion de sang en Ukraine, pour avoir voulu que la Russie devienne un Etat démocratique et prospère qui ne constitue pas une menace pour le monde extérieur.

Ces derniers jours, des personnes ont été interpellées, punies et même emprisonnées simplement parce qu’elles s’étaient rendues devant les monuments dédiés aux victimes de la répression politique pour honorer la mémoire d’Alexeï Navalny, un homme remarquable, courageux, honnête, et qui, dans des conditions incroyablement difficiles et spécialement créées contre lui, n’a pas perdu son optimisme et sa foi en l’avenir de notre pays. Car bien sûr, il s’agit d’un meurtre, quelles que soient les circonstances spécifiques de son décès.

Les autorités sont en guerre contre Navalny, même mort, et détruisent les monuments créés spontanément à sa mémoire. Elles le craignent même mort et à juste titre.



Ceux qui agissent ainsi espèrent pouvoir démoraliser la partie de la société russe qui continue à se sentir responsable de son pays.

Qu’ils espèrent en vain.

Nous nous souvenons de ce que disait Alexeï : « N’abandonnez-pas ». J’ajouterais pour ma part : et ne perdez pas courage, ne perdez pas confiance ! Après tout, la vérité est de notre côté. Ceux qui ont conduit notre pays dans le gouffre où il se trouve aujourd’hui représentent ce qui est vieux, décrépit, dépassé. Ils n’ont aucune vision de l’avenir – seulement de fausses images du passé, des mirages de la « grandeur impériale ». Ils font reculer la Russie, la ramènent dans la dystopie décrite par Vladimir Sorokine dans La journée d’un Opritchnik. Mais nous vivons au XXIe siècle, le présent et l’avenir sont derrière nous et notre victoire est inévitable.

En conclusion de ma déclaration, je voudrais m’adresser – peut-être de manière inattendue pour beaucoup – à ceux qui, par leur travail, font avancer le rouleau compresseur de la répression. Aux fonctionnaires, aux agents de la force publique, aux juges, aux procureurs.

En fait, vous comprenez très bien tout ce qui se passe. Et vous n’êtes pas tous des partisans convaincus des répressions politiques. Parfois, vous regrettez ce que vous devez faire, mais vous vous dites : « Que puis-je faire ? Je ne fais que suivre les ordres de mes supérieurs. La loi est la loi ».

Je m’adresse à vous, Madame la juge, et à l’accusation. N’avez-vous pas peur ? N’avez-vous pas peur de voir ce que notre pays, que vous aimez probablement vous aussi, est en train de devenir ? N’avez-vous pas peur que non seulement vous et vos enfants, mais aussi, à Dieu ne plaise, vos petits-enfants, aient à vivre dans cette absurdité, cette anti-utopie ?

N’est-il pas évident que le rouleau compresseur de la répression finira tôt ou tard par s’abattre sur ceux qui l’ont déclenché et poussé ? Cela s’est produit à maintes reprises dans l’histoire.

Je répéterai donc ce que j’ai dit lors du précédent procès.

Oui, la loi est la loi. Mais je me souviens qu’en 1935, en Allemagne, ont été adoptées les lois de Nuremberg. Et puis, après la victoire en 1945, les auteurs de ces lois ont été jugés pour les avoir appliquées.

Je ne suis pas convaincu que les créateurs et les exécutants actuels des lois russes anti-juridiques et anticonstitutionnelles seront tenus pour responsables devant les tribunaux. Mais le châtiment sera inévitable. Leurs enfants ainsi que leurs petits-enfants auront honte de parler de leur père, de leur mère, de leur grand-père ou de leur grand-mère et de ce qu’ils ont fait dans le cadre de leur fonction. Il en ira de même pour ceux qui commettent aujourd’hui des crimes en Ukraine en exécutant les ordres qui leur ont été donnés. A mon avis, il s’agit de la plus terrible des punitions. Et elle est inévitable.

En ce qui me concerne, le châtiment est également inévitable, car dans les circonstances actuelles, l’acquittement pour de telles accusations est impossible.

Nous verrons bien quel sera le verdict.

Mais je ne regrette rien et ne me repens de rien.


David Hearst

Guerre à Gaza : Israël ne terminera jamais « le travail »

- Middle East Eye  -


La détermination largement claironnée du cabinet de guerre israélien à occuper Rafah, où s’abritent 1,4 million de Palestiniens expulsés de force du nord et du centre de Gaza, dissimule des doutes croissants quant aux résultats qu’ils obtiendront une fois sur place.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou n’est pas le seul à répéter : « Nous allons le faire. Nous allons récupérer les derniers bataillons terroristes du Hamas à Rafah ». Le chef de l’opposition, Benny Gantz, plaide également en ce sens : « À ceux qui disent que le prix à payer est trop élevé, je réponds clairement : ‘’Le Hamas a le choix. Il peut se rendre, libérer les otages et les habitants de Gaza pourront célébrer le Ramadan’’ ».

Cette fanfaronnade est destinée au public national.

Il a fallu quatre mois à l’armée israélienne pour se frayer un chemin sur un territoire de 41 km de long et de 12 km de large. À titre de comparaison, un peu plus de cinq semaines ont suffi à la coalition dirigée par les États-Unis pour s’emparer de Bagdad en 2003. En quatre mois, Israël a utilisé autant de munitions que les États-Unis en sept ans en Irak.

De toute évidence, quelque chose a mal tourné.

Soit les soldats israéliens ne sont pas les Stormtroopers qu’ils croyaient être, soit la résistance du Hamas et des autres combattants s’est avérée d’une fermeté inattendue. Une chose est sûre : les forces israéliennes ne se battent pas à moitié.

Résumant l’état d’esprit du pays, le député du Likoud Nissim Vaturi a déclaré à la Knesset la semaine dernière : « Quiconque a reçu une balle l’a probablement mérité ». Et c’est précisément ce que l’armée s’efforce de réaliser.

Les conditions d’un exode massif

Les bombardements, les tirs d’artillerie et les frappes de drones ont été spécialement conçus pour terroriser les civils et créer les conditions d’un exode massif. Les pertes massives et les attaques sur les infrastructures essentielles sont des objectifs de guerre, ce ne sont pas des dommages collatéraux. La Cour internationale de justice l’a clairement reconnu en ordonnant à Israël de se conformer à la convention sur le génocide.

Sous ses airs fanfarons, la campagne sur le terrain laisse entrevoir une réalité plus sombre.

Pour sa part, le renseignement militaire israélien estime que le Hamas survivra en tant que groupe combattant capable d’organiser des opérations contre Israël. Il affirme que le « soutien authentique » au Hamas reste considérable parmi les Palestiniens de Gaza.

La journaliste israélienne Ilana Dayan de la chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que ces conclusions ont été présentées aux dirigeants politiques il y a une semaine par des chefs militaires, des responsables du Shin Bet et des membres du Conseil national de sécurité. « À cet égard au moins, il n’y aura pas de victoire absolue », a-t-elle suggéré.

Nombreux sont ceux qui, en dehors d’Israël, sont parvenus à cette conclusion il y a quatre mois.

D’autres questions sont tout aussi pressantes pour le haut commandement israélien : dispose-t-il des troupes nécessaires pour mener une opération d’envergure à Rafah et réoccuper le corridor de Philadelphie, sans devoir recourir à de nouveaux réservistes ? Une certaine fatigue de guerre semble s’installer.

Une deuxième série de questions se pose quant à la situation avec l’Égypte voisine. Jusqu’à présent, le président Abdel Fattah al-Sissi a joué le jeu avec Israël par rapport à la frontière de Rafah. Sissi laisse Israël dicter les modalités d’acheminement de l’aide à Gaza et se prépare à un afflux de réfugiés. La Fondation du Sinaï pour les droits de l’homme a déclaré que les autorités égyptiennes préparaient une zone tampon de 10 km pour accueillir les Palestiniens déplacés.

La réoccupation du corridor de Philadelphie, une zone tampon de 14 km de long qui borde la frontière, constituerait toutefois une violation du traité de paix que l’Égypte a signé avec Israël en 1979, même si elle n’est pas suffisante pour pousser l’Égypte à le rompre.

La principale préoccupation du renseignement militaire égyptien est l’infiltration de combattants dans le Sinaï, où une insurrection est déjà solidement implantée.

Un troisième facteur qui influence l’imminence d’une invasion terrestre de Rafah est Washington.

À l’instar de l’Ukraine, Israël s’est rendu compte que sa puissance de feu dépassait largement ses propres stocks de munitions. Ces stocks doivent être constamment réapprovisionnés par les États-Unis. Il appartient au président Joe Biden d’arrêter ou de restreindre ce flux d’armes, d’autant plus qu’il semble avoir tracé une ligne rouge concernant la nécessité d’évacuer les réfugiés de Rafah.

Jusqu’à présent, rien n’indique que Joe Biden ait actionné ce levier. Plutôt le contraire. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne menacera pas de le faire à l’approche de l’élection présidentielle américaine.

Il est donc tout aussi possible que les menaces bruyantes d’une offensive terrestre sanglante sur Rafah fassent partie, pour l’instant du moins, des négociations en cours avec le Hamas sur un cessez-le-feu et un échange d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens.

Une insurrection, une idée
Mais laissons de côté tout ce qui précède.

Supposons qu’un jour Israël contrôle l’ensemble de la bande de Gaza. Qu’aura-t-il accompli, au-delà de 30 000 morts ?

La première erreur de Netanyahou est de penser que s’il élimine ce qu’il suppose être les quatre derniers bataillons du Hamas à Rafah, la partie sera terminée.

Le Hamas n’est pas une armée avec un nombre déterminé de combattants. C’est une insurrection, une idée, qui peut être transférée d’une famille à l’autre, d’une génération à l’autre, voire d’un mouvement à l’autre. L’OLP sous Arafat était laïque. Le Hamas est islamiste.

Peu importe le mouvement qui porte le flambeau, la flamme, elle, continue de brûler. Le Hamas ne se fait pas d’illusions sur sa capacité à gagner militairement contre une force conventionnelle beaucoup plus puissante.

Ni les Algériens, ni le Congrès national africain (ANC), ni l’Armée républicaine irlandaise (IRA) n’ont gagné sur le champ de bataille. Tous se sont battus pour parvenir à la table des négociations. Quand bien même Israël chasserait le Hamas de Gaza par la force, et je ne crois pas qu’il le puisse, aurait-il gagné ?


   Selfie, février 2024

Israël a déclaré la victoire à plusieurs reprises dans ce conflit qui dure depuis 75 ans. Il a déclaré la victoire en 1948 en expulsant 700 000 Palestiniens de leurs villes et villages.

En 1967, Israël pensait avoir anéanti trois forces arabes. Ariel Sharon a déclaré la victoire quinze ans plus tard en chassant Yasser Arafat et l’OLP de Beyrouth. Cinq ans plus tard, la première Intifada a éclaté.

Lorsque les négociations de paix ont échoué, la seconde Intifada a éclaté. Israël a de nouveau cru pouvoir écraser la cause nationale palestinienne en encerclant Yasser Arafat dans son quartier général de Ramallah et en l’empoisonnant [N.D.L.R. jamais prouvé]. S’agit-il d’une victoire ?

Aujourd’hui, Israël pense pouvoir écraser le Hamas à Gaza en tuant quatre hommes, dont Yehia Sinwar et Mohammed Deif,  particulièrement ciblés.

La liste des dirigeants palestiniens tués dans ce conflit est déjà longue. Izz ad-Din al-Qassam, prédicateur musulman et leader de la lutte nationaliste arabe, a été tué par les Britanniques en 1935.

Kamal Udwan, l’un des principaux dirigeants du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a été tué lors d’un raid israélien au Liban en 1973 ; Khalil al-Wazir, l’un des principaux adjoints d’Arafat, a été assassiné à son domicile en Tunisie par des commandos israéliens ; Ahmed Yassin, le chef spirituel du Hamas, a été tué lorsqu’un hélicoptère israélien a tiré un missile sur lui alors qu’il rentrait en fauteuil roulant de la prière de l’aube dans la ville de Gaza.

Citons également Abdel Aziz al-Rantisi, cofondateur du Hamas, tué par des missiles tirés depuis un hélicoptère Apache ; Fathi Shaqaqi, fondateur et secrétaire général du Jihad islamique palestinien (PIJ), abattu de cinq balles à Malte par deux agents du Mossad ; et Abu Ali Mustafa, secrétaire général du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP).

Mais quel a été le résultat de ces assassinats, si ce n’est de susciter une nouvelle vague de résistance, plus forte encore, et de donner naissance à une nouvelle génération de combattants endurcis par l’histoire sous l’emprise de leurs occupants ?

La mémoire des massacres

L’histoire est alimentée par la mémoire collective. Le souvenir des massacres de la guerre de 1948, comme le massacre de Tantura ou celui de Sabra et Chatila en 1982, a été transmis de bouche à oreille. Il n’y avait pas internet à l’époque, et peu ou pas d’images vidéo. Les mots étaient suffisamment puissants pour inciter les générations futures à résister.

Israël a largement exploité une compilation d’images vidéo des massacres perpétrés par le Hamas et d’autres combattants de Gaza dans les kibboutzniks le 7 octobre.

Si cette vidéo horrifie à juste titre ses spectateurs, imaginez l’effet que quatre mois de séquences de massacres perpétrés par les forces israéliennes à Gaza diffusées sur les réseaux sociaux auront sur les générations futures de Palestiniens.

La Nakba, ou la « catastrophe », qu’Israël a menée à Gaza au cours des quatre derniers mois est incomparablement mieux documentée que la Nakba de 1948. Ces images resteront à jamais sur internet. Comment Israël peut-il penser que cette Nakba s’évaporera dans la conscience populaire une fois les combats terminés ?

La Jordanie compte 11,15 millions d’habitants, dont un peu plus de la moitié sont des Palestiniens descendants des réfugiés expulsés de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza.

Même si on exclut les tribus jordaniennes de Cisjordanie orientale – qui se sont montrées aussi véhémentes à l’égard de Gaza que les Palestiniens – cela signifie qu’il y a trois fois plus de Palestiniens en Jordanie que dans la bande de Gaza. Ils sont en colère, relativement aisés et ont accès à un marché de l’armement en plein essor. Qui plus est, la Jordanie a des frontières poreuses avec la Syrie et l’Irak, où des groupes soutenus par l’Iran sont impatients de s’impliquer.

La Jordanie constitue donc un terreau fertile pour le recrutement de la prochaine vague de combattants palestiniens.

Qui, sain d’esprit, chercherait à pacifier sa frontière méridionale contre les attaques ennemies, au prix de raviver la menace à sa beaucoup plus longue frontière orientale ? Qui troquerait 60 km de frontières peu sûres contre 482 km ?

Israël et ses partisans ne perçoivent que leur propre histoire et n’écoutent que leur propre discours. Ils sont incapables de se faire une idée de ce que c’est que d’être la cible de leur État en perpétuelle expansion.

Il ne voit pas que les Palestiniens de Rafah, qui ont été déplacés à de multiples reprises au cours de leur exode vers le sud, sont eux-mêmes les descendants de réfugiés des villes qui font aujourd’hui partie d’Israël – Beer-sheva, Jaffa, le Naqab.

Israël ne réalise pas la portée symbolique de ses agissements. En essayant d’écraser Gaza, il essaie d’écraser la nation palestinienne dans son ensemble. Si Israël parvient à ses fins à Gaza, il n’y aura pas un seul Palestinien en Israël, à Jérusalem-Est occupée ou en Cisjordanie qui ne pensera pas être le prochain à subir le même sort.

Le sentiment de victimisation et de destin historique d’Israël l’aveugle face aux souffrances qu’il provoque. À ses yeux, il ne peut y avoir qu’une seule victime de l’histoire – une victime juive.

L’année dernière, Benyamin Netanyahou a pratiquement déclaré la fin du conflit grâce à la signature imminente des accords d’Abraham par l’Arabie saoudite. Seulement quelques semaines plus tard, Israël s’est retrouvé plongé dans la plus longue guerre qu’il ait menée depuis 1947. Aujourd’hui, cette guerre a propulsé la cause palestinienne au premier rang des préoccupations mondiales en matière de droits de l’homme.

Et pourtant, tel un joueur lançant les dés pour des enjeux toujours plus élevés, l’armée de Netanyahou est allée d’un hôpital à l’autre, ne parvenant pas à trouver le repaire du Hamas, mais détruisant le système de santé de Gaza tout aussi inexorablement. Elle est allée du nord au sud en déclarant que la victoire était imminente.

Benny Morris, l’ancien historien révisionniste de gauche devenu faucon, a déclaré au quotidien allemand Frankfurter Algemeiner qu’il détestait profondément Netanyahou : « C’est un escroc. Mais il a raison de dire que la guerre doit se poursuivre jusqu’à ce que le Hamas soit écrasé, ne serait-ce que parce que dans toute la région, nous serons considérés comme des perdants si nous n’achevons pas le travail. »

Je tiens à informer Morris, l’historien. Israël ne terminera jamais « le travail ».

Il n’y a que deux options : suivre Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich dans leur volonté de faire de la guerre de territoire une guerre de religion, ou s’asseoir à la table de négociations avec des dirigeants que les Palestiniens sont libres de choisir pour aborder la question du partage de la terre en tant qu’égaux.

Je sais quel choix j’aurais fait.


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