K I O S Q U E N E T
« Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde. » Céline



« Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change,
mais je suis certain qu’il faut que ça change pour que ça aille mieux. »
Lichtenberg



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« Paris, Alger, Moscou, Hong Kong… »
Louis Aragon
Front rouge
- Littérature de la Révolution mondiale -

Pliez les réverbères comme des fétus de pailles
Faites valser les kiosques les bancs les fontaines Wallace
Descendez les flics
Camarades
descendez les flics
Plus loin plus loin vers l’ouest où dorment
les enfants riches et les putains de première classe
Dépasse la Madeleine Prolétariat
Que ta fureur balaye l’Élysée
Tu as bien droit au Bois de Boulogne en semaine
Un jour tu feras sauter l’Arc de triomphe
Prolétariat connais ta force
connais ta force et déchaîne-la

 
Claude Lévi-Strauss

Rousseau père

- Le courrier de l’Unesco -


En conviant un ethnologue à cette célébration, vous permettez à une jeune science de rendre témoignage au génie d’un homme, dont on aurait pu croire qu’une cohorte déjà copieuse, puisqu’elle inclut la littérature, la poésie, la philosophie, l’histoire, la morale, la science politique, la pédagogie, la linguistique, la musique, la botanique et j’en passe suffisait à glorifier tous les aspects. Car, en plus de cela, Rousseau ne fut pas seulement un observateur pénétrant de la vie paysanne, un lecteur passionné des livres de voyage, un analyste averti des coutumes et des croyances exotiques : sans crainte d’être démenti on peut affirmer que cette ethnologie qui n’existait pas encore, il l’avait, un plein siècle avant qu’elle ne fît son apparition, conçue, voulue et annoncée, la mettant d’emblée à son rang parmi les sciences naturelles et humaines déjà constituées ; et qu’il avait même deviné sous quelle forme pratique grâce au mécénat individuel ou collectif il lui serait donné de faire ses premiers pas.

Cette prophétie, qui est en même temps un plaidoyer et un programme, occupe une longue note du Discours sur l’origine de l’inégalité : « J’ai peine à concevoir, écrivait Rousseau, comment, dans un siècle où l’on se pique de belles connaissances, il ne se trouve pas deux hommes… dont l’un sacrifie vingt mille écus de son bien, et l’autre dix ans de sa vie à un célèbre voyage autour du monde, pour y étudier, non toujours des pierres et des plantes, mais une fois les hommes et les mœurs… » Et il s’écriait un peu plus loin : « Toute la terre est couverte de nations dont nous ne connaissons que les noms, et nous nous mêlons de juger le genre humain ! Supposons un Montesquieu, un Buffon, un Diderot, un d’Alembert, un Condillac, ou des hommes de cette trempe, voyageant pour instruire leurs compatriotes, observant et décrivant comme ils savent le faire, la Turquie, l’Égypte, la Barbarie, l’Empire du Maroc, la Guinée, le pays des Caffres, l’intérieur de l’Afrique et ses côtes orientales, les Malabares, le Mogol, les rives du Gange, les royaumes de Slam, de Pégu et d’Ava, la Chine, la Tartarie, et surtout le Japon ; puis dans l’autre hémisphère, le Mexique, le Pérou, le Chili, les terres Magellaniques, sans oublier les Patagons vrais ou faux, le Tucuman, le Paraguai, s’il était possible le Brézil, enfin les Caraïbes, la Floride et toutes les contrées sauvages ; voyage le plus important de tous et qu’il faudrait faire avec le plus de soin. Supposons que ces nouveaux Hercules, de retour de ces courses mémorables, fissent ensuite à loisir l’histoire naturelle, morale et politique de ce qu’ils auraient vu, nous verrions nous-mêmes sortir un monde nouveau de dessous leur plume, et nous apprendrions ainsi à connaître le nôtre… »

N’est-ce pas l’ethnologie contemporaine, son programme et ses méthodes, que nous voyons se dessiner ici, en même temps que les noms illustres cités par Rousseau demeurent ceux-là mêmes que les ethnographes d’aujourd’hui s’assignent pour modèles, sans prétendre les égaler, mais convaincus que seulement en suivant leur exemple, ils pourront mériter à leur science un respect qui lui fut longtemps marchandé ?

Rousseau ne s’est pas borné à prévoir l’ethnologie : il l’a fondée. D’abord de façon pratique, en écrivant ce Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes qui pose le problème des rapports entre la nature et la culture, et où l’on peut voir le premier traité d’ethnologie générale ; et ensuite, sur le plan théorique, en distinguant, avec une clarté et une concision admirables, l’objet propre de l’ethnologue de celui du moraliste et de l’historien : « Quand on veut étudier les hommes, il faut regarder près de sol ; mais pour étudier l’homme, il faut apprendre à porter sa vue au loin ; il faut d’abord observer les différences pour découvrir les propriétés. » (Essai sur l’origine des langues, ch. VIII.)

Cette règle de méthode que Rousseau fixe à l’ethnologie dont elle marque l’avènement, permet aussi de surmonter ce qu’à première vue, on prendrait pour un double paradoxe : que Rousseau ait pu, simultanément, préconiser l’étude des hommes les plus lointains, mais qu’il se soit surtout adonné à celle de cet homme particulier qui semble le plus proche, c’est-à-dire lui-même ; et que, dans toute son œuvre, la volonté systématique d’identification à l’autre aille de pair avec un refus obstiné d’identification à soi. Car ces deux contradictions apparentes, qui se résolvent en une seule et réciproque implication, toute carrière d’ethnologue doit, un moment ou l’autre, les surmonter. Et la dette de l’ethnologue envers Rousseau se trouve accrue, du fait que non content d’avoir, avec une précision extrême, situé une science encore à naître dans le tableau des connaissances humaines, il a, par son œuvre, par le tempérament et le caractère qui s’y expriment, par chacun de ses accents, par sa personne et par son être, ménagé à l’ethnologue le réconfort fraternel d’une image en laquelle il se reconnaît et qui l’aide à mieux se comprendre, non comme une pure intelligence contemplatrice, mais comme l’agent involontaire d’une transformation qui s’opère à travers lui, et qu’en Jean-Jacques Rousseau, l’humanité entière apprend à ressentir.

Chaque fois qu’il est sur le terrain, l’ethnologue se voit livré à un monde où tout lui est étranger, souvent hostile. Il n’a que ce moi, dont il dispose encore, pour lui permettre de survivre et de faire sa recherche ; mais un moi physiquement et moralement meurtri par la fatigue, la faim, l’inconfort, le heurt des habitudes acquises, le surgissement de préjugés dont il n’avait pas le soupçon ; et qui se découvre lui-même, dans cette conjoncture étrange, perclus et estropié par tous les cahots d’une histoire personnelle responsable au départ de sa vocation, mais qui, de plus, affectera désormais son cours. Dans l’expérience ethnographique, par conséquent, l’observateur se saisit comme son propre instrument d’observation… Chaque carrière ethnographique trouve son principe dans des « confessions », écrites ou inavouées.

Mais, si nous pouvons éclairer cette expérience par celle de Rousseau, n’est-ce pas que son tempérament, son histoire particulière, les circonstances, le placèrent spontanément dans une situation dont le caractère ethnographique apparaît clairement ? Situation dont il tire aussitôt les conséquences personnelles : « Les voilà donc », dit-il, de ses contemporains « étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi, puisqu’ils l’ont voulu ! Mais moi, détaché d’eux et de tout, que suis-je moi-même ? Voilà ce qu’il me reste à chercher. » (Première promenade.) Et l’ethnographe pourrait, paraphrasant Rousseau, s’écrier, en considérant pour la première fois les sauvages qu’il s’est choisi : «.Les voilà donc, étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi, puisque je l’ai voulu ! Et moi, détaché d’eux et de tout, que suis-je moi-même ? Voilà ce qu’il me faut d’abord chercher. »

Car, pour parvenir à s’accepter dans les autres, but que l’ethnologie assigne à la connaissance de l’homme, il faut d’abord se refuser en soi. La suite…




« Il y a pire folie que de voir des complots partout,
c’est de n’en voir nulle part. »
Cardinal de Richelieu
Cachemire : « la guerre, c’est la continuation
de la politique par d’autres moyens… »
C’est sans doute la bombe géopolitique de l’été… Et la question qui vient aussitôt à l’esprit, c’est pourquoi maintenant.? alors qu’aucune menace terroriste imminente ou autre (quoi qu’en dise New Delhi) ne vise particulièrement l’Inde et ses intérêts. Un ambassadeur européen en poste en Asie le dit plus clairement : « En dépit de tout complotisme, c’est bien les Etats-Unis qui ont décidé d’allumer tous les feux possibles contre la Chine qui ose leur résister commer-cialement. Le Cachemire est l’un d’eux ! ».
Dans sa logique d’agent immobilier, Donald Trump a pris la responsabilité de réveiller la question du Cachemire pour deux raisons principales : faire rendre gorge à Pékin dans la phase actuelle du bras de fer économico-monétaire et « surtout, endiguer, sinon casser l’irrésistible avancée des Routes de la soie et du Collier de perles… », ajoute notre ambassadeur.
Que s’est-il passé ? Annoncée le 5 août dernier par décret présidentiel, la révocation de l’article 370 de la constitution indienne met fin au « statut d’autonomie relative » qui prévalait au Jammu-et-Cachemire depuis sept décennies. Les habitants perdent leur droit exclusif à posséder des terres dans la vallée himalayenne. De plus, selon une loi ratifiée cette semaine par le parlement indien, l’Etat fédéré est scindé en deux « territoires de l’Union », placés sous administration directe de New Delhi. La suite…


« Elle ne peut plus régner, (la classe bourgeoise) parce qu’elle est incapable
d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage,
parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir
le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. »
Karl Marx
La faim dans le monde est en hausse
Pour la troisième année consécutive, les agences de l’ONU ont documenté une augmentation des niveaux de la faim dans le monde, touchant 820 millions de personnes. Plus de 2 milliards de personnes souffrent d’insécurité alimentaire « modérée ou grave ». Au cours de la même période, le monde connaît ce que Reuters a appelé une « surabondance mondiale de céréales », les surplus de produits agricoles s’entassant à l’extérieur des silos à céréales pourrissant par manque d’acheteurs. De toute évidence, cultiver davantage de céréales ne réduit pas la faim dans le monde.
Pourtant, chaque jour, des dirigeants universitaires, industriels ou politiques se joignent au chœur malthusien de mises en garde ayant trait aux pénuries alimentaires imminentes dues à l’augmentation de la population et à l’épuisement des ressources naturelles. Par exemple, Richard Linton, doyen du College of Agriculture and Life Sciences de l’Université d’Etat de Caroline du Nord, donne ainsi l’alerte : « Nous devons trouver un moyen de nourrir le monde, de doubler l’approvisionnement alimentaire. Et nous savons tous que si nous ne produisons pas assez de nourriture, le résultat sera la guerre et la concurrence. »
« Comment allons-nous nourrir le monde ? » interroge le prédicateur. « Augmenter notre générosité, notre abondance », répond le chœur. La suite…

Les niveaux de salaires en Chine atteignent
voire dépassent ceux de certaines régions d’Europe
Le verre peut être vu à moitié plein, ou à moitié vide. Soit la Chine rattrape une partie de l’Europe en termes de salaires, soit les salaires dans les nouveaux arrivants dans l’Union européenne sont bloqués par la concurrence mondiale –.clairement gagnée par la Chine.– sur le marché de la main d’œuvre. En réalité, ce sont les deux à la fois.

Les salaires mensuels médians de la Chine à Shanghai (1135 $), Beijing (983 $) et Shenzen (938 $) sont plus élevés que ceux du plus récent membre de l’Union européenne, la Croatie. Le salaire net médian en Croatie est de 887 $ par mois. Elle a rejoint l’UE en 2013.

Les salaires médians à Shanghai, en particulier, sont également supérieurs à ceux de deux des plus récents membres de la zone euro dans les pays baltes : La Lituanie (956 $) et la Lettonie (1005.$), avec l’Estonie, qui a adhéré à l’euro en 2011, enregistrant un revenu médian de 1256 $ par mois, selon les chiffres officiels pour 2016. La suite…


« La croyance à la nécessité d’un socialisme s’appuie sur l’observation que le système économique actuel du monde condamne la plus grande partie de celui-ci à la misère ; que la façon de vivre qu’impose ce système est à la fois stérile et immorale ; et enfin qu’il n’y a pas d’espoir de paix dans le monde tant que ce système fonctionnera. » James Baldwin
Saccharomyces,
la parabole de la bactérie altruiste
Bien sûr, cela ne se passera probablement pas de cette manière. La projection faite par Scott Burns prédit que dans 33 ans  les 10 % les plus riches des ménages étasuniens posséderont la totalité de la richesse des USA. Il examine les chiffres donnés par l’enquête de la Fed menée tous les trois ans portant sur la consommation. La part de richesse détenue par les 10% les plus riches est passée de 2013 à 2016 de 75,3% à 77,2%, soit un gain de 1,87%. Il en déduit que les 22,8% encore entre les mains des 90% seront phagocytés par les plus riches en 33 ans environ. Il observe également que les 9% qui se placent juste derrière les 1% du sommet ont vu leur part croître régulièrement mais elle accuse un décrochage en 2013-2016. Ces 9%, actuellement détenteurs de 38,54% de la richesse totale, seront sans doute eux aussi la proie des 1% du dessus du panier.
Or il se produit toujours des ruptures imprévisibles dans les systèmes non clos mais abouchés au reste du Monde et ce type de phénomène n’évolue que rarement de manière continue. L’une des métaphores qui vient à l’esprit pour approcher la transformation abrupte d’un système complexe est la rupture de tolérance en biologie humaine. A un instant T, l’organisme ne tolère plus ce qui lui était indifférent jusque-là en vertu du dépassement des mécanismes qui le lui faisait accepter. Pourquoi cet instant T ? Le processus de l’usure d’une corde est amorcé depuis longtemps quand survient la secousse ou l’effondrement qui signalent la rupture des derniers brins encore intacts qui supportaient toute la tension. La suite…


« La diplomatie sans les armes, c’est la musique
sans les instruments. »
Otto von Bismarck
Affaire des S-400 :
pourquoi Washington a déjà perdu contre la Turquie
Washington va exclure la Turquie du programme d’avions furtifs F-35 pour avoir acheté des systèmes de défense anti-aériennes russes. Mais Donald Trump dépend trop d’Ankara au sein de l’OTAN pour que le rapport de forces bascule en sa faveur.
En 2015, alors que la guerre en Syrie bat son plein, deux puissances régionales, couvrant le flanc nord du Proche-Orient, sont sur le point de se faire la guerre.
La Turquie, qui s’est positionnée derrière l’Armée syrienne libre (ASL) et les indépendantistes turkmènes de Syrie, et la Russie qui a soutenu, y compris en déployant des troupes, Bachar al-Assad.
Le 24 novembre 2015, après de nombreux mois de tensions et d’incursions croisées dans les territoires syrien et turc, l’aviation turque abat un bombardier russe Su-24, faisant un mort, Oleg Pechkov, le pilote, et un blessé à exfiltrer de cette zone réputée dangereuse.
Son nom : Konstantin Mourakhtine. Il deviendra lui aussi un enjeu entre les deux pays. Traqué par un chef de milice turque volontaire dans la brigade turkmène dans le nord-ouest syrien, Mourakhtine finira par être exfiltré par les forces spéciales russes. La suite…


« Je peux mesurer le mouvement des corps, mais je ne peux pas mesurer
la folie des hommes. »
Isaac Newton
Notes sur un étranglement nucléaire
Nous revenons sur la situation des relations internationales à la lumière de la posture extrêmement dynamique et belliciste prise par les USA, – comme vue hier, – depuis leur sortie officielle le 2 août du traité FNI, et la réduction à néant de ce traité du fait de leur action déterminée, destructrice et entropique, depuis octobre dernier.

D’abord, les réactions des partenaires des USA dans le traité FNI, soit les Russes eux-mêmes.

• Gorbatchev, vénérable reste d’une époque révolue, puisque signataire avec Reagan du traité : « Il est peu probable que la fin du traité bénéficie à la communauté internationale. C'est un choix qui menace la sécurité non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier. [...] Il subsistait quelques lueurs d'espoir du côté de nos partenaires, mais elles n'ont malheureusement rien donné. Je crois qu'à présent nous pouvons tous constater qu'un coup a été porté à la sécurité stratégique. [...] Cette décision américaine sera porteuse d'incertitudes et mènera à un développement chaotique sur la scène internationale. » La suite…


« Rien n’est plus semblable à l’identique que ce qui est pareil
à la même chose. »
Pierre Dac
Arnaud Orain
La vraie nature du mercantilisme contemporain
Le mercantilisme du XVIIe siècle est une économie monopolistique de prédation, qui s’épanouit dans un contexte de défiance envers le marché libre et de finitude des ressources. Nous assistons aujourd’hui à son retour.

Entre la Chine et les États-Unis, la liste des produits touchés par de nouveaux tarifs douaniers ne cesse de s’allonger. De ripostes en rétorsions, les deux superpuissances sont lancées dans un engrenage sans fin qui affecte désormais la quasi-totalité de leurs échanges commerciaux. Il convient donc de se demander si les conséquences politiques de la Grande Récession de 2008 sont en passe de porter un coup d’arrêt au processus de mondialisation et à sa matrice idéologique, le «.néolibéralisme.». Alors que les guerres commerciales font rage et que fleurissent les discours autour du « patriotisme économique » et de l’America first, notre présent semble voir renaître une forme antérieure du capitalisme que l’on qualifie généralement de « mercantilisme ».
S’en tenir à ce constat, c’est ne voir cependant que la partie émergée de l’iceberg. S’il est ainsi très probable que nous soyons entrés dans un temps néomercantiliste, la surenchère douanière actuelle n’en constitue qu’un épiphénomène qui ne remettra pas en cause le développement des échanges mondiaux dans les prochaines années. Comme le rappelle en effet l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) Pascal Lamy dans un entretien récent, nous vivons plutôt un ralentissement de l’accroissement des échanges qu’un retour en arrière. D’ailleurs, la période mercantiliste, qui s’étale de la fin du Moyen Âge à la première révolution industrielle – avec ses droits de douane élevés et son protectionnisme ravageur – est aussi celle d’une explosion des échanges commerciaux à l’échelle du globe. La suite…


« Si l’on vient vous dire qu’une montagne a changé de place, permis à vous
de le croire ; mais si l’on vous dit qu'un homme a changé de caractère,
n’en croyez rien. »
Proverbe Arabe
Comment est-on passé de « l’arabe » au « musulman » ?
Il y a cent ans, on haïssait au nom de la couleur de peau. Dans les années 1970, le racisme prend une forme culturelle : au pied des tours HLM, c’est désormais « l’arabe » que l’on dénonce comme « l’envahisseur ». Jusqu’à subir une nouvelle mutation, plus récente, en la figure du musulman. Quel chemin les mots ont-ils suivi ?
Pour les quinquas et leurs aînés, c’est une sorte de souvenir flou, confus, le sentiment que quelque chose dans le vocabulaire a changé. Il y a quelques dizaines d’années, dans les conversations de bistrot, on parlait plutôt des Arabes. Aujourd’hui, ce sont les musulmans et l’islam qui ont la cote sur les comptoirs en zinc, ou sur les comptoirs virtuels des réseaux sociaux.
Le vocabulaire s’adapte à l’époque. Il a en réalité connu plus d’une mutation : « Au temps des croisades on parlait des Sarrasins, au début du XIXe siècle, c’était les "enturbannés", dans les années 1930 on disait les "Sidi" (du nom de la ville de Sidi Bel Abbès, à 80 km d’Oran, en Algérie, NDLR)... Cela correspond toujours à une posture ethno-historique », explique l’historien Pascal Blanchard.
C’est à partir des années 1970 qu’on commence à parler d’Arabes de manière très régulière pour désigner les populations dites maghrébines qui habitent en France, et qui sont d’abord associées à la question du travail. On parle ainsi beaucoup de « travailleurs étrangers ». Ou, dans une moindre mesure, de « travailleurs arabes ». Ainsi ce titre du journal Le Monde, sur une grève à Marseille, en 1973 : « Un mouvement de grève des travailleurs arabes a été diversement suivi ». Ou cet autre titre, de 1971.: «.L’alphabétisation.: clé de l’intégration sociale des travailleurs étrangers.». «.Plantu dessine alors des immigrés avec des casques d’ouvriers. Aujourd’hui il ajoute des mouches autour de la plupart des musulmans….», fait remarquer Thomas Deltombe auteur de L’islam imaginaire, sous-titré La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005. La suite…

BIARRITZ BOUCLÉ PAR LA POLICE ET L’ARMÉE DU 24 AU 26 AOÛT EN RAISON DE LA PRÉSENCE DE SEPT DANGEREUX SOCIOPATHES. « Le dirigeant pense que tout lui est dû, attendu qu’il se regarde comme une personne exceptionnelle. Il est narcissique, arrogant, dominateur, égocentrique, mégalomane et agressif. Il a un manque d’empathie au point que la souffrance vécue par autrui ne provoque aucune réaction chez lui. Il ment et manipule sans aucun signe d’anxiété, d’hésitation ou de honte et n’a aucun sentiment de culpabilité concernant le mal qu’il propage autour de lui. »

Venezuela, le coup d’Etat manqué

Algérie - Obstination démocratique


MÉDIACRATIE, PROPAGANDA & INFAUX
« En Europe, les conscrits étaient désignés sous le nom badin de “chair à canon” leurs petits frères
et leurs petites soeurs sont maintenant devenus de la chair à radio et à télévision. »
Aldouls Huxley

INTÉRIEUR
Acharnement politique : la détention de Antonin Bernanos
prolongée de 4 mois

La vraie-fausse baisse du chômage

Epstein, Schiappa, Taquet, quand Plic & Ploc prennent la pose

Faut-il soutenir toutes les révoltes ?

Les révolutions numériques seront écologiques ou ne seront pas

« Minimiser les impacts catastrophiques d’un accident nucléaire
est en passe de devenir un grand classique »

Énergie renouvelable et génocide Électricité de France
dans l’isthme de Tehuantepec


L'Union européenne fait naufrage en Méditerranée
EXTÉRIEUR
Algérie : entre faux « apaisement » et vraie inconséquence

Hongkong : « La bombe des inégalités a finalement explosé »

Italie : le gouvernement le plus à droite de l’UE depuis la chut
des dictatures en Espagne et au Portugal prend forme

La bataille pour l'âme de l'Inde

UE : l’Allemagne décroche et l’Europe vacille

Le Pentagone teste des ballons de surveillance de masse dans six États

La Corée du Nord n’aime pas que les Américains envisagent de l’occuper

Damas à la conquête d’Idleb

L’EI n’a jamais été vraiment vaincu, estiment officiels et experts

LE LIBÉRALISME EST UN FASCISME
Benito Mussolini, qui n’est pas la personne la plus mal placée pour nous donner une définition du fascisme, définit celui-ci en ces termes.: « Le Fascisme devrait plutôt s’appeler Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’État et des pouvoirs du Marché. » Une définition qui s’applique parfaitement à ce que sont nos prétendues “Démocraties”.

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